‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 203 sur 271 · l 'aviante, 1 000000 ta(5js · texte numérisé non relu

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\ht. 7. — Même rédaction que l'article 1 1 du projet, sauf une variante indiquée.

Art. 8 et dernier. - Même rédaction que l'article 9 du projet, sauf une variante indiquée.

La dépêche suivante du baron Gros, adressée au Ministre tl<s Affaires étrangères, indique la marche de ces négociations faciles entre Uliés et Chinois, plus difficiles entre les Alliés eux-mêmes.

LE BARON GROS A M. THOUVENEL, 6 SEPTEMBRE l86o.

T'ien-Tsin, le 6 septembre 1860.

Monsieur le Ministre,

C'est de T'ien-Tsin que j'écris aujourd'hui à Votre Excellence et je suis hçureux de lui annoncer que le Gouvernement chinois cède sur tous les points, qu'une convention va être signée ici pour établir l'acceptation par le Gouvernement chinois de l'ultimatum cpie la France lui a présenté, pendant le mois de mars dernier et que nous allons, Lord Elgin et moi, nous rendre à Pe-king, avec une escorte convenable pour \ échanger les ratifications du traité de T'ien-tsin et agir pour l'établissement de nos légations dans la capitale et la remise des lettres de créance à l'Empereur, en raison des circonstances du moment dont nous cherchons à tirer tout le parti possible.

La première dépèche que j'aurai donc l'honneur d'écrire à Votre Excellence sera, selon toute probabilité, datée de IV- King.

Je reprends maintenant la suite du récit des événements qui se sont passés entre Pe-t'ang et le Pei-ho, récit que j'ai envoyé à Votre Excellence dans une dépêche.

Les forts des deux rives du Peï-Ho étaient à peine occupés par les forces alliées et un passage ouvert au milieu des estacades nombreuses, qui en empêchaient la navigation, que l'amiral Hope, sans en prévenir ses collègues, emmenait avec lui M. Parkes, et remontait la rivière pour se rendre à T'ien-tsin ; l'amiral Charner le suivait de près, et nous attendions. Lord Elgin et moi. que les communications fussent libres pour aller

nous établir dans cette ville. L'amiral Ilope, arrivé à 10 milles en aval de T'ien-Tsin, recevait une députation de notables, qui faisaient leur soumission, en déclarant que toutes les forces chinoises avaient évacué la ville et en demandant protection pour la population paisible qui ne l'abandonnait pas.

Le 20 août, je remontais la rivière sur l'une des petites canonnières en fer, qui ont été ajustées pièce à pièce et mises à l'eau à Tche-fou ; Lord Elgin était parti la veille, le général Grant avec mille hommes remontait le Pei-IIo aussi, et enfin le général de Montauban, remorquant ôoo hommes, se dirigeait sur Tien-Tsin avec deux canonnières.

Arrivés en même temps à T'ien-Tsin, Lord Elgin et moi, nous arborions nos drapeaux dans la vaste maison qu'avaient habitée, en 1808, l'amiral Poutiatine et M. Reed, le ministre des États- Unis, et nous recevions, le même jour, une communication de koueï-liang, l'un des signataires du traité de T'ien-Tsin. Il nous annonçait son arrivée prochaine auprès de nous et sa nomination de Commissaire impérial, - — muni de pleins pouvoirs, chargé, de concert avec Heng-fou, le Gouverneur général du Pe Tche-li, de s'entendre avec nous pour rétablir la paix entre les deux nations. ^ otre Excellence trouvera ci-joint une traduction de la lettre de Jvoueï-liang et une copie de la réponse que je lui ai faite, et dont j'ai envoyé en môme temps une copie au grand conseil à Pe-king.

La réplique de Koueï-liang n'était pas tout à fait satisfaisante pour nous, puisqu'il me demandait de réduire le chiffre de l'indemnité que nous exigions du Gouvernement chinois; il me disait que, l'Angleterre ne demandant aujourd'hui que le double de ce qu'elle avait obtenu en i858, il ne lui semblait pas juste que la France voulut avoir le triple de ce que la Chine s'était engagée à lui donner par le traité de T'ien-Tsin. Je lui ai renvové immédiatement sa dépêche, en lui faisant dire que, par condescendance pour lui, je la considérais comme non avenue, si dans la journée même, il m'en écrivait une entièrement conforme à celle qu'il avait adressée à Lord Elgin et s'il acceptait toutes mes demandes sans restriction, il a cédé à mes instances et sa réponse, que je joins à cette dépèche prouvera à V. E. que le Gouvernement chinois semble vouloir se rendre sur tous les points.

