DÉCRET IMPÉRIAL I
effet seraient, en ce moment, auprès de cette cour encore pleine d'orgueil et d'aveuglement, les ménagements, les simples paroles de conciliation, tout ce qui trahirait la moindre intention de concessions. Heureusement, nous avons déjà plus de /jooo hommes dans le golfe de Pc Tche-li ; d'autres troupes et d'autres bâtiments de guerre s'y rendent successivement et il n'est pas à douter que, vers la fin du mois prochain, les deux Ambassadeurs, dont l'arrivée en Chine est déjà signalée, ne soient en mesure de faire entendre à l'Empereur de la Chine et à ses conseillers le seul langage que, pour le malheur de ce pays, ils soient encore capables de comprendre.
Veuillez, etc.
Sig. A. Bourboulon.
P. S. il\ juin. La ville de Sou-tchcou a été reprise par les Impériaux.
Quelques jours plus tard, M. de Bourboulon confirmait au Département que Ho était bien chargé de traiter avec les étrangers, ainsi que le marquait le Décret impérial du 1 3 mai :
DÉCRET IMPÉRIAL, l3 MAI l86o.
Ho, Commissaire Impérial de Chine, &c, &c, à Bourboulon, Plénipotentiaire de France, &c, &c.
Ayant transmis, noble ministre, par un Mémorial au Trône, la communication officielle que vous m'aviez adressée dans le temps, je m'empresse de vous faire connaître que, le 10e jour de la 4e lnne (00 Mai), j'ai eu l'insigne honneur de .recevoir un Décret impérial daté du a3' jour de la 3e lune intercalaire (i3 mai), et conçu en ces termes :
« Comme, s'ils venaient au nord, il n'y aurait personne pour leur parler, attendu que koueï-Liang a déposé les sceaux de Commissaire Impérial et que Houa-cha-na est mort de maladie, le dit Ministre d'Etat sera le Commissaire Impérial chargé île traiter les affaires de toutes les nations. Si les négociations ont lieu à Chang-Haï, il lui sera loisible de nous faire connaître, par 1111 mémorial, ce qu'ils sollicitent avec instances. Qu'il ne s'avise pas de s'y refuser : et nous espérons qu'en s'appliquant de tout cœur :'i sa lâche, le dii Ministre d'.Elal pourra trouver le moyen
l8'| PREMIÈRES HOSTILITÉS. LES t'aI-p'ïNG
de tout arranger conformément à nos intentions impériales. Que le présent décret soit transmis à Ho Kouei-ts'ing avec la rapidité de 600 li (60 lieues) par jour et cpie celui-ci en donne connaissance à Sié-houan. Respectez ceci ! »
Je me trouvais alors entre Tchang-tcheou et Fou-chan occupé à organiser et à diriger les moyens de défense et les opérations de guerre ; mais je me suis mis immédiatement en route cl me voilà à Chang-Haï, pour traiter suivant l'ordre de S. M., l'affaire des Traités de votre noble Empire et de l'Angleterre.
Aussi, ai-je cru de mon devoir de vous communiquer en copie, noble ministre, le décret dont il s'agit ci-dessus et en vous adressant la présente dépêche, je vous prie de vouloir bien la prendre en sérieuse considération et agir en conséquence.
Le a4e jour de la 4*" lune de la 10e année de Ilien-Foung (i3 juin 1860)1.
Sur ces entrefaites, le général Nicolas Ignatiev2, ministre de Russie à Pe-King, arrivait à Chang-Haï, du Tche-li, le i5 juin; il a quitté la capitale, dit-il, « pour indiquer au gouvernement chinois qu'il existait une certaine solidarité par rapport aux affaires de ce pays, entre toutes les grandes puissances maritimes » ; le diplomate russe conseillait une action énergique et un coup frappé à Ta-Kou.
LETTRE DE M. DE BOURBOULOX A M. TIIOUVEXEL, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Chang-Haï, 16 juin 1860.
Monsieur le Ministre,
Je profite de l'occasion d'un steamer particulier qui part ce soir et doit, suivant toute probabilité, encore atteindre la malle à Hong-kong, — pour vous donner connaissance d'une dépêche que j'ai reçue du Commissaire Impérial Ho, lorsque le dernier courrier venait d'être expédié ; — \otre Excellence en trouvera
1. Pour traduction conforme, Chang-Haï, le 1O juin 1860, le premier secrétaire de la Légation, (sig.) Ki.ec/kowski.