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MÉMOIRE ADRESSÉ A L EMPEREUR ~j
Cet édit resterait une arme utile entre les mains de la France et de l'Angleterre, lorsque les Commissaires impériaux demanderaient l'évacuation de Canton.
MEMOIRE ADRESSE A L, EMPEREUR PAR LES COMMISSAIRES DE FAYOUN EN RÉPONSE A l'ÉDIT SECRET DU 7 NOV. l858.
Les Commissaires conformément au Décret impérial qui leur ordonne de prendre des mesures secrètes pour l'organisation de milices, afin qu'elles puissent servir pour nous défendre dans le cas d'une éventualité fâcheuse ou être employées comme force efficace si les circonstances l'exigeaient, adressent respectueusement leur rapport à S. M. Sacrée et lui demandent humblement de vouloir bien le prendre en considération.
Le 17e jour du 10e mois (le 22 nov. i858) les Ministres de S. M. (les Commissaires de Fayoun) ont reçu le décret impérial du 2e jour du ioft mois (7 nov. i858) décret qui leur donnait des instructions conçues dans les termes suivants :
[Voir le décret du 7 nov. i858 depuis: « Sur eux repose le soin... (jusqu'à) point de délai. »]
Los Commissaires se prosternent aux pieds de S. M., ils trouvent qu'il leur est difficile d'exprimer l'admiration que leur imposent ces instructions qui prouvent combien est claire et profonde, même à cette distance, l'intelligence sacrée des affaires. Ils ont considéré les désordres occasionnés depuis quelques années par les bandits indigènes dans la province de Canton, ainsi que les atrocités et les actes incendiaires commis par les Barbares révoltés.
Ils constatent que les premiers (les bandits) n'ont pas encore été tout à fait réprimés sur les rivières du Nord et de l'Ouest et que pour prendre toutes les mesures nécessaires, soit pour se défendre contre les exactions de ces bandits, soit pour les anéantir complètement, le peuple est requis partout de suppléer par des contributions ou par des emprunts au déficit de la caisse militaire. Si donc il fallait ajouter encore ces dépenses, celles que nécessiterait l'organisation des milices, il y aurait certainement à craindre que les moyens fussent insuffisants et que la mesure n'eût aucun résultat matériel.
Lu même loinps, d'ailleurs, comme l'agitation causée par les
8 Les conséqi ences des traités de t'ien-tsih
Barbares n'esl pas encore à son terme, il sciait imprudent de ne plus les surveiller et de lâcher ainsi la bride à leurs empiète ments. Les Commissaires ont incessammenl étudié cette ques lion et sont arrivés à cette conclusion, que le seul plan suivant lequel il soit utile d'agir, est celui qui se trouve dans ces paroles : faire des paysans le dépôt des troupes (axiome chinois d'une haute antiquité, qui a rapport à l'organisation militaire des Empires). D'après ce plan, des ordres seraient donnés dans tous les villages pour que les hommes valides s'enrôlassent conformément à la discipline militaire, et les listes des hommes capables de porter les armes, leur nombre variant naturellement suivant l'étendue de chaque village, seraient dressées avec soin pour servir de renseignement.
Les hommes enrôlés de cette manière devraient être instruits à manœuvrei- les canons, à manier le fusil et à d'autres exercices. En temps de paix, ils seraient libres de se livrer aux travaux des champs et de pourvoir à tous leurs besoins au moyen de leur propre travail. En temps de troubles, ils seraient appelés sous les bannières. Ainsi les ressources que le peuple présente pourraient être toujours concentrées tandis que les dépenses auxquelles il faudrait faire face seraient insignifiantes. Permanence et économie seraient ainsi assurées, et, par suite de l'application d'une ancienne règle aux dillicultés du moment, un plan parfaitement adapte aux circonstances actuelles se présente de lui-même.
Par ce courrier, les Commissaires ont respectueusement rendu compte à S. M. des mesures qu'ils ont prises conformément à leurs instructions et ils supplient S. M. de vouloir bien jeter un coup d'œil sur leur rapport, et leur faire connaître si Elle se trouve suffisamment informée.
Les signataires du rapport doivent ajouter qu'ils ont changé le nom de leur comité, c'est-à-dire celui de Comité général de Fayoun pour l'organisation des Braves, pour celui de Comité général pour l'approvisionnement des forces sur la rivière de l'Ouest et du Nord et que, pour que l'attention des barbares ne soit pas éveillée par leurs actes, ils ont envoyé le sceau dont ils se servaient dernièrement comme Commissaires Impériaux chargés de poursuivre le premier de ces objets au Gouverneur-général Houang Tsoung-ban (un ordre officiel, adressé par les Commissaires de Fayoun au Comité de Shek Tsing sous la date du 3o déc. i858, est revêtu de leur sceau et porte le titre de Commissaires Impériaux pour la conduite des affaires concernant les Barbares).
De plus dans toutes les affaires qui passent maintenant par