CHAPITRE IX FIN DE LA MISSION DE SIR JOHN B0WRIN
Il paraîtrait que dans Tidée des gouvernements anglais et français il était préférable de porter les négociations au Peiho pour demander au gouvernement chinois le redressement de leurs griefs respectifs en même temps que l'on présenterait à son acceptation les propositions relatives à la revision des traités.
M. de Bourboulon s'élevait avec force contre l'abandon des opérations à Canton :
La lutte engagée à Canton, écrit-il au Ministère le 9 avril i857. a pris un tel caractère et de telles proportions que, sous peine de rester sous le coup d'un sérieux échec, impliquant toute la suite des rapports des Gouvernements étrangers avec le Gouvernement chinois, il est nécessaire avant tout de la mener à fin et de triompher de la résistance des Cantonnais ; Tamiral anglais, loin de pouvoir disposer d'une partie de ses forces pour opérer dans le Nord, en a à peine assez pour pouvoir conserver dans le haut de la rivière une position avancée et maintenir ses communications ; et que la question qui le préoccupe surtout, de même que Sir John Bowring, de même que tout le monde ici, est l'arrivée de renforts, non seulement de bâtiments, mais de troupes de terre, de savoir sur quelles forces on peut compter et quand elles arriveront, le retard apporté à des opérations décisives contre Canton, encourageant la résistance, augmentant les difRcultés de l'entreprise et amenant une saison où elle ne pourrait plus être accomplie qu'au prix de pertes considérables.
M. de Bourboulon se considérait au reçu des dépêches de Paris, autorisé à abandonner le rôle de neutralité dans leqifel
MEMORANDUM OF AGtlEBHENT l33
la légation et les forces navales françaises s'étaient renfermées jusqu'alors et il se préparait à répondre au vice-roi une note plus comminatoire lorsque Sir John Bowring se rendit ■ à Macao pour conférer avec les ministres de France et des États-Unis. Après deux jours de conférences et avoir cim.-;laté la conformité de ses vues avec celles de ses collègues, U: ministre anglais leur soumit le mémorandum suivant ;