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s k'iilfs im camp des lu Bi^riii^ka. 11 est pro-
s dcmeiirtr quelques joure sur le
LJf melon pelé ou nous a^oiis tlii domicik'; lu séjour est loin
^^B ^^'^^^ d'ôiro enclianlLur mais la raisou des rliflicuiEés qui augmon-
^^^^u^^-^^ ^^ ^*-'''' "^^ ^'^^ ^' ^ n><-^iii^ qu O" avaniG, nous ne pouvons aller
plus vile. 11 faul procéder par bonds successifs et attendre après chaque bond la coiistilution d'un approvisionnement do vivres qui eal long à venir de l'arrière, et l'ouverture d'uc nouveau tronçon de roule. De ce dernier côté nos soldais ont à vaincre dos obslacles de plus en plus nombreux; les coulis sont épuisés; les Européens doivent travailler seuls avec les Iroupea noires; leur énei^e, leurs qualités de race les soutiennent encore maigri^ l'anémie croissante, les attaques redoublées do la fièvre el l'organisme qui se révolte. ■^ 5 aoûl. — Noua nous rendons tous compte de l'impossi-
bilité qu'il y a de conduire, malgré lous les eiïoris el loule la
u* l'BiNi.t ,,,.-, , , . ,, ténacité d(-pIoyés, une roule pralicalde pour les voitures Le-
febvre jusqu'à Tananarive. Pour traverser le massif du Béri- Isoka, il a fallu fain; des lacels nombreux qui allongent considérablement le chemin. Malgré loul, cerlaines pentes sont tellement raides, certains tournants tellement brusques, que, souvent, les voilures sont précipitées dans les ravins avec leurs chargements et leurs mulets. Oo sera bien pis, parull-il, lorsque nous Iraverserous le col d'Andriba el la grande chaîne des monts Ambohimènes. Dans ces conditions, il faul abandonner tout espoir do conduire avant la saison des pluies les voitures Lefebvrc dans la capitale de l'Imerina. Tout ce que l'on pt'ut faire, c'esl de pousser la roule le plus loiu possible, au moins jusqu'à Andriba, pour permettre de i-éiinir en ce dernier point une quantité de vivi-es suFlîsanle. Ce résultat oblenii, le géiiéml en chef lancera eu avniil une colonne légère formée de toutes les Iroupos valides et suivie de loul ce qu'on pourra rassembler de muiels de bàl, do façon à parcourir rapidement les L80 kilomètres restant h faire pour aller d'Andriba h Tananarive.
me suis rendu ce malin au sommet du Bérilsok». !i \i kilomèlres environ du camp des
(11. — .le
Sourcps, pour assister nu tiépart d'un convoi de maladie ^ rapatrier, que la l'" ambulance dirige sur l'arrière. Pour arriver à tomps, je mo suis mis en roule à 2 heures du matin. Il faisail un clair de lune superbe et une fraîcheur délicieuse; mon petit cheval arabe marcliail d'un pas allègre; m robe avait, nous les rayons de lune, des rcQcls de velours blanc. Avec cetle lumière égale et douce, les creux et les reliefs du terrain s'allénuenl et se fondent, tandis qu'au contraire le moindre arbuste prend des proportions gigantesques. De temps en lemps un obstacle, un point lumineux, foui dresser l'oreille à mon cbcval : c'est une voilure renversée, un timon briné ; une caisse en fer-blanc vide qui brille au loin comme un miroir. Un silence profond m'environne : pas un bruissement d'insecte, pas un cri d'oiseau de nuit.
Il y a cent voilures Lcfebvre rangées devant l'ambulance. Avec dos toiles de lentes repliées tt tendues sur des courroies de sac, on a iuslallé, dans chaque voiture, deux banfpjelU'S pour des malades assis, ou bien un grand hamac suspendu pour un malade couché. Les sacs sont placés dans le fond ; les fusils sont attachés aux ridelles latérales. Une grande liilche surélevée avec des piquets protégera les malades contre le soleil. On les installe peu à peu; sous tes rayons de lune, leurs figures amaigries et souffreteuses paraissent plus pt'iles encore. Ils sont heureux cependant : ce retour on arrière est une première étape vers le cher pays de France, que chacun d'eux espère revoir.
8 août. — Nous devions partir pour Andjedjié avec le général en chef. Il a été obligé de nous laisser avec le convoi au camp des Sources ; la route n'est pas encore terminée et les voitui'es ne pourraient passijr. Au fur et à mesure que nous avant,^ons, le terrain devient plus diflicîle et les obstacles matériels s'accumulent. Nos eireclifs fondent aussi : le bataillon de chasseurs, campé ft Bérilsoka, n'a plus que cinquante hommes valides par compagnie. Presque tous les gradés français des tirailleurs algériens ont élé laissés en roule dans les hôpitaux. Les hommes de vingt et un ans pris dans les garnisons de France résistent beaucoup moins bien que les légionnaires ou que les rengagés du 13° l'éginient d'infanterie de marine. Ions âgés de vingl-huît ou Irent* ans. C'est une observation dont il faudra tenir compte lorsqu'on organisera plus lard l'armée coloniale.
