CONCENTRATION I>KS TROUPES
arrêter la cruauté et la licence de ces bandits, car les troupes impériales ne valent pas mieux. La dynastie ;ictuelle est incapable tant de gouverner celles-ci, que de réprimer ceux-là ; tout retour à l'ordre est absolument impossible.
D'ailleurs, la dynastie régnante n'est pas une dynastie à nous: elle est d'un pays étranger de Tartarie, pays de brigands où il n'y a pas l'ombre de la raison et de la justice. Nos populations ne peuvent plus endurer d'être gouvernées par des barbares, el d'être traitées par eux en esclaves et en bêtes de trait. Cbaquc individu désire viyement le retour des Ming et le renversement des Ts'ing, afin de laver l'opprobre qui avilit l'empire cbinois, et reprendre nous-mêmes les rênes de notre gouvernement.
Mais nous, petites fourmis soussignées, n'y pouvons rien ; la seule chose qu'il nous soit donné de faire c'est de supplier Votre Sage Majesté de nous délivrer des cruels fléaux qui nous accablent en venant, au plus vite, exterminer tous ces brigands et rétablir le règne de la justice dans l'Empire.
Nous désirerions de grand cœur que votre puissant empire détruisit la dynastie qui est une pourriture pour notre pavs et lui en substituât une autre, ou même que l'on divisât l'Empire en deux, et qu'on nommât pour gouverner un homme fervent ami de la religion.
Si on n'agit pas ainsi, on ne fera rien qui vaille ; car, en admettant que la formidable armée de votre puissant empire obtienne la conclusion d'un traité, dés qu'elle sera partie d'ici la déception s'en suivra, tant est grande la perfidie de ce gouvernement pourri.
Ceci survenant, les calamités surgiront de plus belle et se répandront à grands pas sur toute la surface de l'Empire, jusqu'aux coins les plus reculés, et il en résultera, qu'au lieu de nous avoir apporté une assistance bienfaisante, votre puissant empire aura été pour nous la cause de nouvelles calamités et de nouvelles persécutions.
Que Votre Majesté daigne prendre ces choses en considération : la vie des habitants de la Chine est dans les angoisses d'un brasier ardent. Nous espérons que votre haute justice viendra leur tendre une main secourable pour les en retirer. Les soussignés, membres de cette population souffrante seraient au comble du bonheur s'ils obtenaient le bienfait qu'ils sollicitent, en s'inclinant, le front contre terre devant \otre Majesté.
Les fidèles des provinces de Canton, de Hou-Kouang et de Se-