‹ L'expédition de Madagascar: journal de campagneChapitre 3 sur 12 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

™ 6 Notwi-Uii. — CliangeitiPnU »ur(eniiB ù Majmipi. — Le iiislaiininl îles l'ri'ii'es PriiveuçniH. troui'i.'a- — Ooiicli(illes iiuiiruviiwcH. — Lu jour ilo Mquee

ta. f\hfX.

port pst Anns lii

moyen il <lt>iuaniti

LE 7 avril. — Les ni>!'iii.'cinB di'sigm's pour faire In ser\-icH du sanatorium soiil arrivés par 11- iÎPrniiTpn([tiei)ot; iiolif mission rsl Icrminép iri l'I nouM allons imrlir pDur Majnngîi. J'ni t-ngnB^ nn pelil lioy indi^t-m' ([iii répond au nom harmonieux dp D'vam D'goiilcott., ce sera un priVii^ux .iiixiliairL- pour mon oi-donnantp, d^jà éprouvé par le climal cl i]i:i soulfrc ili' rréqucnls acc^s de liùvre.

Nous nous l'inbanfuoiis ii 3 heuri-s du soir }i bord du M'PtinjavIta. T-'adminiaLraleur, le médecin At l'Iiûpitiil, quelquL-s notables Rommeri;anls il'ilellville, «out vynus nous faire la rondnile jusqu'au baloau ; ce n'est pas sauK émuliou que nous leur disons adieu; nous quittons avec r<!grel cette i-iilonio de No3si-Bé si hospitali^ni où nous avons passa deux mois qui cinnpleroul parmi nos meilleure souvenirs de L'nmpaf^ne.

Nous levons l'ancre il 5 beui'es du soir, Le petit bateau quî nous l'uipoi-te e«l encombré d'Indiens, do Malgaches, de cages à poules, jorbés pi!'l<'-mâte par dessus les bagages et les malles restés sur \k poni : c'est uni' véritable arcbe de Noé. Des créoles de la Réunion ont envahi jusqu'à l.'i coup^' des premières; nue vieillt! femme est installée sans fai,'on sur mil chaise de pont; comme elle lient un petit enfant il demi nu, je ue la d('>r«ngerni pas. Nous venons tl'étre assaillis en pleine mer par un orage I s ji.in 11 i.f. 1,1 11. épou van laide, et c'tsl un enrieux spectacle de voir tous ces gens patauger

"'■II" •"■ '■"■■■■"."«Hii. i],i„s lu boue qui recouvrée le pont.

Nous arrivons le 8 avril à 3 lieun's du soir en vue de Majunga. Le oneomliré par des boulres et des eniliareu lions de tonle sorte. Mf grands changements sont survenus 'ille depuis notre passage en janvier : on construit partout; des lente» élevées pour lu service di^ subarrivent jusqu'il la plage; la ville est encomhi-ée par la troupe et les étiits-niajoT-s. 11 n'y a déjà plus c se loger: il nous est impossible en tous cas de trouver une inslalUlion ce soir; b- mieux est d'dler r t'bospilalilé pour une nuit encore au commandant du M'I'tinjncka, qui ne quille la i-ade que demain, avril. — Nous avons fini par nous easer, le commandant Magné el moi, chez un Indien. Nous campons

LEXPÉhITION DE MAriAGASCAIi.

tons iloux \\n,a.» t'uiiirjuc uhambti.' diiiponibli; dit la mnii^uu en Faci' du nidoiiel de Bcyliii, dont lo logement cat si^parù du nôli-e pur uno L^lroild cour. Nous avons dû, nvaiil do nous installer, procéder il un lu'tloyaf^ méticuleux : les murs et les poutres du plafond fuient orni;8 du toiles d'araignées giganlesques; les ualtos qui recouvraient le carrelage servaienl de refuge h. une foule d'insectes : fourmis, énormes cnncrelnts, arachnides de toute forme et de toulc nuance. Nous nous en sommes ii peu pr^s déliiirrnsirfs en versani partout des flots de pétrole.

