LE BARON GROS A CHANG-HAI
tauban s'est souvent trouvé en désaccord non seulement avec les chefs anglais, mais même avec ses subordonnés, comme on Fa vu pour l'occupation des Chousan ; on le verra encore pour l'attaque des forts de Ta-lvou, et c'était lui qui se trompait ; au demeurant, un personnage peu sympathique. Tout autre était l'amiral Chaîner, bon marin de la vieille roche, sans visées politiques, occupé seulement à sa besogne qu'il accomplissait bien1.
Le général Montauban écrivait au ministre de la Guerre (27 juin) : « Il fallait, je le répète, une seule tête et une seule main ; l'amiral Page déployait une grande activité que je pouvais stimuler par ma position de chef. Aujourd'hui, je ne puis plus que demander, presser; mais commander, non. C'est cependant le commandement qui partout peut triompher des difficultés. L'amiral Charner est un excellent homme, très loyal, et aux grandes qualités duquel je me plais à rendre justice ; mais il a les préjugés de tous les vieux marins, et croit que la marine ne peut jamais concourir à une opération quelconque sous les ordres d'un officier de terre. Telle n'était pas la manière de voir de l'amiral Page, homme d'une haute intelligence et de prompte exécution2. » Le général Montauban aurait pu ajouter que la réciproque était vraie : en 1 884, l'amiral Courbet3, malgré la prise de So'n-tay, se vit enlever son commandement de terre pour le voir donner au général Millot. Pareilles difficultés n'existaient pas entre le général Grant et l'amiral Hope.
i. Le généra! Grant disait de lui {Incidents, pp. 3q-4o) : « [At Woosung] I made the acquaintance of Admirai Charner, who had been sent out from France in the Renommée to supersede Admirai Page. Hc was an elderly gentlemanlike person, had been a long time in the service, and I al once saw we should get on wcll together, as lie did me the justice to believe lliat I was most anxious to promote good feeling and cordiality between the nations. Altogcther I welcomed the change vcry gladly, l'or his prcdccessor was a person w ith whom il was difficult to harmonise. »
?.. Comte d'Hérisson, l'Exp. de ('Itine, pp. (jo-ioo.