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LES COMMISSAIRES IMPÉRIAUX \ M. DE BOURBOULON

Kouei et Houa, Hauts Commissaires Impériaux munis de pleins pouvoirs, et Ho et Touan, Hauts Commissaires Impériaux, &c, &c. adressent la présente réponse.

Le 16 mai, nous avons reçu une dépêche de V. E. datée du 8 et accompagnée d'une annexe, à laquelle nous avons déjà répondu, comme on le voit par les archives.

Dans cette occasion, comme V. E. n'était pas encore arrivée à Chang-Haï, nous dûmes attendre sa visite pour pouvoir nous concerter et écrire ensuite aux différents ports afin de donner suite (accomplissement) à ce qui a été stipulé. .Maintenant, comme en date du 8 courant, nous avons reçu une autre dépêche de V. E. dans laquelle elle disait que la première annuité des deux millions de taëls devait être payée déjà dans cette année, les cinq autres annuités restant à être payées dans les cinq années suivantes, &c.,&c, nous voyons que cela est conforme à l'article du Traité de T'ien-tsin, et, en conséquence, il est de notre devoir, conformément à la demande contenue dans votre dépêche, d'écrire à Canton et d'ordonner qu'on s'occupe le plus tôt possible de verser l'argent suivant le délai i'ixv. Quant à la forme de l'ordre de paiement (le ou les Bons), comme dans le Traité il est clairement exprimé, qu'elle sera réglée à l'avance au moyen d'une Commission composée des Autorités de Canton cl des Employés nommés par le Haut Commissaire de votre Noble Empire, nous avons également sans perte de temps écrit officiellement aux Autorités de Canton pour qu'elles s'entendent avec vos délégués sur ce point conformément au Traité.

C'est ce que nous avons à dire à V. E. - - Réponse spéciale.

Le i re jour de la 5e lune de Hien-foung. Chang-Haï (le i i juin i859)'.

i. Pour trad. conforme, Chang-Haï, le 12 juin i85q. L'interprète de la Légation, sig. : J. M. Marques.

ARRIVÉE DE L,' AMIRAL IIOPE AU PEI-IIO 6l

Ces dépêches suggéraient à M. de Bourboulon les réflexions suivantes (Chang-Haï, 12 juin) :

« Ainsi, d'une part, on parait se soumettre tardivement, il est vrai, mais enfin, d'assez bonne grâce, à la nécessité d'accepter l'exécution des Traités, du moins en ce qui concerne l'échange des ratifications : et de l'antre, on tient à faire preuve vis-à-vis de nous de bonne foi et de bonne volonté en ce qui touche à l'accomplissement des engagements pécuniaires. »

Les Commissaires impériaux partirent en effet dans la matinée du i3 pour Pe-King, non sans avoir envoyé leurs cartes aux ministres étrangers pour prendre congé. D'ailleurs dans une note du 11 juin, M. Bruce avait averti Koueiliang de son prochain départ pour le Nord afin d'échanger les ratifications du Traité et que l'amiral Hope était parti pour l'embouchure du Pei-ho avec son escadre pour annoncer aux autorités locales l'arrivée des ministres étrangers. La réponse de Kouei-liang à M. Bruce fut tout à fait satisfaisante.

Au i4 juin, M. de Bourboulon pouvait écrire au Ministère :

« Il est désormais hors de doute que notre voyage à Pe- King s'accomplira pacifiquement et sans entraves, et la première difficulté que présentait notre mission peut être considérée comme résolue. »

ARRIVÉE DE l'aMIRAL IIOPE AU PEI-UO

L'amiral Hope était arrivé à l'embouchure du Pei-Ilo avec toutes ses forces dans la journée du 17 juin; dès le lendemain de son arrivée, afin de remplir sa mission, l'Amiral anglais « se transporta lui-même avec une tic ses canonnières de l'autre côté de la barre, tant pour faire remettre aux autorités locales la dépèche annonçant l'arrivée des ministres

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étrangers, que pour reconnaître par ses propres yeux l'entrée de la rivière. Mais L'officier et l'Interprète envoyés par lui à terre ne purent communiquer avec aucune autorité; ils trouvèrent seulemenl quelques soi disant paysans ou gens de la milice qui leur assurèrenl qu'il n'y avait à proximité aucun chef, aucun commandant investi dequelque autorité : interrogés cependant sur les motifs qui avaient l'ail, placer les hallages que l'on voyait au travers de la rivière el sur l'intention des travaux de défense fort étendus depuis Tannée dernière et partiellement encore inachevés, qui s'élevaient sur les deux bords, ils dirent que ces mesures de précaution étaient prises contre les rebelles el nullement contre les Étrangers, et que, sans doute, sur notre demande, les obstacles qui empêchaient le passage seraient enlevés. La dépèche de l'Amiral fut laissée entre les mains de ces gens, l'Interprète annonçant qu'il reviendrait le surlendemain pour en chercher la réponse. L'Amiral se rendit en effe! de nou veau le 20 dans l'après-midi à rentrée de la rivière et observa que depuis l'avant-veille les travaux de fortification avaient été considérablement développés et perfectionnés. Comme il se disposait à envoyer à terre, les mêmes gens se disant sans qualité avec lesquels on avait communiqué précédemment, se présentèrent à son 'bord avec un pavillon parlementaire (précaution qu'on leur fit observer être inutile puisqu'on n'était nullement en guerre) et remirent une dépêche d'une autorité locale subalterne qui ne précisait rien, ne laissait entrevoir que de nouveaux délais, et qui en définitive dans les circonstances était on ne peut moins satisfaisante. L'Amiral se retira en faisant réitérer à ces autorités invisibles l'avis que l'intention des ministres anglais et français était de remonter immédiatement la rivière de T'ien-tsin et l'invitation de déplacer les obstacles qui en barraient le passage1 ».

1. Lettre de M. de Bourboulon an Min. des Aff. étr., à bord du « Du < lliayla » devant l'embouchure du Pei-ho, le 00 juin i85y.

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