J'ai écril alors au général de Montauban et à l'amiral Chaîner la lettre dont je joins ici une copie et j'ai rédigé un projet de convention que j'ai communiqué confidentiellement à Lord Elgin, suivant mon habitude, avant d'en arrêter définitivement

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les clauses. Votre Excellence trouvera ci-joinl ce premier projet. Elle y verra que. j'aurais voulu en l'aire en quelque sorte un traité supplémentaire à celui de Tien Tsin ; j'\ développais, sous forme de clauses, quelques idées sur les mesures à prendre pour donner au traité de [858 toute la valeur qu'il doit avoir. Malheureusement, et comme je ne l'avais que trop prévu, Lord Elgin n'a pas abondé dans mon sens, il a vu dans toute demande. qui ne sérail pas comprise dans l'ultimatum du mois de mars dernier, une négociation nouvelle à laquelle il ne pouvait pas participer cl qui pourrait, disait-il, nous créer (\o< embarras; et, sans me demander d'abandonner les articles explicatifs que je voulais introduire dans la Convention de T'ien-tsin, il m'a laissé entrevoir que, ne pouvant pas se les approprier, je serais seul à les défendre, si le Gouvernement chinois se refusait à les admettre. Je me suis donc trouvé forcé de ne rien demander dans la nouvelle convention à établir qui ne fut consigné dans le projet anglais. Lord Elgin m'avait combattu même au sujet de la demande que je faisais d'un paiement anticipé de 5ooooo taëls, en accordant un délai d'un mois pour l'effectuer; maiplus tard il m'a proposé de demander le double de la somme que j'avais indiquée, mais en donnant aussi le double du temps accordé pour le paiement, ce qui n'a pu faire aucune difficulté de ma pari. Quant à l'ouverture du port de T'ien-tsin au commerce étranger, nous devions être facilement d'accord à ce sujet, cl pour la clause du droit de tonnage porté par erreur à ô maces par tonneau au lieu de 4 je ne faisais que constater une rectification déjà admise par le Gouvernement chinois, ce qui était indifférent à mon collègue d'Angleterre.

J'ai donc, comme j'ai déjà eu l'honneur de le dire à Votre Excellence, été forcé de céder aux représentations de Lord Elgin, mais dès que la Convention de T'ien-Tsin sera signée, que l'échange des ratifications du traité de i858 aura (''lé' effectué à Pe-King et que j'aurai aussi assuré les droits que nous donneront ces deux actes, je tâcherai, au moyen d'un (''change de notes, ou par un protocole, à l'aire accepter par le Gouvernement chinois les clauses que j'aurais voulu pouvoir insérer dans la Convention de T'ien-Tsin, et qui sont bien plus l'exposé de la manière, dont quelques articles du traité sont compris par nous, que des concessions qui devraient faire le sujet des négociations nouvelles.

Votre Excellence n'aura pas oublié, sans doute, qu'il ne m'a pas été possible de savoir à Paris s'il existait une solidarité

matérielle entre les deux causes que nous avions à faire prévaloir Lord Elgin et moi, et que, lorsque j'ai demandé, à plusieurs reprises, si dans le cas où la Chine accorderait toutes les demandes faites par l'une des puissances et refuserait celles qui auraient été présentées par l'autre, la première aurait encore à appuyer par les armes les prétentions de la seconde, rien de précis ne m'a été répondu. 11 m'a donc été impossible de ne pas conclure du silence qui a été gardé à Paris, comme des insinuations de Lord Elgin à T'ien-Tsin, que si, par suite des demandes que je voulais insérer dans la Convention de T'ien-Tsin, et que mon collègue d'Angleterre ne croyait pas ou ne voulait pas faire Figurer dans la sienne, le Gouvernement chinois eut rejeté mes prétentions en tout ou en partie, j'aurais été abandonné par mon collègue d'Angleterre, ce qui m'aurait placé dans une position que je n'ai pas besoin de qualifier. 11 a donc fallu ne pas m'ëcarter, dans la convention de T'ien-Tsin, des clauses que l'Angleterre y insérait, et Votre Excellence trouvera ci-joint une copie du projet arrêté définitivement, de concert avec Lord Elgin, projet qui deviendra la convention que nous allons signer dans peu de jours.