11 y a iei (te petites fourmis microscopiques qui nichent par milliers dans tes interstices srtués entre tes murs et te plancher. Elles sont si petites qu'elles peuvent s'insinuer partout, par la moindre fente; elles pénèlreiil, si l'on n'y prend garde, dans les malles, y étaiili&senl domicile entre les feuillets des livres et Icr plis des elTel.'t. Elles envahissent les lits, et, pour nous gai-er d'elles, nous avons iStt^- obligés de mettre tes pieds de nos couchettes Je campagne dans des boites à sai'dines remplies [l'eau.

l'uur cette première nuit, nos boys D'som D'soukou et Maliaro ont courbé sous la véranda, ilans nos chaises longues en l'otiu, Les fourmis ont grimpé à l'assaut par les pieds de ces chaise» et les ont attaqués eu bataillons serrés, de sorte que ces pauvres enfants ont passé la nuit tk leur faire la chasse.

Majunga offre actuellement bien peu de ressources pour l'alimentation. Nous ne disposons guère que dcH rations de l'administration; il nous est h, peu près impossible de nous approvisionner en légumes frais, a'ufs, volailles. Aussi, au lieu de faire popote comme à Nossi-Comba, nous décidons d'aller prendre nos repas au restaurant des Frères Provençaux. L'établissement est à peine installé. Notre table est drossée sous une grande toile de lente tendue sous les taniarinii'rs, ^ cMé de celle des Intendants. L'eau de boisson manque un peu à Majunga ; elle est surtout d'une qualité qui laisse forlemeni à désirer. Des ordres sévères ont été donnés pour que les troupes de la brigade Metxinger, arrivées depuis un mois dans la place, no consomment que de l'eau bouillie. Nous faisons de même et je aurveitte en personne la pi'éparation de noire eau de lïoisson.

li avril. — La plage de sable située à l'extrême pointe de Majunga, où se font les débarquements el oîi l'on est en train de construire le wharf, est encombrée de lentes, de baraques destinées à loger les approvisionnements qui arrivent chaque jour pourieCorp.s Expéditionnaire. De gigantesques meules de foin comprimé, dos montagnes de sacs d'orge s'élèvent en plein air à cûlé des amas d'essieux e[ de roues de voitures Lefelivi*, des caisses et des ballots entassés les uns sur les autres. C'csl un fouUtis indescripliblo au milieu duquel se meuvent difficilement des nuées do coolii's charriant des brouettes ou de petits wagonnets montés sur rails. Le recrutement de ces coolies a été extrêmement laliorieux; malgré l'activité déployée, l'argent dépensé, les nombi-eux agents envoyés dans tous les pays 01*1 ce recrutement pouvait se faire, les résultats obtenus ont été de beaucoup inférieurs aux besoins. Les races les plus diverses ont cependanl été mises à contribution ; Sakalaves recrutés & Nossi'Bé ou sur la cOte ouest de Madagascar, Makoas venant de Mozambique, Kabyles exportés d'Algérie, Somalîs arrivés tout récemment de Djibouti et d'Obok. Le commandement aurait même envoyé jusqu'en Chine si la crainte du choléra qui sévit en ce moment dans cette contrée ne l'avait pas avec juste raison arrêté.

La pénurie d'auxiliaires indigènes pendant la période des débarquements et de l'organisation des colonnes va compliquer singiilii^remenl les débuts de cetti- expédition itéjJi ai difficile par elle-même.

Toutes tes chambres disponibles dans les maisons de Majunga ont été louées pour y loger du personnel on du matériel de guerre. Les étroites rues de la ville sont pai-counies toute la journée par une population affairée qui tes encombre et qui y circule avec difficulté t soldais de toutes armes se rendant k Ijur poste, officiers en tenue blanche ou cachou portant sur le casque colonial l'insigne de l'arme ou du service auquel ils appartiennent, petites voilures Lcfebvre attelées de mulets ou de hu-ufs, longues théories de coulis marchant à la file, ruisselant sous le soleil el sous le fardeau qu'ils portent sur la tète en chantant d'une voix monotone pour se donner du courage.

La ville indigène, dont les petites paillotes s'élèvent le loug de la mer sur un parcours de près de 2 kilomètres, n'a pas retrouvé ses anciens habitants; dispersés tors du bombardement de Majunga, ils n'ont pas osé ri'paraîlre, moins par peur des Français que par crainte d'être enrfllés comme travailleur pour décharger les navires dans le port. Ijs tirailleurs algériens do k 1" brigade sont logi'-s dans les cases abandonnées.

