NÉGOCIATIONS EN EUROPE
Affaires étrangères (4 novembre i856) en établit clairement l'état :
NOTE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES, 4 NOVEMBRE l856
Le Gouvernement de TEmpereur a fait savoir au Gouvernement anglais, afin de bien fixer d'abord avec lui, le point de départ des démarches à faire en Chine, qu'ayant une réparation éclatante à poursuivre pour l'exécution du missionnaire Chàpdelaine, il comptait prescrire au Ministre de S. M. I., en l'invitant à participer aux démarches des Plénipotentiaires anglais et américain touchant la revision des traités, d'exiger avant tout les concessions nécessaires pour rétablir l'autorité des stipulations garantissant dans l'Empire chinois la sécurité de nos nationaux . Le Gouvernement de l'Empereur ajoutait que si, comme il s'y attendait, la réparation demandée était éludée, il réclamerait une indemnité pécuniaire et qu'il se réservait éventuellement, en cas d'insuccès de toutes les démarches de son Plénipotentiaire, d'occliper provisoirement Chousan.
A cette communication le gouvernement anglais répond : qu'il est tout prêt à faire cause commune avec le Gouvernement français pour exiger une réparation exemplaire pour le meurtre du missionnaire Chapdelaine, l'obtention de cette réparation intéressant également toutes les nations ; que de plus, il pense aussi qu'il convient d'insister pour qu'elle soit obtenue en premier lieu, bien qu'il lui paraisse à propos que les Plénipotentiaires en annonçant, aussitôt arrivés dans le Pei-ho,leur présence au Gouvernement chinois, ne séparent pas de la demande de satisfaction réclamée pour les griefs passés, la demande d'une revision immédiate des traités quoique l'obtention de la satisfaction réclamée doive précéder cette revision.
Quant à l'occupation éventuelle de Chousan, c'est une mesure qui nécessiterait, dans l'opinion du gouvernement anglais, un déploiement de force militaire aussi gênant pour la France qu'il le serait incontestablement pour l'Angleterre, et qui, en outre, lui semble ne pouvoir causer qu'un bien mince préjudice au gouvernement chinois. On exercerait sur lui une pression beaucoup plus sérieuse, selon le Gouvernement anglais, en s'établissant, ce à quoi suffiraient des forces navales seulement, sur le Yangtseu-kiang. ïln occupant l'entrée de ce grand cours d'eau, on couperait les communications entre les Provinces et Pe-King et