Pour trad. exacte, B"" Guos
IO I.F.S CONSÉQUENCES DFS TRAITÉS DE T'iEN-TSIN
« Je regrette, que Lord Elgin ait cru devoir, par de violentes menaces que les Chinois n'oublieront jamais, obtenir dans son traite des clauses qu'il scia bien difficiles, je crois, de faire mettre à éxecution et je n'ai pas laissé ignorer à mon honorable collègue d'Angleterre que je croyais que son Gouvernement serait obligé d'employer la force pour faire exécuter des stipulations que la force seule avait pu arracher: mais Lord Elgin tenait à ce que son traité fût |>lus complet que le mien. J'ai dû ne pas le suivre jusqu'où il est allé. J'ai voulu être lié avant qu'il n'eût dit son dernier mot aux Commissaires Impériaux. J'ai obtenu directement tout ce qui satisfaisait largement nos intérêts commerciaux et notre politique et j'ai eu le soin de stipuler d'avance pour nos nationaux le droit de jouir de tous les privilèges que la bonne volonté, la violence ou la ruse pourraient obtenir du Gouvernement chinois en faveur des autres nations. »
Plus tard, notre ambassadeur disait encore après l'affaire de Ta-Kou que la veille de la signature du traité anglais : « les Commissaires impériaux attérés par les scènes de violence qu'ils avaient eu à subir de la part de M. Lay, jeune interprète anglais agissant au nom de lord Elgin, avaient consenti à subir toutes les exigences de l'Angleterre, et ils avaient accordé : la résidence permanente des ambassadeurs anglais clans Pe-King, la possibilité pour tout négociant anglais de se rendre dans l'intérieur de l'Empire et d'y faire directement le commerce dans les lieux de production, etc. »
Le baron Gros marquait au ministre des Affaires étrangères en janvier 18591, que depuis la signature du traité de T'ien-tsin :
« Il semble que Lord Elgin, inquiet lui-même sur les résultats de ses propres succès et prévoyant les difficultés qui devront surgir lorsqu'il s"agira de mettre à exécution l'une des principales clauses du traité : l'établissement permanent et immédiat d'un agent diplomatique à Pe-King, croit pouvoir conseiller à son Gouvernement de prendre un terme moyen qui, tout en maintenant le droit, constaté d'abord par acte matériel, c'est-à-
1. A. bord de Y Audacieuse, en rade de Hongkong, le 6 janvier 1859.
OBSERVXTIONS DE M. DE BOURBOULON î I
dire par l'envoi d'une mission à Pe-Kifig pour procéder à l'échange des ratifications, consisterait à la l'aire résider ensuite à Chang-Haï ou à Nan-King d'où elle pourrait retourner de temps à autre dans la capitale et s'y établir enfin définitivement lorsque des relations fréquentes auraient en partie dissipé les préjugés qui existent contre les étrangers à la Cour de Hien- Foung.
« Votre Excellence sait déjà que Lord Elgin s'est engagé à écrire dans ce sens au Gouvernement de la Reine; il me l'a dit, du moins, et qu'en Taisant cette concession il a obtenu la faculté de remonter le Yang-tseu Kiang. Or, il a sans doute compris la nécessité de prendre cet engagement puisqu'il a cédé sans trop de résistance aux sollicitations contenues dans les notes des Commissaires Impériaux, dont je n'ai pu envoyer qu'un résumé à Votre Excellence. »
OBSERVATIONS DE M. DE BOURBOl I.OX
De son côté, M. de Bourboulon attire l'attention du Gouvernement français1 sur deux points du traité :
L'un est relatif à l'exécution de l'article i3 du traité en ce qui concerne la clause finale qui déclare « complètement abrogé el de nulle valeur tout ce qui a été précédemment écrit, proclamé ou publié par ordre du Gouvernement chinois, contre le culte chrétien. »
L'autre se rapportait à l'exécution des articles 1 et 2 des articles séparés et secrets annexés au traité, stipulant la punition qui devra être infligée au magistrat coupable d'avoir fait mettre à mort le missionnaire Chapdelaine et portant (article second) que cette punition, ainsi que la cause qui l'aurait motivée, sera annoncée publiquement et en termes convenables, dans la (ia:ette officielle de Peking .
Dans une dépèche du baron Gros à M. de Bourboulon du 20 mars i85<), l'Ambassadeur écrivait au ministre de France en Chine :