L'hftpilnl militaire est installé près du Rouvre, sur un plateau bien venlilé par la brise de mer, mi-parlie dans un grand bâtiment en planches recouvert d'un toit do tflle ondulée, mi-partie sous des tentes du système ToUet. Il contient cent couchoUes en fer avec sommier, matelas, draps et moustiquaires. Presque tous ces lits sont déjà occupés par des malades atteints d'affections paludéennes, el le génie est en train de mouler de grandes baraques du système Espilalier pour en installer d'autres. Les reconnaissances qu'on a faites dans les marais au environs de Majunga el l'expédition sur la roule de Marovoay, qui a duré trois jours, ont suffi pour remplir les formations sanitaires. Un hdpilal flottant installé sur le Shtimrork, en pleine rade de Majunga, commence également à recevoir des malades.

La ville, d'ailleurs, esl assez malsaine; elle est située entre la mer qui découvre h. marée basse dw fonds vaseux semés de palétuviers et d'immenses rizières qui, en cette saison de l'année, sont transformées eu marécages. Nous sommes heureusement il la lin de In mauvaise saison; déjii la température est meilleure et les pluies sont devenues plus rares. Et puis nous allons marcher en avant : l'expédition est proche; le gros des troupes est en

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toute. A pnrlir (h la (Icuxii^iiic quiiiZHÎnc d'avril, Irs IxiIi'hum dinrjii^ dp Ininspoi-kT 1p Corps ExjW-fUlionnaire arrivrroul succeaaivpuiont, H do eoiirls inlorvalles. En alteiidant, l'aulorité militaire fail cp qu'elle pt'Ut pour assainir la villf : les rues ont éli* débarrassées de toulea les iiiiinondîyeB que l'incurie des Indiens y avuil Uissé s'accumuler. Les oiseaus de jiroie, qui seuls i^laienl chai'gés aïanl noli-e arrivée du sei-vice dfi la voirie, cnuinicntent il Hre inquiets et loiirnoienl des heures eulii"'i'eB au-dessus des maisons sans trouver une pftlure BuRisante. Les puits d'eau douce oui été curés : on y a Iroiivé de tout, même des squeleiies linmains.

Ces puits sont une des rares curiosili.'S de Majnnga; il y en a plus de cent dans la ville ou dans ses environs immédiats. Chaque maison indii'nne ou uralie en possède un. Il y en a d'auli-es qui sont creusés au milieu des mes, quelquefois k 10 ou 12 rattres seulement de la mer, en plein saliIe du rivage; ils sont entourés d'une margelle haute au plus de 30 centinii''tres, de sorte qu'il faut preudi-e la nuit de grandes précautions jiour ne pas s'y laisser choir.

Les troupes déjà arrivées sont installées dans trois caiilonnemenls principaux autour lie Majunga; les soIdaLs de marine sont au Rouvre, Ii câté de l'hApital, les tirailleurs algériens dans la ville indigène, enfin, entre les deux sont les campements de rartillorie et du génie. Ces derniers sont extrêmement pittoresques : le terrain qu'ils occupent est ombragé par de magniliquos manguiers et par dos baobabs dont les li-oncs ventrus ressemblent à des bouteilles énormes. Tout autour, la campagne est parsemée de tombeaux musulmans en pisé badigeonné de phaux et de lombes sakalaves reconuaissaliles seulement aux las de pierres nvalaires qui manpient leurs cmplacemenlH.

Sous les arbres, les troupiers ont installé leurs cuisines et leurs réfectoires : le mla mijote sur un feu de broussailles, dans des marmites postées sur quatre pierres ; les cuisiniers affairés, les bras nus, la chemise ouverte, sun'eillent le repas du soir. Il est 5 heures : le soleil ài'jk bas à l'boriïon crible le feuillage de flèche» d'or obliques qui descendent jusqu'aux petites laides installées sous tes arbn'S. Ces tables, ainsi que les bancs qui les flanquent de chaque côté, ont été faites avec des planches de caisses reposant sur des pieux fichés en terre; plies supportent les gamelles bien luisantes, les bidons remplis de vin. Des s<-aux en toile pleins d'eau bouillie se balancent aiLx bassi's branches des manguiers; au-dessous d'eux, un grand nègre à demi nu, préposé aux hautes fonctions de marmiton de l'escouade, coupe des Iranebes de pain de soupe dans une marmite de campagne.