A tout événement. Monsieur le Ministre, et même dans le cas où il me serait impossible d'obtenir du Gouvernement chinois à Pe-King les clauses explicatives du traité de T'ien-Tsin, je n'aurais pas moins obtenu du Gouvernement chinois la mise à exécution pleine et entière du traité de i858, des excuses ou des regrets pour cette alfaire de Ta-Kou, dans laquelle la Chine assurément n'avait pas tons les torts, et enfin une indemnité de Go millions de francs dont 7 5oo 000 f. devront être comptés dans deux mois.

Les notes qui m'ont été remises par le Département des Affaires Étrangères, la veille du jour où j'ai quitté Paris, me prescrivaient de faire tout ce qui dépendait de moi, si une nouvelle négociation était entamée, pour engager le Gouvernement chinois à déterminer lui-même les sommes qu'il y aurait à prélever sur l'indemnité pour construire une église catholique à Canton, pour bâtir des édifices consulaires dans différents • ports de l'Empire, pour dédommager les négociants ou les missionnaires spoliés, etc.; mais il serait absolument impossible d'obtenir du Gouvernement chinois un tel abandon de sa dignité et de l'obliger à rendre publiques des concessions (pic l'équité ne lui impose point. Je n'ai donc pas pu m'exposer à des relus iiioti\és, auxquels il m'eût été difficile de répondre.

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M;iis j'ai pensé qu'eu exigeant le payement d'une somme assez forte par anticipation, le gouvernement de l'Empereur aurait ainsi la Faculté de pourvoir, plus loi qu'i] n'aurait pu le faire sans cela, aux exigences les plus pressées. J'ai donc obtenu qu'un payement de 7 5oo 000 f. serait opéré entre nos mains, dans les deux mois qui suivront la signature de la Convention déjà préparée, et acceptée confidentiellement.

\ pici maintenant ce que nous comptons faire, Lord Elgin et moi, avant de retourner en Europe, et, après avoir bien établi nos droits par la Convention de Tien-Tsin et la mise à exécution du traité de i858. Aous installerons la légation des deux puissances dans Pe-King, et en permanence, si l'ambassadeur d'Angleterre, comme je le crois, reprend tous les droits que son traité lui donne. Tien-Tsin sera occupé encore pendant deux mois, par les forces alliées, à moins que le paiement des 7 .V)0 000 f. ne soit versé avant le délai accordé. Le port sera ouvert au commerce étranger le jour même où la Convention nouvelle sera signée. Les forts de Ta-kou, Tche-fou, ou tout autre point de la côte nord du Chan-Toung et la ville de Canton seront conservés par les Alliés jusqu'au parfait pavement de l'indemnité de 60000000 francs et Chousan sera évacué. Quant à Chang-Haï, peut-être une garnison mixte y sera-t-elle laissée sur les concessions européennes si les commandants alliés s'entendent à ce sujet avec les autorités locales chinoises.

Ainsi que mes instructions pouvaient m'y autoriser, j'ai demandé, de concert avec Lord Elgin, que le i/5 des recettes brutes des douanes chinoises dans les ports ouverts au commerce étranger fut exclusivement affecté au paiement de notre indemnité, et cet arrangement suffira, je le crois, pour garantir le paiement successif et intégral des Go 000 000 de francs et permettra peut-être l'évacuation anticipée des points que nos troupes occupent en Cbine.

Dès que la Convention sera signée, j'en enverrai une copie à M. le Général de Montauban et à M. l'Amiral Chaîner, et nous nous rendrons ensemble à Pe-king avec une escorte choisie et nombreuse que nous avons intérêt à montrer aux membres du gouvernement impérial, comme aux habitants de Pe-king.

Je suis heureux, Monsieur le Ministre, d'avoir à transmettre d'aussi bonnes nouvelles à Votre Excellence et je ne puis que me féliciter d'avoir accepté la nouvelle mission que la confiance de l'Empereur m'a appelé à remplir dans ces contrées lointaines.

Agréez, etc. Sig. Bon Gros.

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