ADRESSE DES HABITANTS DE CANTON AUX CONSULS ETRANGERS
Les marchands des rues Che-san-hang, Tsiun Men-kiai, Hing Ling-kiai et autres, situées en dehors de la porte T'aï-p*ing à Canton adressent le présent exposé aux Consuls et marchands des nations étrangères, souhaitant qu'ils l'examinent sérieusement.
I . Sir John Bowring écrivit la lettre particulière suivante à M. de Courcy, le 8 janvier :
« My dear Gount,
« Your Admirai called upon me the day before yesterday, and offered active aid. I accepted it cordially and gratefuUy and he was so good as to send îmmediately a guard to East Point with two howitzers. I hâve officialised my thanks. ». (Souvenirs, III, pp. 363-4-)
Voir ci-dessus, p. loa.
' EMPOISONNEMENT A HONG-KONG lO'J
Nous avons été longtemps les voisins des marchands étrangers à Canton et pendant plus de aoo ans nous avons trafiqué avec eux paisiblement, tranquillement, sans haine ni démêlés. Comme les Anglais, après avoir commencé les hostilités actuelles, avaient publié un écrit portant que la guerre n'était ni avec nous, ni avec nos familles, nous avons ajouté foi à cela et continué tranquillement notre commerce tout comme auparavant.
iMais. dans la première semaine de la lO' lune (commencement de novembre), les Anglais ont tout k coup détruit les maison? de la rue Che-san-hang, et depuis ce temps les pertes et dommages que nous supportons à cause du changement subit et du déplacement de nos biens sont inexplicables. La garde établii' par les Anglais a préservé, il est vrai, nos demeures du pillage, mais elle nous a empjché aussi d'y rentrer.
Le 17' de la 11° lune (i5 déc,), à minuit, un incendie se déclara soudainement au centre des factoreries, juste au poini gardé par les Anglais : les flammes s'élevaient jusqu'aux nues. Comment se fait-il que les soldats anglais, avec toute leur habileté et leur réputation de courage, n'aient pu s'en rendre maîtres ? Ils ont donc laissé brûler le feu pendant qu'il était possible de l'éteindre ; et ainsi plus de 1 000 boutiques ontété anéanties. ils ont empêché que les pompes des rues voisines ne s'appVochassent ; ils ont tué plusieurs personnes et en ont blessé plus de ao autres ; ils ont obligé une infinité de familles, dont le sort fait maintenant pitié, à se disperser subitement et à abandonner leurs domiciles, ils ont ravi aux veuves et aux orphelins leurs faibles ressources qui ont été consumées en un clin d'œil : ils le-< ont privées de leurs soutiens comme il est déjà arrivé lorsque le feu a détruit les rues Leou-Lann et Tsiun-hal.
Quelle n'est donc pas notre infortune et h qui ferons-nous par! de l'injustice dont nous sommes victimes ?
11 nous reste donc à mettre toutes ces circonstances sous le^ jeux des nobles consuls et des marchands étrangers espéranl qu'ils les examineront et les prendront en sérieuse considération afin que nos malheurs aient un terme.
Qu'ils daignent jeter sur notre exposé un bienveillant regaid.
Hiver de la 6° année de Hien Foung (i856).
. Ho:4c;-KONG, i5 JANVIER 1867 Le matin du i5 janvier 1857, un grand nombre d'habi
tants de Hong-Kong, y compris le gouverneur et sa famille, notre vice-consul, M. Duus et tous les siens, M. Fritz Bovet, le commodore Armstrong, furent empoisonnés par le pain qui leur avait été livré par leur fournisseur habituel, le Chinois Alum; celui-ci s'était enfui avec sa famille à la première heure, mais il fut rattrapé par un vapeur et arrêté à Macao. Plusieurs centaines de personnes avaient mangé de ce pain, mais un petit nombre seulement succombèrent, la dose d'arsenic employée étant trop forte. Le bruit circulait qu'un soulèvement aurait eu lieu, si l'attentat avait réussi. Alum et neuf autres Chinois par une ordonnance du 19 janvier furent envoyés devant les assises de la Cour suprême dont la session s'ouvrit le lundi 2 février ; les débats durèrent cinq jours ; au grand étonnement de l'assistance, le 6, Alum et ses complices furent acquittés, faute de preuves, par cinq jurés contre un ; les accusés furent néanmoins arrêtés au sortir de l'audience et furent relâchés plus tard sous caution et' injonction de quitter la colonie *.
Les ministres étrangers^ n'avaient pas protesté à propos du meurtre des passagers du Thistle, car ils l'avaient déjà fait contre les proclamations sanguinaires qui avaient mis à prix les têtes des Anglais, mais le 16 janvier, à la nouvelle de l'attentat de Hong-Kong, le D' Peter Parker et M. de Courcy réunis à Macao, ainsi que le gouverneur de la colonie portugaise, s'étant mis d'accord, envoyèrent chacun une protestation au vice-roi de Canton. Voici la protestation française, beaucoup moins énergique dans ses termes que celle des Américains. « Il faut bien en faire l'aveu, quelque pénible, quelque humiliant qu'il soit, écrit M. de Courcy, le 19 jan-