C'est l'heure où le travail tinit : le« coulis arrivent de tous calés, conduisant de longues liles de voitures Lefebvre traînées par des mulets, lis su hftteni d'entraver leurs bêles et de courir à un grand rond-point oii cuisent d'énormes marmites on fonte remplies de riz jusqu'au bord.

Prés du feu, un Abyssin, accroupi sur les talons et drapé dans sa grande couverture rouge, sun-eille le dtner en fumant datis une longue pipe eu métal dont le tuyau est aussi haut que lui.

La plupart des soldats sonl cantonnés dans des cases malgaches; rien u'est plus curieux que de visiter une de leurs installations. Un leur a recommandé, avec juste rainon, de no jamais coucher par terre, mais l'administration pouvait leur fournir seulement une toile imperméable, une couverture, un sac k paille et une moustiquaire, et ils ont dû s'ingénier pour faire le reste.

Les plus habiles se sont construit des lits de camp avec quatre piquets et des planches; ils ont placé pardessus leur moustiquaire tendue sur de petites baguettes flexibles courbées en demi-cercle. A d'autres, on a pi'^lé des brancards d'ambulance qu'ils ont montés sur des pieux ou même suspendus aux poutivs du loil avec des cordes. Le directeur du service de sauté au minist^^e a eu l'heureuse pensée d'envoyer pour cet usage 6000 de ses brancards réglemonlaires, qui rendent ici les plus grands services. C'est k la fin de la sieste qu'il faut visiter li>9 casernemenLs. Beaucoup de soldats dorment encore, allongés, les uns sur le dos, les autri-s sur le ventre, dans les postures les plus bigarres. L'un, dont le lit est un pou court, est replié en chien de fusil ; un antre a mis son sac sous sa tûle en guise d'oreiller. Toutes les couclieltes qui appuient sur le sol ont les pieds placés dans des bottes de conserves remplies d'enu. pour éviter les fourmis.

14 avril. — Ci-st aujourd'hui dimanche et jour de Pâques. Li-s Pérès jésuites descendus de Tananarive el installés provisoirement k Majnnga ont demandé au gi'néral Melzinger un local convenable pour célébrer une messe solennelle. On leur a pi-èté trois grandes baraques Espitalier consti'uitcs sur la plage pour le sei-vice des vivres et ([ui, étnnl k peine aehevée-s, n'ont pu recevoir encore les approvisionnements qu'elles doivent abriter. Ces baraques n'ont que leur loit en lôle el leur monture métallii|ne; elles ressemblent k trois grands hangars qui se loucheraient par leurs plus longs côtés. Le service du génie a mns([ué celle du fond avec do grosses toiles en fibres de coco et il a installé entre les deux travées eenlrales un autel grossier en planches qu'on a décoi-é avec des drapeaux et de grandes palmes de cocotier. L'assistance, composite d'oflicîers, de soldats, de commerçants et de créoles, se lient mi-partie deboul, mi-partie assise sur des pliants, sous les deux autres hangars. La messe esl servie par un petit nègre pieds el jambes nus, viMu d'un suriilis en calieol, serré à la taille par un large galon noir el jaune. Pendant l'office, deux employés de la residence jouant l'un du violon, l'autre de la Ortie, exéculonl avec gortt plusieurs morceaux religieux,

15 avril. — ^ U y a 36 degré-s k l'ombre dans l'intérieur de noire chambre, qui esl cependant une des plus fraîches et des mieux ventilées de Majunga. Jamais k Nossi-Comba nous n'avons eu une température pareille.

L EXPEDITION 1>E MA/'AfiASCMl.

