LETTRE DE M. DE ROURBOUEON, AL" MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES
Le 23 août, lendemain de son arrivée à Chang-IIaï, M. Ward rendait visite à notre ministre, M. de Bourboulon, qui nous rend compte ainsi de la réception des Américains à Pe-King.
Chang-Haï, le i""" septembre iSSg.
J'ai reçu le lendemain de son arrivée la visite de M. Ward, suis allé la lui rendre un ou deux jours après, et voici les détails que i'al recueillis de lui-même sur l'importante expérience qu'il venait de faire.
Débarqué à Pe-t'ang le 20 juillet de grand matin avec sa suite, strictement limitée suivant le traité à vingt personnes, il fut reçu par une escorte commandée par un mandarin dont il ne m'a pas dit le rang, et acheminé après une assez longue attente dans des cliariots ou fourgons fort incommodes et rudes (qui sont le mode ordinaire pour les gens aisés, pour les marchands, mais non pour les mandarins d'un rang quelconque, de voyager dans ce pays) dans une direction à peu près parallèle au Peï-ho vers un point de cette rivière situé à environ 10 milles au-dessus de T'ien-tsin. La première partie de ce trajet s'accomplit sans trop de fatigue, mais non sans une assez grande contrariété ; il avait été convenu avec les autorités chinoises à Pe-t'ang que le trajet de ce point à l'endroit où l'on devait rejoindre la rivière et s'embarquer sur des bateaux, se ferait en une journée: mais le convoi étant arrivé vers midi h un village appelé Pe-Tsang, où les Américains croyaient seulement faire une halte, le chef de l'escortelcur déclara qu'on ne pouvait pas aller plus loin ce jour-là, attendu qu'on ne pourrait pas atteindre l'endroit où on devait prendre les bateaux et qu'il n'v avait pas d'autre localité sur la route où l'on pût s'arrêter pour la nvùt. Le lendemain matin, le convoi se remit en route, chaque fourgon ouvert seulement à l'avant, renfermant deux Officiers ou membres de la Mission Américaine, et après une longue journée de marche à travers un pays plat et presque entièrement dépouillé d'arbres, sous un soleil brûlant, on atteignit vers 5 h. de l'après-midi l'endroit de la rivière où se trou-