I. Pour trad. conforprie (sîg ) J.-M, Marques
pas être mêlés aux affaires malgré eux. En réalité, comme on le verra par la suite, les autorités britanniques avaient entrepris une tâche au-dessus des forces qu'elles avaient en ce moment à leur disposition, et sans consulter, sans même prévenir les Français et les Américains, elles cherchaient à les compromettre à leur suite par des moyens fort irréguliers et assez peu scrupuleux.
Les Français déjouèrent cette petite manœuvre sans en témoigner la moindre humeur, en faisant tout simplement acte d'indépendance, en suivant la ligne de conduite qu'ils avaient adoptée depuis le commencement des affaires et en maintenant leur neutralité, officielle du reste. D'ailleurs la proclamation de Yé, du 5 novembre, montre que le vice-roi n'était nullement dupe et que derrière la réparation demandée au sujet de V Arrow se cachait une autre affaire, la City question comme l'appelle Parkes.
Le feu de la Dutch FoUy ayant pratiqué une brèche dans le mur de la ville (29 octobre), les couleurs anglaises sont plantées par le capitaine W.-T. Bâte ; les marins anglais lancés à l'assaut s'emparent de la porte de Tsing-hai que l'on fait sauter ; l'amiral, à la tête de ses hommes, pénètre dans le yamen du vice-roi, l'inspecte de haut en bas et se rembarque avec ses troupes, satisfait d'avoir infligé pareille humiliation à Yé et lui avoir prouvé qu'il lui était possible d'entrer dans la ville. Deux soldats d'infanterie de marine furent tués et douze hommes Blessés dans cette affaire. Pendant l'assaut, M. Keenan, consul des États-Unis à Hong-Kong, accompagné d'un matelot, ayant suivi les troupes anglaises, planta le drapeau américain sur le mur ; cet acte, commis évidemment dans un moment d'aberration, fut désavoué dans une note du commandant des forces navales américaines, Andrew H. Foote.
Une seconde proclamation de Yé donna l'ordre de transporter à son yamen les têtes des Anglais qui auraient été massacrés en conformité de sa première proclamation.