MADAME DE BOIRBOL'LON
« Catherine Mac Leod était issue d'une vieille famille écossaise émigrée aux Etats-Unis vers la fin du xvi® siècle et qui s'était établie à Boston, où elle avait gagné honorablement une modeste aisance. On sait que les descendants des premiers colons constituent actuellement l'aristocratie américaine. M"® de Bourboulon était très fière de sa naissance et se prétendait issue de race royale, les Mac Leod ayant régné autrefois sur les îles Shetland. Cela flattait singulièrement son mari, en dépit de ses opinions radicales. Il l'avait rencontrée dans les salons de Washington, lorsqu'il était secrétaire de notre légation aux États-Unis. Séduit par son intelligence et sa gracieuseté, il lui fit la cour et, comme elle était sans fortune, elle consentit à lui donner sa main, bien qu'il eût, au moins, le double de son âge, dans l'espoir d'occuper bientôt, avec lui, un poste diplomatique de quelque importance*. »
Quelques années plus tard (i86i),le comte Fritz d'Eulenburg écrira : « Peu de temps avant le repas, je fis la connaissance de M™® de Bourboulon, une dame d'environ quarante ans, qui, blonde et seulement d'un pouce environ plus petite que moi, devait avoir été autrefois très belle. Elle a un nez admirable, de beaux yeux avec des sourcils merveilleusement arqués, une bouche grande, mais aimable, et bien meublée à l'exception d'une dent de devant gâtée ; est effroyçiblement maigre, parle anglais, français et espagnol également bien et