9 août. — Le camp des Sources es! situé au centre de celte immense région désolée que les Malgaches appellent le Dêniift sukiiluve. Chaque soir, un vent violent, qui dure toute ta nuit, souffle en tempf^le sur le mamelon où nous sommes inslallés. Il vient du sud-«sl en soulevant des torrents de poussière linc qui nous emplisstmt les yeux et les oreilles; il secoue nos tentes, qui font un bruil de tonnerre et qui quelquefois se déchirent et s'abattent. Ce vent désagréable règne en permanence dans celte région jusqu'au mois de novembre; il ne disparaît qu'au changement de mousson.
Un autre fléau particulier au désert sakalave, ce sont les mouknfohis ou moukafouillv» ; on appelle ainsi de petites mouches qui si- monlreiit par essaims nombreux le malin el le soir et qui, dès que le soleil est couché, vont se cacher dans les hautes herbes. Ces mouches diffèrent complètement dus moustiques par leure mu'urs, par leur forme et par leur taille. Elles se précipitent comme un trait sur les parties découvertes du corps, b-s mains, les poignets, le visage; chacune de leurs piqûres fait apparaître une gonlle de sang sur la peau, et cause une douleur aiguë beaucoup plus vive ipie celle des piqûres de moustiques.
11 Hnill. — Km'ore un léger bond en aviiul pour fnuicliir les (pielqiics kilomètres de roule t|ui viennent
d'êtit) terminés par nos troupes. Nous parlons, k 6 heures el demie du matin, du camp des Soui-ces par un chemin qui forme des lacets nombreux pour contourner ou escalader des monlicules pelés, séparés par d'étroites el profondes ïiillées. Nous ne voyons, •iiir ces sommets arides, i|iie de la terre rouge ou t\>: grandes herbes dessérbi'i's par le soleil, mais au liiiiil des vallées coulenl des ruisseaux bordés de vertes prairies et ombragés par di.- beaux arbres. Au-dessus de nous, nous voyons planer de grands oiseaux de proie : on les appelle les ,v.r..„i.fA.','</[oisertu>;fnrU)
L'EXPEDITION liE MADAGASCAR
et les Hovii9 ont Hdo]>li5 leur iinap.' comme i-ni- Mème royiki.
Lu roule n'est onvtTle (pie jus<[u'au giR^ di) la Ranandi-iantoAna, rivlèn' aux eaux vives, aux bi-i-pes ' bois^M, qui roiilu daos un site charmant, sur u[i lit dënormesgatels. Plus loin, les troupes Iruvnillciil encore aux terrasseint-nls, et nous ne pouvons poursuivie; avant deux lii^uri'^ noire marche sur Andjtdjié. Nous décidons de dijeuiier pour luer le temps ut nous nous installons h.
pâté d'une compaffnie ili' tirailleurs, dajis un gourlii abandonné. Pendant (JUlnouB uxpédions ie plat de
i)u.'uf froid, notre ontinaire de rhaijue jour depuis tjue nous nommes en tpn-e malgaclie, nous rugardons pasaer uu échelon du convoi de ravitaillement formé de deux renls de ces pelils mulets achetés en Aliysi'inie pour le complu du Corps expéditionnaire. Ils sont lieaucoup moins grands et portent beaucoup moins que nos mulets fraudais; en revanche, ils sont Ir^s vigoureux et très faciles à nourrir. Pendant la halle, un de ci-a mulets, arrêté devant notri' gourbi, s'est mis à dévorer, avec une salisraclion visible, un bottillon de rapeaux de bois qui servait aux emballages de notre popote.
12 août. — Audjedjié, où nous sommes campés depuis IÛbp, n'est pas un village, c'est un mamelon dénudij au pied duquel coule une petite rivière. I^ légion, un balaillon de tirailleurs algériens, une batterie d'artillerie, campent près de nous sous des gourbis d'herhe sèche. Ces gourbis sont beaucoup plus conforlables que les petites tentes do troupes. Il y fait beaucoup moins chaud cl les hommes y soui plus ft l'aiso. Les troupiers les construisent trts rapidement.
Deux ou Irois heui-es après l'an-ivée au g!le d'étape, ces buKe.s semblent sorties de terre comme par enchantement. Bien alignées, elles forment, au bivouac de ta légion, des rues qui se coupent & anglo droit; ces rues aboutissent h une place centrale, où se fait la ilisiribuliou des vivres aux escouades et où une sentinelle se promène devant le drapeau, couché sur deux fourcbos dt; bois cl bien à l'ahri sous un toit de paille.
13 aoOt. ^ Séjour ïi Andjedjié jusqu'à ce quo les travaux de ronte noua permettent d'aller plus loin. Les officiers luenl le temps comme ils peuvent ; seuls les médecins ne chôment pas, car les malades abondent. Nous sommes à 600 mètres d'altitude : l'air est vif sur le plateau, il y vente ferme et les tentes ont do la peine h tenir. Le jour on étouffe, la nuit on gèle.
