‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 266 sur 271 · Rcnnie, Peking and the Pekingese, II, p · texte numérisé non relu

Rcnnie, Peking and the Pekingese, II, p

2. Adressée aux gouverneurs-généraux des provinces du Kouang- Toung, du Iviang-Sou, du Fou-Kien, du (Jliau Toung et du Tche-Kiaug.

Finances Wen, je porte à votre connaissance que dans le mois d'octobre de cette année, j'ai arrêté, signé et scellé avec le représentant de la France, une convention de Paix, et échangé aussi les ratifications du traité conclu il y a deux ans, et que je viens de recevoir, en outre, un décret impérial qui ordonne de publier le traité en entier dans la Gazelle de Péking, et de l'envoyer dans toutes les Provinces pour qu'il soit rendu public dans chaque département, dans chaque arrondissement et dans chaque district, afin que partout on s'y conforme.

Il est donc de mon devoir de vous adresser, avec cette dépêche, 5o exemplaires du Traité, 200 de la Gazelle, et 200 de la Proclamation, et j'espère que le noble Gouverneur agira en consé quence.

C'est à cet effet que j'écris cette dépêche au noble Gouverneur de la Province des deux Rouang, etc.. mois de novembre 1860.

Le Baron Gros rendit compte de la cérémonie dans la lettre suivante adressée au ministre des Affaires étrangères :

Pe-King, le 26 octobre 1860.

Monsieur le Ministre,

Cette dépêche sera portée en Europe par M. Locb, l'un des secrétaires de Lord Elgin et l'un des détenus du iS septembre qui nous ont été rendus en vie. Il emporte en Angleterre la Convention de paix signée à Pe-King par Lord Elgin le a4 octobre et le procès-verbal qui constate l'échange des ratifications du traité anglais de T'ien-tsin.

Je ne crois pas pouvoir envoyer à Paris M. de Vernouillct, et M. de Bastard m'est trop utile pour que je puisse me séparer de lui. Je me borne donc à adresser aujourd'hui à V. E. et dans le portefeuille de Lord Elgin, une copie de la Convention de Paix (pie j'ai signée hier dans Pe-King avec le Prince Koung, et une copie aussi du procès-verbal qui constate l'échange des ratifications du traité de T'ien-tsin, échange qui a eu lieu dans la même séance.

Notre succès est complet (M dépasse toutes mes espérances. .l'ai eu à lutter contre mon collègue d'Angleterre qui a voulu plusieurs luis pousser les choses à l'extrême, ce qui pouvait tout

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compromettre, el ce qui m'a l'ail croire souvent, comme j'ai déjà eu l'honneur de l'écrire à V. E. qu'il voulait renverser la dynastie régnante e1 donner la main aux bandits de Nan-King. J'ai dû me servir confidentiellement du général Ignatiev, qui s'\ est prêté de bonne grâce, el qui m'a rendu de véritables services.

Mon entrevue avec le Prince Koung a élé remarquable sous Ions les rapports, j'ai voulu être aussi convenable et aussi respectueux pour lui, que l'on avail été froid el sévère à son égard dans la séance de la veille ; aussi au moment où nous nous sommes séparés après voir signé les actes préparés d'avance, le prince m'a fait dire à haute voix, devant tout l'Etat-major de l'Armée et devant une foule compacte et devant les deux ou trois cents mandarins en robes officielles qui l'accompagnaient que si je restais encore quelques jours à Pe-King ce serait en ami qu'il viendrait me voir el non comme Commissaire Impérial.

On m'assure confidentiellement que le Prince veut me demander, et le demander sans doute aussi à Lord Elgin, de prêter l'appui de nos armes à l'Empereur, et de l'aider à vaincre la rébellion qui désole l'Empire depuis onze ans, et qui devient plus menaçante chaque jour. Je n'ai aucune instruction à ce sujet et si la demande m'est faite je ne pourrai la recevoir qu'ad référendum. Quant à Lord Elgin je ne doute pas qu'il ne se refuse à se rendre aux vœux du Prince. Ne serait-ce pas un triomphe pour l'Angleterre si elle pouvait voir ériger en capitale de l'Empire une ville devant laquelle les vaisseaux de haut bord peuvent s'embosscr.

