I.Onn KLCIN AU BARON GHOS ?,(p
dans la villo ol en onnoniis aurait ccrlaincnicnt mis en fuilotous ceux des l'onctionnaires chinois qui s'y trouvent encore, et comme nous aurions ainsi joué notre dernière carte, les autorités, au moins en ce qui concerne Pe-King, n'auraient plus eu aucun intérêt à faire la paix.
En résumé, je suis d'avis ([ue la destruction de )()iicn-Miiifjyoiien était de tous les plans de conduite qui s'olTraicnt à moi, le moins sujet à objection à moins que je ne lusse parvenu à concilier avec mon sentiment du devoir l'idée de laisser matériellement impunis les crimes commis contre nos nationaux. l>ien plus je pense que c'est là un acte c[ui produira assurément un plus grand ell'et en Chine et en Europe que ne le peuvent supposer les personnes r[ui regardent à distance.
Ce palais est la résidence favorite de l'Empereur et sa destruction est un coup porté à son orgueil aussi bien qu'à ses sentiments personnels. C'est dans ce lieu qu'il a conduit nos malheureux compatriotes, pour leur faire souffrir les plus crvielles tortures, c'est dans l'enceinte de son piopre palais qu'ont été trouvés les chevaux et l'équipement des cavaliers arrêtés, les décorations arrachées de la poitrine d'un brave officier français! ainsi que d'autres effets appartenant aux prisonniers, dépouilles opimes c|ue ce despote sans pitié semble avoir voulu faire servir d'ornements aux kioscjues de plaisance, fraîches retraites de la demeure de son choix.
Comme presque tous les objets de valeur ont été déjà enlevés du palais, l'armée n'y va point pour piller, mais pour constater, par un acte solennel de réparation, l'horreur et l'indignation que nous inspire un crime abominable. Le châtiment ne tondre pas sur le peuple qui peut être relativement innocent, mais exclusivement sur l'Empereur dont la responsabilité personnelle et directe pour le forfait commis, est établie non seulement par les mauvais traitements subis par les prisonniers à \ouen-Mingvouen. mais encore par le décret récemment publié par lui et dans lec|uel il oil're une récompense pécuniaire pour chaque tête d'étranger et déclare c|u'il (!st décidé à donner son dernier laël pour payer ces primes d'assassinat ! Ce n'est pas un acte de vengeance mais de justice, et je ne puis regretter la part qne j'y ai prise en conseillant l'exécution.
J'ai l'honneur, etc.
(Sig.) ElGIN et KmCARDINE.
A la même date, le baron Gros faisait connaître la situation
0()6 DESTUir.TION IH l'MAIS DKTK
au général de ^lontauban, et sa satisfaction de voir qirils avaient le même sentiment sur la destruction du Palais d'Été.
LE B.VRON GROS Al GENERAL DE MONTAtlUN
Lamaserie de HoiiangSseii, le 19 octobre 1860.
Monsieur i.e Général,
.1 .li riiomieiir de vous onvover la copie cl la Iraduction de plusieurs documents dont j'ai déjà eu l'honneur de vous comuiuniquer le contenu. Elles vous feront connaître la situation dans laquelle nous nous trouvons en c# moment, et la divergence d'opinion qui a existé entre lord Elgin et moi au sujet des mesures de rigueur à prendre contre le Gouvernement chinois, dans les circonstances actuelles. Je suis heureux de savoir, ^Ionsieur le général, que Aotre manière d'envisager cette question est identique à la mienne, et je me félicite aussi d'avoir vu mon collègue d'Angleterre se rendre à quelques-unes de mes observations, bien qu'il m en ait exprimé le regret en termes assez vifs.
Le bruit se répand dans Pe-Ring que l'empereur est mort, et que le Prince Roung aurait l'idée de le remplacer sur le trône s il était soutenu par les ambassadeurs alliés. Je ne vous donne ces rumeurs que pour ce qu'elles valent.
(jB sera demain, à midi, que nous connaîtrons la décision qu'aura prise le prince Roung. On m'assure qu'il a déjà réuni la somme demandée par moi comme indemnité à répartir entre les victimes du 18 septembre. On me dit aussi qu'une dépèche satisfaisante, de lui, me sera envovée dans la journée. Je vous en ferai connaître le contenu avant le départ du courrier pour l'Europe, si elle m'est remise à temps.
Veuillez agréer, etc.
Le 19 octobre, le prince Koung accordait pleine satisfaction aux demandes formulées par le baron Gros, le 17.
DIFFICULTES ENTIUC ALLIÉS
LE PRINCE KOUNG AU BARON GROS
Le 19 octobre 18G0.
KouNG, Prince de la lainille iiii[)L'iialo et Haut Coniinissaire l'ait la communication suivante.
J'ai reçu le 17 de ce mois la dépêche C{ue V. E. a l'ait l'honneur de m'écrire et j'en ai parfaitement compris le contenu. Je trouve convenable que l'on donne aux familles de ceux de vos compatriotes qui ont été maltraités, 200000 taëls, et je vous les remettrai moi-même avec exactitude. Les autorités qui ont fait subir ces mauvais traitements à vos nationaux seront punies conformément aux lois, et je viens de recevoir un décret impérial qui enlève au Seny-Wang (Sêng-ko-lin-t'sin) sa dignité de Prince et qui prive le Ministre Joui de ses fonctions.
Je vais faire préparer un hôtel pour Y. Excellence.
Quant aux Eglises catholiques élevées dans chaque Province, dès le règne de l'Empereur K'ang-Hi, et à leurs cimetières et leurs dépendances, il est juste d'en faire faire une recherche exacte et de les rendre.
Ce sera dans les conférences cjue tiendront ensemble les délégués des deux Empires que ces questions pourront être définitivement arrêtées, et c'est pour faire connaître les résolutions ci-dessus énoncées c|ue cette dépêche est adressée à S. E. M. le Baron Gros, etc., le 19 octobre 1860.