I.r; BARON GROS AU MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
LE MINISTRE PES AFFAIRES ETRANGERES AU BARON GROS, 9 NOVEMBRE l858.
9 novembre iSfiS.
Le Govivernement britannique compte faire partir d'Angleterre clans les premiers jours de février, au plus tard, l'ambassade qu'il envoie en Chine, afin qu'étant rendue vers le mois d'avril dans les eaux de Canton, elle puisse se transpoi'ter à Pe-Ring au moment opportun. L'Empereur avant décidé d'accréditer également une ambassade à Pe-Kino, désire, et c'est aussi le vœu du gouvernement anglais, qu'elle y arrive simultanément avec celle de S. AL B. Votre réponse à la dépêche par laquelle je vous faisais connaître que lEmpereur vous verrait avec plaisir accepter de le représenter à Pe-King, ne pouvant dès lors me parvenir assez à temps pour que je remette à ce moment la constitution de l'ambassade, je vais m'en occuper immédiatement. J'espère par conséquent que le personnel dont S. M. aura sanctionné le choix pourra de la sorte se mettre en route pour la Chine à la date assignée au départ de l'ambassade anglaise
Cependant la réponse du baron Gros devait donner à réflécllir au Gouvernement français :
LE BARON GROS AU MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES, 28 DÉCEMBRE l858.
A bord de l'Audacieuse, en rade de Hong-Kong, le 28 dcc. i858.
Monsieur le Comte,
Le courrier d'Europe, qui vient d'arriver, et qui nous apporte des lettres jusqu'à la date du 9 nov. dernier, m'a remis la dépèche confidentielle c[ue V. E. m'a fait l'honneur de m'écrire le 8 du même mois
Rien ne pouvait me rendre plus heureux, en ce moment, que la nouvelle preuve ' de bienveillance que Sa Majesté veut bien
I. Le 5 septembre, le Ministre des Affaires étrangères avait écrit au
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me doniior en me faisant exprimer le désir (|ii"Ellc a de lue confier le posfc de son Ambassadeur à Pe-King, et Sa Majesté \ met le comble en daignant m'autoriser à ne pas considérer le désir cpi'Elle témoigne comme un ordre auquel je n'aurais qu'à obéir avec respect. Que Y. E. me permette donc de lui faire connaître, en peu de mots, les motifs (pii m'obligent à ne pas prolonger mon séjour dans ces contrées. Ma santé, que deux années de fatigues bien réelles et de travaux incessants ont altérée d'une manière sérieuse exige en ce moment un repos que je ne pourrais pas trouver ici, etde cruelles épreuves subies, eu dernier lieu, par ma famille me forcent à ne pas en rester trop longtemps éloigné.
Je prie donc V. E. de vouloir bien être encore une fois, auprès de l'Empereur, l'interprète de ma profonde i-econnaissance et de mon entier dévouement, tout en faisant connaître à S. M. les raisons puissantes qui m'obligent à profiler de l'indulgente bonté qu'EUe veut bien me témoigner.
Il est cependant aussi une autre considération que je ne puis manquer de présenter à V. Exe. et qui certainement a rendu ma détermination plus facile à prendre ; c'est que, dans ma conviction intime, l'Empereur llien-Foung n'accueillerait pas avec faveur les hauts fonctionnaires étrangers qui ont tenu à ses ministres un lanoaijc bien sévère, ciui ont fait enlever d'assaut
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Canton et ïa-kou et qui, en allant menacer sa personne même, à quelques milles de Pe-King, Vont forcé, le pistolet sur la gorge, comme le dit Lord Elgin, à subir des conditions dont quelquesunes lui paraissent humiliantes et fatales pour sa personne comme pour son vaste Empire, conditions, je le crains bien, qui ne pourront être mises à exécution que si la force les appuie.
(jCtte dernière opinion, que V. E. trouvera formulée dans plusieurs de mes dépèches, vient de recevoir une sorte de confirmation, puisque Lord Elgin s'est engagé vis-à-vis les Commissaires Impériaux à demander à son Gouvernement d'abandonner de fait sinon de droit la résidence permanente çles Agents diplomatiques de l'Angleterre à Pe-King.
\ euillez, etc.
(Sig.) B"" Gros.
baron Gros que sur sa proposition l'Empereur l'avait élevé à la dignité de Sénateur « voulant par là reconnaître les services signalés cju'il venait de rendre au paj's »,