Un autre embarras va peut-être aussi surgir pour moi. Le général de Montauban m'a déclaré qu'il avait besoin de Chousan pour faire hiverner ses troupes et qu'il n'évacuerait pas cette ile. J'espère que mieux inspiré et surtout mieux éclairé, il reviendra sur une détermination dont il n'a sans doute pas encore compris toute la portée. Du reste, Monsieur le Ministre, je me plais à dire à V. E. que mes rapports avec lui sont aussi bons que possible, et je ne doute pas qu'il ne se rende à mes avis, ou s'il le faut à ma requête. Elle lui serait adressée au nom du gouvernement de l'Empereur.

Je \ais retourner à T'ien-Tsin avec l'armée qui partira, je crois, le Ier novembre, pour aller prendre ses quartiers d'hiver. Là nous attendrons, Lord Elgin et moi, l'arrivée de M. de Bourboulon et de M. Bruce et nous verrons ce que nous aurons à faire.

Je suis établi dans une pagode de la ville tarlare depuis trois

jours. Le Colonel, la musique et trois compagnies du 101e de ligne forment ma garde. Lord Elgin, je ne sais pour quel motif, campe toujours avec le général Grant, au nord de Pe-King, dans la campagne. Le général de Montauban est aussi campé à une demi-lieue de Pe-King.

Lord Elgin est entré en ville avec une nombreuse escorte le 24 pour signer la paix et échanger les ratifications de son traité, et il est retourné au camp immédiatement après la cérémonie ; il avait eu le mauvais goût de faire attendre deux heures et demie le prince Koung qui en a été vivement blessé.

Le jour fixé pour la signature de ma Convention, c'est-à-dire hier, je suis sorti de la ville à huit heures du matin pour y rentrer officiellement à 1 1 heures et avec le même apparat qu'avait déployé Lord Elgin. Le général en chef, les deux généraux de brigade et deux mille hommes escortaient l'Ambassadeur de l'Empereur. Le drapeau du 101e, celui du 102e et celui de l'infanterie de marine placés l'un auprès de l'autre, précédaient mon palanquin porté par huit coolies en livrée et à bonnets recouverts de franges tricolores.

Le traité de T'icn-tsin et le Sceau de l'Ambassade étaient portés devant moi, mais derrière les drapeaux, par quatre sous-officiers de l'armée appartenant à des corps différents ; un escadron d'artillerie à cheval sans pièces suivait mon palanquin et plusieurs bataillons formaient le cortège. Dans l'intérieur de la ville, la haie était formée par l'infanterie sur une grande partie du parcours. Les spahis en burnous écarlate et les chasseurs d'Afrique ouvraient la marche, un bataillon, musique en tête, les suivait et le général en chef, le général Jamin et le général Collineau s'étaient placés devant moi entre les drapeaux et le traité porté sur un coussin de velours pour qu'il lût bien aperçu par tout le monde.

Sans uniforme, car les miens ont été perdus dans le naufrage du Malabar, je n'ai pu m'habiller que de noir mais avec plaques et cordon.

A l'entrée de la ville, douze ou quinze mandarins en grande tenue et à cheval sont venus me recevoir et me complimenter à la porte Ngan-Ting cl m'ont conduit ensuite auprès du Prince qui m'attendait dans l'une des salles du Li Pou, ou Tribunal des Rites. Nous avons mis près de deux heures pour \ arriver, en traversant des flots de peuple, que les agents de police faisaient ranger à coup de fouet. Quand mon palanquin est entré dans la cour où se trouve la salle qui avait été préparée pour la

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