‹ L'expédition de Chine de 1860; histoire diplomatique, notes et documents;Chapitre 45 sur 236 · DÉBUT DES NÉGOCIATIONS EN EUROPE · texte numérisé non relu

DÉBUT DES NÉGOCIATIONS EN EUROPE

SITl ATION DE l'eUROPE

La situation de l'Europe s'était singulièrement modifiée depuis la signature des traités de T'ien-tsin : l'année 1869 avait débuté par le discours menaçant de l'Empereur Napoléon III au baron de Hubner, ambassadeur d'Autriche ; lors de l'entrevue de Plombières (septembre i858), le ministre du roi de Sardaigne, le comte Cavour, avait su se rendre maître de l'esprit du monarque français qui orientait sa politique continentale sans tenir aucun compte des désirs de l'Angleterre, anxieuse de maintenir la paix européenne : notre ambassadeur à Londres, M. de Persigny, homme d'action énergique, avait été rappelé temporairement', mais la discussion de la réforme électorale au milieu du bruit du canon de Magenta et de Solférino, jointe à la politique autrichienne de lord Derby, ou plutôt de lord Malmesbury ^,

1. Jean Gilbert Victor Fialin, comte puis duc de Porsigny, né à Saint-Germain-l'Espinassc (Loire), 11 janvier 1808; -j- à Nice, i[\ janvier 1872; ambassadeur à Londres, mai i855 à i858; retourne à I^ondres comme ambassadeur, 18 mai 1809; rappelé le 2^ nov. 1860 pour prendre le ministère de l'Intérieur.

2. James Howard Harris, troisième comte de Malmesbury, ne 35 mars 1807; j 17 mai 1889; il avait remplacé lord Clarendon au Foreign Office, le 26 fév. i858; son successeur (18 juin tSSg) lord John Russell, après premier comte Russell, était né à Londres le 18 août 1792 et il est -j- dans cotte ville le 28 mai 1878.

lOO DKBUT DRS NICGOCIATIONS E> ECHOPE

amena la chute du cabinet anglais et la formation d'un cabinet à la tête duquel se trouvaient lord John Kussell et lord Palnierston avec M. Gladstone conmie chancelier de l'Echiquier (iGjuin 1859).

La guerre d'Italie (29 avril- 8 juillet 1809), le traite de Turin (24 mars 1860) par lequel la Savoie et Nice étaient cédés à la France par le Piémont, avaient singulièrement refroidi les relations entre l'Empire et le Royaume Uni, après que les difïicultés préliminaires avaient failli faire éclater la guerre entre les deux puissances.

Le traité de commerce du 28 janvier 1860, sans établir une grande détente entre les deux gouvernements, n'avait pas resserré les liens d'amitié entre les deux pays, peu familiarisés avec les doctrines du libre-échange : la vertu des filles et des femmes d'Albion — elle était donc bien fragile — ne résisterait pas à l'absorption des vins français ! on voyait sourdre à nouveau cette vieille hostilité que huit siècles de guerres et de rivalités n'avaient fait qu'entretenir et les relations des représentants de la France et de l'Angleterre, le baron Gros et lord Elgin, au service desquels on allait avoir recours une fois encore, quoique cordiales, devaient manquer de cette franchise qui avait caractérisé leurs rapports au cours de la première campagne de Chine.

COMMEXCEMENT DES XEGOCIATIOXS EX EUROPE

Le 17 septembre 1809, lord Cowley, ambassadeur d'Angleterre à Paris, avait une entrevue avec notre Ministre des Afifaires étrangères au sujet des affaires de Chine :

l'aris, le 18 septembre iSôy'.

.M M. rAinbassadour d'Angleterre, dans un entretien que

1. LcUrc (Jii niiiiistrc des AU'aircs étrangères aux ministres de la Guerre cl de la .Marine.

Page 1