LE SAINT-SIEGE ET LES MISSIONNAIRES
Le Saint-Siège ne perdit pas de temps pour profiter des avantages que le nouveau traité conférait aux missionnaires, ainsi qu'en témoigne la dépêche suivante (a3 nov. i858) de notre ministre des Affaires étrangères au baron Gros :
Le Sainl-Siège a pensé que la conclusion des traités de T'ientsin, en assurant de nouveaux et importants privilèges au Christianisme en Chine, lui faisait un devoir de porter son attention sur l'organisation des missions catholiques dans ce pays. Il m'a fait exprimer, en conséquence, le désir de connaître notre opinion sur l'opportunité d'un envoi supplémentaire de missionnaires et sur les localités qui devraient être choisies de préférence comme centres démission. Je vous prie de vouloir bien examiner cette question et me transmettre votre avis ainsi que les renseignements qui pourraient éclairer le Saint-Siège sur les mesures les plus utiles à prendre pour répondre au but qu'il se propose.
Lord Elgin et le baron Gros étaient depuis plusieurs jours à Ghang-Haï, lorsqu'ils reçurent du Gouverneur général des Deux Kiang la note suivante leur annonçant que l'Empereur avait, par un décret, donné l'ordre aux deux Commissaires impériaux Kouei-liang et Houa Cha-na, auxquels il adjoignait un troisième Commissaire impérial, de se rendre dans le Kiang-Sou pour y traiter les questions relatives aux tarifs de concert avec lui ; ce qui portait à quatre le nombre des Commissaires impériaux. « L'envoi de si grands dignitaires pour négocier à Chang Haï quelques articles relatifs à des droits de douane et de transit, écrit le baron Gros, étonne
l'\ LES C0NSÉQUI YCES DES TRAITÉS DE T'iEN-TSIN
lout le monde el fait faire mille conjectures. J'aime mieux ne voir dans celle démarche que le désir sincère de mettre
à exécution les clauses du Irai le le plus lui possible el c'est dans ce sens que j'ai répondu au gouverneur des Deux Kiang1. »