Ln Jtùaa est ronalammont liumido, iiaiis vivons iliiiis avons lit sPDsii^nu dt'SHgiV'iililti du ilrap moiiilli' rnlli' fonction ne m rt^]ulivpii»riil [icu; c'eal la pr'iiu qui csl f iiiléncuiP (lu poi'ps el celle lie rHlnuisplii'-ri'. Aussi ftbliilionsel (U'S lolioim gén^rali-s fréqiienlPH. L'tiiitii' Iriolcs, une pclile salli; tie iloiirliKs dans Uqiicllc w

un pcqii'tiii'l hiiin ili' viipi'iir i.'l, dunK nos lils, In nuit, iioiin (LU rorjiB. Diins rt-s piij's inli'rti'opicnux, le poumon fl li' reiu iiirlout clmifiri^p di- inujntrnir ri-ijuilibiT onM'o la li^mponilurc les indip'ncs saveiil-ila faoililei-iMm ronclioniU'uii-nl piir des D chex Ipipii'l nous soinmL'H logi% a, conmio Ions ses vonipa- Irouvi' PU piTuiancncp un Lonnenu it-mpli d'eau. J'ai pris

riiabiludf di> passer matin et soir dans cp local el jo mon Irouve admimidement. J'ai déjïi pnrli5 de lu propreli^ nif-ticuleuse des Miilgarliea des deux «exes. Ici encnrp l'expi^riencp n tenu lieu de science.

C'est égal, nos chefs ont bien fait de ne pas commencer trop lAl la marche en avant. Quelques jours avant notre arrivée îi Mujuuga, le giSnéral McKiiigcr avait proscrit une reconnaissance offensive vers Marovoay, à laquelle a pris part toute l'avunl-garde du Corps Ëxpiiditionnaire. Les troupes, parties moitié par eau, moiliù par la route de terre, se sont avancées jusqu'à tr^s peu de distance de Marovoay, k environ 65 kilomt^lres de Majunga. Lr colonne qui marchait par terre a éprouvé de très grandes difficultés à faire la roule ; la saison des pluies élail Il ppîno terminée, el dons certains endroits où nous passprons presque à pied sec dans un mois les soldats ont eu de la vase jus<[u' au-dessus do» genoux, La ivcon naissance a été effecluée d'ailleurs pi'psqup sans coup férir : lroi« hommes seulement ont èlé légèi-enient blessés. Les troupes sont l'entrées à Majunga api-Ps avoir laissé une garnison solide dans deux points importants : à Maèvarane, \-illage situe a 35 kilon très nv ron de Majunga sur la roule de Tananarive, el il Mahabo, auln' village plus avancé encor ma s j la sur la rive gauche delà Belsilioka.

17 avril. — Chaque jour nous faisans toucher nu magasin d s s bs stat ces trois rations de vivres que nos ordonnances porleul au i-eslanraleur pour qu'il les accommode. I e nomi le d -s rat o s journalières ausquelles ont droit les ofliciei-s augmente avec le nnuilnv (tes galons : deux po r 1 s ] ul ants t l s capitaini<s, trois pour un chef de bataillon, quatre pour un colonel. Ou croirail que l'npp t t lo l a gme ttr avec le grade. Hélas! il n'en est pas ainsi. Dans les popoles où l'on met tout en commun les j un s g ns be nfciem; aussi les officiers supérieurs y fonl-ils prime.

Jusqu'à présent Majunga a pn être approvisionnée reguliiren t u v ande frai le grâce aux immenses ti-oupeaux de ba-uFs à bosse nourris sur la Grande Terre. On lue d aq ]0 ir po r le Co ■ps Expéditionnaire un certain nombre de ces animaux ; leur viande est saine, de boni e q lal n a s u pei dure. Les animaux de boucbeiie sont parqués sur la plage, à l'ouest de la ville, et l'abaltoir m l ta rt -st m tallé loul près de Ik, enlr« doux dunes do sable. Deux grandes bigues placées «Ole à cOle servent pour suspenl e 1 s animaux. Les bœufs attachés par les cornes à une corde sont amenés sous les bigues, i-e verses sur 1 sol et égoi-gés par les bouchers. On ne les assomme pas ]iarefi (pi'un grand nombre de soldats et de coolies du Coips Expédilionnaii-e sont mnsnlmans et ne peuvent manger que de la viande d'animaux lues par égorgement.

