‹ L'expédition de Chine de 1860Chapitre 65 sur 271 · RÉPONSE DE M. DE BOLRBOULON A 1IO · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE M. DE BOLRBOULON A 1IO

Chang-Haï, le a3 juillet i85q.

J'ai reçu hier la dépèche que V. E. m'a fait, l'honneur de m'adresser le 18 de ce mois et en ai lu le contenu avec attention.

Quoique mes relations avec V. E. n'aient commencé que depuis peu de temps, j'ai entendu parler souvent auparavant de sa loyauté et de sa droiture dans les affaires, aussi j'apprécie comme je le dois les bonnes intentions et le désir de conciliation qui l'ont dirigé dans la communication qu'il m'a adressée. Quant à ce qui s'est passe à l'entrée de la rivière de T'ien-tsin, nous avons dû S. E. le Ministre Plénipotentiaire de S. M. Britannique et moi en rendre compte chacun de notre côté à nos gouvernements, et comme, en attendant que mon Auguste Souverain et S. M. la Beine de la Grande Bretagne, aient fait connaître leurs intentions sur la suite à donner aux affaires, nous ne pouvons prendre aucune décision, il serait tout à fait inutile d'entrer à présent dans des explications sur ce qui s'est passé.

AU KOUANG-TOÛNG

J'ai du reste fait part à S. E. Mr. Bruce de ce que V. E. m'avait prié de lui transmettre verbalement de sa part et il demeure persuadé comme moi, des bonnes intentions de V. E.

Je profite, etc., etc.

(Sig.) A. Bourboulon.

AU KOUAJNG-TOUNG

Le Commandant d'Aboville, écrivait de Canton, le 10 septembre i85g, au Ministre de la Marine que le Gouverneur général Lao l, au dire d'un haut mandarin, chargé de sonder les Français :

Se préoccupait desavoir s'il va vraiment impossibilité à régler dès à présent et à l'amiable la malheureuse difficulté qui, en juin dernier, a mis à néant un traité dont les ratifications allaient être échangées.

Cette première ouverture a été suivie d'une seconde tout aussi indirecte, mais beaucoup plus significative. Le Surintendant des Douanes ou Hoppo, principal Conseiller du Gouverneur général, s'est rendu auprès de nos Commissaires pour leur communiquer confidentiellement des lettres soi-disant de Pe-Kin" et contenant en substance ce qui suit : « Cette fâcheuse méprise de ï'ien-tsin est due à ce que, d'un côté comme de l'autre, on n'a pas envoyé pour s'entendre des officiers d'un grade suffisant. Les alliés ont éprouvé sans doute des pertes, pendant l'affaire, mais les Chinois ont à déplorer aussi la mort de beaucoup des leurs ; ainsi sur ce point on doit considérer la balance comme égale. Pourrait-on admettre que la Cour de Pe-King avait prévu et préparé cette collision ? mais cette assertion n'est évidemment pas soutenable, puisque des Yamens avaient été disposés dans la Capitale pour chacun des Plénipotentiaires alliés. Les Chinois étaient sur leurs gardes à ï'ien-tsin, c'est incontestable, qui pourrait d'ailleurs leur en faire un crime, lorsqu'il est avéré que depuis quelque temps les navires de guerre de toutes les nations affluent, sous différents prétextes ta l'embouchure du Pei-ho? qu'il suffise donc de savoir que ces précautions n'étaient pas prises en défiance des

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