‹ L'expédition de Chine de 1857-58: histoire diplomatique, notes et documentsChapitre 59 sur 285 · NOTB DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES · texte numérisé non relu

NOTB DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES

on priverait cette capitale de la voie d'arrivage de toutes ses ressources, on créerait les embarras et les dangers les plus séi-ieux au gouvernement chinois. II ne faut pas oublier, ajoute le gouvernement anglais, qu'avoir un pied permanent sur le Yangtseu-kîang est d'une immense importance au point de vue commercial, que c'esL le premierpas pour obtenir l'accès de Nan-king et des districts populeui arrosés par ce fleuve, que cela donnerait plus de force aux trois Puissances pour réclamer l'ouverture aui étrangers des grandes villes du littoral maritime des provinces situées au Sud du Yang-tseu, qu'il est impossible d'exagérer le gain que tirerait le commerce de cette seule extension de ses rapports avec la Chine ; or, le Gouvernement anglais considère cette extension des relations commerciales comme le but constant que doivent se proposer les Plénipotentiaires chargés de la revision des traités, soit que la négociation puisse suÂTire à l'atteindre, soit qu'il y faille l'emploi de la force.

Si c'était, avant tout, le désir de ne pas voir entre nos mains l'ile de Chousan qui Gt souhaiter au gouvernement anglais notre renonciation au plan dont nous l'avions entretenu, on rappellera au Minisire que M. de Bourboulon avait d'abord ^mis l'idée d'une démonstration coercilive à Canton avant que M. de Courcy parlât d'occuper Chousan. M. de Bourboulon justifiait sa proposition en disant que c'était dans le ressort du gouvernement du Vice-Roi de Canton que l'attentat avait été commis, que c'était les autorités et la population de Canton qui avaient toujours été le plus hostiles aux étrangers, qu'enfin Canton était à lout prendre le point de la Chine le plus abordable à la fois à l'action navale et militaire par sa position topographique et à l'action, diplomatique par les rapports ofTicicla établis en vertu des traités entre les Ministres étrangers et le Vice-Roi de Canton...

Les motifs qui faisaient désirer à l'Angleterre que notre intervention ne s'exerçât pas aux Chousan étaient parfaitement clairs ; notre ministre des Affaires étrangères les avait fort bien compris; il consentit néanmoins à accepter la proposition anglaise d'une action dans le Yang-tseu. Nous verrons d'ailleurs par la suite que les Chousan n'en furent pas moins occupées au courant de la guerre de 1860.

Le 30 novembre i856, le ministre des Affaires étrangères écrivait à M. de Persigny, à Londres, que le gouvernement

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-de l'Empereur était prêt à se rallier à l'opinion anglaise pour la non-occupation de Chousan et rétablissement sur le Yang-tseu ; qu'il était prêt aussi à présenter ensemble les demandes de réparation et de revision, mais qu'il fallait convenir à l'avance que la présentation faite simultanément ne laissera pas au gouvernement chinois la faculté de fixer l'ordre de réponse, qu'une réparation immédiate et volontaire doit être d'abord accordée, et qu'à défaut on se mettra en mesure de l'obtenir sans délai par contrainte.

Le 5 décembre, M. de Persigny pouvait écrire au Département :

J*ai vu aujourd'hui le principal Secrétaire d'État de S. M. Britannique et je m'empresse de vous prévenir d'abord que le Cabinet anglais a approuvé les considérations que V. E. m'a •chargé de lui présenter, au sujet des affaires de Chine. Le gouvernement anglais reconnaît que nos réclamations relatives au meurtre du missionnaire Chapdelaine doivent passer avant toutes. Il consent donc à ce qu'elles soient présentées en première ligne -et à n'entamer les négociations ultérieures qu'après que nous aurions reçu satisfaction.

A la fin de décembre, tout était décidé et le ministre de la Marine, l'amiral Hamelin, envoyait les instructions suivantes à l'amiral Guérin, commandant la division navale des mers de Chine :

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