Miillieureuseraenl , on ne peut trouver h Majunga le moindre légume vert; c'est une grosse privation. L'aulre jour, au restauiunt. on nous a soi-vi sous le nom de salade les feuilles vertes de je ne sais quelle plante dui-e el amtre que nous avons trouvée délicieuse. Jni vu dos soldats qui essayaient d'accommoder au vinaigre de jeunes pous.ses d'herbe cueillies dans la brousse voisine ; décidément l'homme est surtout végétarien.

19 avril. — Les pré]ia-

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longs rju'oii ne du el nous en ■ quehjue tem]iS encore avant que te gros des li'oupi's prenne la route Je Tananarive. Le gt'néral Melzinger se trouve anx prises avec de réelles difficultés, dont il Irioinpbera à coup sfir. mais qui le relardent. Il y a d'abord la question des eoolies, ([ui est loin d'?lre résolue. Il en l'audi-ail 10 000; jusqu'à ce jour, malgré toute l'arlivilé déployée, il en est arrivé 2 000 au plus. Il y a aussi les voilures Lefebvrc, dont il faut bien se servir faute Je mieux, II en arrive par lous les baleaux, mais

L'EXPEDITfO.\ DE M AD AG ASC Alt.

pour qu'i-lli-s miilnul il faul loi»' fain* uiiy roiiti!

nieilicui-o que les exccrables pistps frayées par poi'lRiii's de cv pays. C'est le Corps BxpL'ililiounaire qui devra cnk-t cetlo route ftU fur e

marche en avant; teltf marehc situ ])ion ralentie, car, si les mi'reenaires font défaut, les soldats seront obli^'^ de saisir le pir el la pioche. Kn aUenilanl l'arrivée du Génî-ra! en chef, ils aitient d-'jii à la construction des hara({i dt^barquemeul du mati^riel cnnsidéi que les baleaux affréu''» upporienl chaque jour do France. V wharf esl en voie de construction à ta Pointe de Sa}ile pour faeiliter ce débarquement el deuï voi.'s ferrées permettent dr transporter rapidement sur de petits wagonnets du spl^nicDccauvilli caisses et les colis dans les magasins des subsistances DU dans les pari-s de l'artillerie et du génie. '•' """ '"^ "*»"'■■■> li^-nvuKiiE-rr un B*T*»rEL * «««sr.*. - ui.sin ue u-iidieii.

21 avril — L< capi

laine du vaisseau Bu naiim chef de la division navale anivi te matin de Diégo-Suarez k bord du Priiiuittgucl, a appoitt il Majunga la nonvtlk di la ptitt du foit d \mboliiinariiie, situé entre Diégo-Suaiitx et la montagne d Ambn dans une position qualjfiei avec justi. raison d un xptignable. L'ennemi n'a même pus attendu nos troupis poiii d(guiip!r A 1 heun attiulle louli la rtgion norl de la Cnuide Terre est complètement déliarrusséo des Ho%a« Il («t tris piobahli qu ici il eu sira de nifini' dis qu'on pourra marcher do l'avant. Les difficultés do lu uimpa>;nt nt vi ndronl pa-i de 1 ennemi qui ne nous attendra jamais, mais des routes el du climat.

22 avril — ^ J ai des nouvilles de mou ami le i ommnudant Serpette, enibossé avec son Giiliès depuis près de quinze jours t n pi nu Betsiboka a 70 kilomi tr s de Majunga et à hauteur de Marovony. Celte dernière viUe, bien que n ayant pas encore élu oecupi e par nos tioupes e-it déjà complètement abandonnée par les Hovus, La ngion est iinomniLt pour ses moustiques it leu inaiins du (mbôa n'onl d'autres ressource pour se défendi^e contre ces insectes qui d entn.i jus(|u a mi-coips dans un soc il distribution qu'ils coulissent sons les aissi^lles.

Au Mllflg dt Makabo en face di Maro\oaj 1 s inti n lanls, qui y oui un dépôt de vivres avec une manulen- Uon aflirmml que les boulangei-s nu peuvent pas fam k pain. La flamme des fours attire des nuées du moustiqiits (l dis qut les mitrons meltml le lorse à nu poui peliir leur pllte, ils sont assaillis par des miiliei-s de ces diplf res dont Us innombrables pi jrtris les foif r nt a fuir tn leur arrnrbanl des rriw de douleur. Heurensemeut, ii Majunga il n me'^l pas ainsi Jls mousu juis sjul n ji tit nombre le jour, et lu null nos mousiiqmiiii's suflisi-nt très bien ii nous en préserver.

