E DU MINISTRE A H. DE BOURBOVLON
Monsieur,
Les nouvelles de Chine ne nous permettent pas de prévoir l'issue du conflit qui a éclaté à Cauton. Je dois cependant, ainsi que je vous le disais au moment de votre dépari de Paris, vous mettre à même de prendre part dans cette affaire, la position qui convient à nos intérêts, et à cet effet je vous autorise, dans le Cas où la solution devrait en être poursuivie à Canton même, à vous concerter avec Sir John Bowring et M. le D' Parker, et à vous entendre avec M. l'amiral Guérin pour qu'il puisse prêter son concours aux commandants des forces navales de la Grande-Bretagne et des Étals-Unis, si, toutefois et comme nous ie supposerions encore, il n'était pas préférable de porter la négociation à Pe-Kingen réunissant nos griefs aux propositions que nous avons r&olu de soumettre à l'acceptation du gouvernement chinois.
J'approuve la conduite de M. de Courcj qui a pensé avec raison qu'il ne lui appartenait pas de nous engager prématurément : mais au point où les choses en sont \enues, il importe de prouver à la Chine que les trois gouvernements marchent en parfait accord et de ne lui laisser ainsi aucun doute sur l'entente qui présidera aux démarches que nous nous proposons de faire pour obtenir une revision satisfaisante de nos Iraitcs.
Vous aurez à examiner, dans le cas où vous interviendrez dans l'affaire de Canton, s'il ne serait pas opportun d'en étendre le règlement à la satisfaction qui nous est due pour le meurtre de M. Chapdelaine ; je dois présumer que vous trouverez vos collègues disposés h. seconder les efforts que vous pourriez faire dans
Le 3i janvier, le Sir James Brooke arriva à Hong-Kong avec 356 officiers et soldais, venant de Singapore et de
I02- NÉGOCTATIONS EN EUROPE
Pinang, envoyés par le gouverneur de Singapore sur la demande de Bowring et de Seymour, ce qui permit à l'amiral Guérin de remettre au commandant des forces militaires de la colonie le poste dont la garde nous avait été confiée et de se rendre avec ses deux bâtiments, la Virginie et le Catinat, à Macao où nos intérêts réclamaient sa présence. Notre situation à Hong-Kong était d'ailleurs un peu fausse car elle nous conduisait forcément à la violation de la neutralité qui avait dicté notre ligne de conduite, si une ftotte chinoise venait attaquer Hong-Kong. L'arrivée de secours nous permettait d'en sortir convenablement*.