LES CONSÉQUENCES DES TIUITÉS DE T IEN-TSIN
« Après l'échange des ratifications, le traité devra être publié dans tout l'Empire cl nous aurons à obtenir du Gouvernement chinois un" Édit impérial, qui, en vertu du nouveau pacte, déclarera nulles et non avenues toutes les lois de proscription émanées du Gouvernemenl impérial contre le Christianisme. Il faudrait demander que, dans le nouveau code qui se publie à intervalles liés rapprochés, chaque deux années, je crois, les lois pénales prononcées contre le Christianisme fussent abolies. Comment l'article i3 de notre traité pourrait-il être mis à exécution sans cela? Car les magistrats des provinces si hostiles déjà aux Chrétiens, ne seraient-ils pas portés à faire exécuter la loi du pays, le code pénal, de préférence à l'un des articles d'un traité fait avec les nations étrangères et qui blesse leurs préjugés. »
« La punition du meurtrier du missionnaire Chapdelaine devra suivre immédiatement l'échange des ratifications et la Gazette officielle de Peking devra faire connaître clans tout l'Empire la punition du coupable et la cause pour laquelle elle lui a été infligée. »
Le baron Gros ajoute :
« C'est à l'exécution fidèle de ces clauses que j'aurais employé tous mes efforts si, comme j'ai pu le croire un moment, j'étais allé à Pe-king mettre la dernière main à l'œuvre commencée à Canton. »
Au sujet de l'article second des articles sépares et secrets, M. de Bourboulon écrit :
Pour comprendre à quel point une telle stipulation est au fond inadmissible et en quelque sorte inexécutable pour le Gouvernement chinois, si ce n'est sous la contrainte d'une coercition actuelle et imminente, il faut bien se rendre compte de tout ce qu'elle implique de contraire, de dérogatoire à ces mêmes idées dont j'ai parlé tout à l'heure, à ce principe — on peut dire, à ce dogme de la suzeraineté universelle de l'Empereur de la Chine qui est comme le palladium du prestigieux pouvoir que ce Gouvernement exerce encore aujourd'hui sur 4oo millions d'habitants, et qui est demeuré, en dépit de bien des démentis, de bien des atteintes reçues au contact de la réalité et des événements —
REPRISE DES NÉGOCIATIONS l3
la base immuable de ses rapports subis, bien plutôt que consentis, avec les nations étrangères. »