L'ESi'Knrnox dk Madagascar.

lli'liarqiu'iiiiiîil lii-s Ipouiii'^ l'I ilii iiialrTIPl.

Aiiimnlicui r<i|iriic. — A In i

l,i>ri rritcB ilc^ Nofisi'Ui^ : le gmaii kaliar soli^riiipl. —

, — Kiitomlironjerit lic ia l'InKo vl ilos t

rpriccinlrc du (i^u/iral p[i flit't.

l'n Iml (iriginni. — Vinilu <lii Gi'nOi'al ai

23 ;ivril. — Le gros des troupes du Corps Exp^itioiiimiri.' (■ominonrc à urriver; chui^ue jour un uiivirc y-\W l'aiirrc dans k rade, amenant des soldats ou du matL-rii>l. I>e colonel Bailloud, dii-ecleur du service des Irtmsporls fl des l'iapt's, «e multiplie avec une aclivil^ dévorante; on le rencontre partout dans les rues, sur la plape, passant comme une Ilèclie sur son cheval laiici'! aux grandes allures. Dans (our It-s coins, on construit des aliris : grandes tentes, baraques it toiture de tôle ondulée, ioimeuses lian^ars où s'empilenl jusqu'au faite les milliers de caisses, iv ballots, de tonneaux que les cilles des navirps vomissent tout le long du jour sur la jdiigi' de Majunga. Ils s'entassent dabord sur le sable du rivage, péle-mÉle, en pyramides énormes; puis des officiers passent leur» journées à les trier par services : artillerie, subsislauci'S, ambulances, campemenl. Au fur el h mesure qu'ils sont reconnus, des (raius de wagonnets poussés par des coulis, des centaines de voiture Lcfebvntraînées par di.^ bœufs ou des muletit tes emportent jusqu'aux magasins, où ils s'engouffrent et disparaissent.

Les petites mes do Majunga sont trop étroites pour la foule qui s'y presse à certaines heures ; les coulis se coudoient el hurlent; les voilures accrochent, au grand déiespoir de leurs couducteurs. Partout régnent une animation fébrile, un va-el-vienl continuel, au milieu des flots de poussière, sous le soleil des tropiques doal les rayons brillenl le crâne malgré le casque.

Les commerçants européens et indiens font leurs provisions, eux aussi, en vue de l'arrivée des troupes; mais comme tous les recoins de leurs maisons ont été requisilioniu's pour loger les soldais et le malériel de guerre, il» ont transformé les rues eu magasins, et, devant chaque boutique, des caisses s'empilenl jusqu'à hauteur des loils.

De temps en temps une sonnerie de clairon retentit, accompagnée d'un cliquetis d'armes el de ce bruit de pas cadencé que fait une troupe en marche : c'est un bataillon qui vient de débarquer et qui rejoint son cantonnement. Le teint clair de nos petits troupiers arrivant do France fait plaisir h voir; leurs grosses joues roses dégouttent de sueur; ils ont l'air contenl el étonné des gens qui débarquent et que tout inléresse. Les anciens, ceux qui sont depuis un certain temps sur la terre malgache et dont la ligure pâlie révèle une conslilulion déjà en lutto avec l'anémie, regardent, heureux et sourianLs, ces camarades qui viennent partager leurs fatigues et qui leur apportent dans les plis de leurs vi>temenls un peu du bon air du pays.

il* avril. — Un baluillon de tirailleurs algériens et une compagnie du génie arrivent aujourd'hui. Ils séjourneront vingt-quatre heures h peine à Majunga; demain ils partiront pour camper en échelons sur la roule de Marovoay. La ville de Majunga n'offre pas de ressources sufOsanles pour le cantonnement du Corps Expéditionnaire : chaipie bataillon qui débarque pousse en avant le premier occupant, qui est obligé de lui céder sa place. Les soldais, les officiers eux-mêmes en sont ravis; rieu n'est plus déplaisant pour une troupe en campagne qu'un séjour prolongé dans un poste.

26 avril. — Le général Metzinger envoie le paquebot affrété Notre-Dnme-ilu-Salul au-devant du tiénéral

■Il

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