CHAPITRE XV LE BARON GROS A CHANG-HAI
Pendant son séjour â Chang-Haï, le baron Gros s'installa sur le Du Choyla ; il trouva la ville terrorisée par le voisinage des rebelles, maîtres de toute la province, mais protégée d'ailleurs par les troupes françaises et anglaises : notre ambassadeur était hostile à toute action des Alliés en dehors de la ville.
Il constate que l'opinion est unanime à reconnaître que la prise des forts de Ta-Kou est indispensable pour amener le gouvernement chinois à composition ; il est urgent d'entamer les opérations militaires : l'ultimatum ayant été formellement rejeté, il n'y avait plus d'hésitation possible ; en fait les hostilités étaient commencées par la prise de Ïing-Hai et il n'y avait plus lieu de s'arrêter avant d'être maître de T'ientsin.
Mais la tâche la plus désagréable du baron Gros fut d'aplanir les difficultés qui s'étaient élevées, comme il était facile de le prévoir, entre le général Montauban et l'amiral Charner : le premier, ambitieux, dominateur, s'était vu avec peine enlever le commandement des forces navales, puis il avait appris avec déplaisir la nomination d'un ambassadeur dont le rang élevé ne lui permettait pas de faire prévaloir les vues qu'il n'aurait pas manqué d'imposer à un simple ministre plénipotentiaire; son orgueil froissé a eu une influence sérieuse sur la conduite de la campagne; le généra] Mon-