Nous ci'oyions, d'après les récits des voj'ageurs, que nos malades se referaient à cet air vif et pur. Ce n'est vrai qu'en partie : ceux qui n'ont eu que des accès légers pendant leur séjour dans les régions basBes guérissent assez vite de leur anémie commentante et regagnent du teint et des forces ; mais les cachectiques, ceux dont les jambes sont gonflées, dont la face est devenue bouffie dès les premiers accès de fièvre, voient au contraire leur affection s'aggraver et doivent cire évacués sur l'arrière. D'ailleurs le changement de température dû à l'altitude amène cher beaucoup d'hommes de nouveaux accès de fièvre.
En résumé, le séjour sur les hauts plateaux permettra seulement d'opérer une sélection complète entre les malades mis définitivement hors de service et qu'il taul rapatrier au plus vile, et ceux qui, grûce k leur constitution plus résistante, ont été moins affaiblis par le poison paludéen et se retremperont ii l'air vif des montagnes. Mon sentiment est que celte opération nous laissera au grand maximum k 000 hommi>s capaliles de marcher, sur les K 000 que comprenait au débnl l'effectif du Corps expéditionnaire,
15 août. ^ Nous en avons fini avec les monticules cl les ravins; nous abordons maintenant les grandes montagnes et les préeipiees sans fond. On comprend sans peine qu'avec de pareils accidents de terrain, les travaux de la roule n'avancent pas vile.
Le chemin s'accroche aux flancs des rochers, et, malgré ses lacols nombreux, la pente est exlrflmemenl rapide pour ari-iver à Antsiafabosilra. Ce nom malgache, don! il ne sérail pas convenable de donner le mot à mot dans notre langue, veut dire en substance que le sentier ne peut Ôtre abordé que par des hommes vigoureux. De
L'EM-KIUTHIS lif-: M A /'Ati.lSCA H.
tf'inpH ft autre, une voiliiif Lr'l'i-livif? (li:pniif,f)tc Unns In valli'-c avec loiil son dnirgi'im-iil. Je ilois k I» vfn\4 do diro quo ces vi>]ik'iili'H sont L-.MM'nicmeiil solides; k-s bmnciinls se roiupenl facilcmcnl. il est vrai, iiiuis la caisse et les i-oues i-^sislenl aux cliiUfs Il-s plus formidubli-s,
Qiinnl aux imiU'Is, ils ne si- foiil iircsqui' jamais i]v mal. Quand, aprf» les culbules les plus cvlraoniiuaireR, 011 vu les clii'irlicr nu rnuil do* raviui, oui Irn y Iroiivi' .ui fniiu de liroiilar riiei'lii- le plus lraiK|uillomerit 'du mondo.
Le» bataillons tpii sonl passifs avanl nous ont laissé en arrière un certain nombi-c de pnuvres diable» grelol- Unt de fièvi-e; les uns marchent pt^niblenienl sans «ac sous la conduite d'nn gradé; les autres, assis sur des
inporlé» à dos de mulets sous la survi
e d'uu 1
du de leur
cacolels ou couchés dans des liliêres, corps de troupe.
Au soniniel du massif, à 700 mètres au-dessus du uiveau de la mer, il fait uu veut terrible. Une pelilo pluie fine, la première que je vois depuis Nossî-Bé, nous glace et nous fait greloller sous nos vêtements de loile,
16 août. — Le i)(tou sur lequel nous sommes bivouaques depuis hier s'appelle Ankolatokauu, nom assex diflicile à retenir. De l'endroit où j'ai planté ma tente, j'ai vue sur uu immense chaos du moulagnes arides. Au-dessous de moi, dans la vallée, les petites lentes du bataillon de chasseurs cumpé à Antsiufabositra m'apparaissenl comme dos fleurs blanches semées au milieu d'un lapis de verdure. A côté de notre cainpemeni, la 2" ambulance s'esi installée dans des gourbis d'hei'he sèche, beaucoup moins froids que les tentes. Elle abrite déjà 100 malades, presque tous atteints de fièvre.
Charmant séjour que ce camp d'Ankolalokana! La nuit, un vent épouvantable fait gémir et vibrer ma lenle comme si elle allait se fendre et s'aliattre; il faut se lever de temps il autre pour aller cogner sur les piquets qui menacent de lâcher prise. Le jour, nous sommes assaillis par des milliers du mou ka foui 11 es, ut ces petites mouches, qui fondent sur la peau avec la vitesse d'une flèche, prêtèrent se laisser écraser sur place plutôt que de lâcher prise. Impossible avant cinq heures du soir de découvrir une partie quelconque du corps sans qu'elle soit immédiatement criblée jiar une cenlnliic de dards microscopiques; c'est parfois grotesque et c'est toujours gèniiul.
18 aofll. — Quelle surprise do voir arriver aujourd'hui sur noire moulogne presque fk pic une batterie de