LETTRE DE M. DE BASTARD AU BARON GROS, - SEPTEMBRE
T'ien-Tsin, 7 Septembre iSOo.
Monsieur le Baron,
Conformément aux ordres de A otre Excellence, je me suis rendu, ce matin, avec M. l'abbé Delamarre et M. de Méritens, interprètes de l'ambassade, auprès de Heng K'i, vice-commissaire impérial, qui a accompagné à T'ien-Tsin les deux Hauts Commissaires Kouei-Lïang et Heng-Fou. Je lui ai fait demanflor s'il était vrai, comme le bruit en avait couru hier soir.
T IKN-TSIN
bruit au(|ucl, lui ai-jc dit, vous refusiez de croire jusqu'à plus auiple informé, que kouei-Liang n'était pas muni de pleins pouvoirs. Vprès plusieurs réponses évasives, Ileng k'i a avoué que Koueï-Liang était seulement muni du sceau impérial, mais qu'il, lui Kouei-Liang, écrirait aujourd'hui même à Pe-King pour V demander ses pleins pouvoirs. \près avoir fait observer à IFeng-ki ([ue les actes scellés du sceau impérial n'étaient pas par cela même obligatoires, je ne lui ai pas dissinudé, qu'après l'aveu tardif qu'il venait de l'aire, il était bien établi que kouoï- Liang, en vous donnant. Monsieur le Baron, par sa dépèche du 3 de ce mois, l'assurance que les Hauts Commissaires impériaux étaient pleinement et duenient autorisés à traiter avec les ambassadeurs de France et d'Angleterre, koueï-Liang, dis-je, avait altéré la vérité de la façon la plus évidente. .l'ai terminé mon entretien avec Heng-k'i en lui faisant part de votre intention formelle, les choses étant dans cet état, d'inviter les Commandants de forces de terre et de mer à activer leurs opérations sans perdre un instant.
J'ai été ensuite au ^amen habité par koueï-Liang, avec Heng-k'i visiblement ému de l'entrevue qu'il avait eue avec moi. Ce n'est pas sans quelque dlllicullé que j'ai pu parvenir jusqu'à koueï-Liang. Ce vieillard m'a paru dans un grand état de faiblesse de corps, simulé ou non je l'ignore. Le mot de mise en scène, pardonnez-moi l'expression. Monsieur le Baron, est le seul que je sache trouver pour rendre la manière dont il s'est présenté à moi. Les questions posées à Heng-k'i ont été faites à koueï-Liang, et koueï-Liang a répondu dans le même sens, si ce n'est dans les mêmes termes que Heng-k'i. « Il n'a pas de pleins pouvoirs, mais il promet d'écrire à Pe-king pour en demander. » Je n'ai pas manqué de répéter que l'invitation, cjue vous comptiez adresser aux commandants des forces militaires, était imminente, et que, dès lors, les affaires, remises exclusivement entre leurs mains, mais ralenties de fait un moment par bienveillance pour le gouvernement chinois, allaient être reprises avec vigueur.
Tel est. Monsieur le Baron, le résumé bien succinct, mais exact, de l'entretien assez court que j'ai eu avec kouei-Liang et Ileng-k'i.
Je suis, etc. (S>g-) Léon de Bastard.
Le baron Gros, indigné, écrit aux Commissaires impériaux
qu'il retire ses propositions et qu'il ne recevra aucune com-