L'EXPEDITION HE
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gros cauons do campagiK-l Nuiis nous demandons cnrnuieiit pu passer par cea cliemiiiM afl'reiiï. Irfa arlilleuiti tw>Ll t-puisûs, mais rayonnant»; il» ainieraicnl mioux périr de Fatigue qui? d'ubandonner leurs piMes.
Derrière la ballmi! vient un l)alailIon de tirailleurs algériens. D y a qutlijueB Iraila lirt's, quelques ligures pâlies, mais cliaque soldai sp redresse en passant devant le Général eu chef; les compagnies onl un air marlial qui fait battre le cœur.
19 août. — Les deux brigades se concentrent pour opérer de concert le mouvement eu avant sur Andribii. La légion élriingiTe a inslallé ses petites tentes basses sur uu sommet entouré de toutes parts par des gorges profondes. De cet endroit, on distingue dans le lointain les troupes de la brigade Voyron échelonnées le long de la roule qu'elles viennent de faire ol qui apparaît comme unétroite ligne rouge sur le lapis vert des herbes.
Les montagnes qui environnent noire camp d'Ankolalokana sont recouvertes d'une épaisse couche d'argile rouge, en ce momcnl fendillée et comme craquelée sons l'ardeur du soleil, mais dans laquelle, pendant la saison des pluies, les eaus en s' écoulant vere la plaine creusent des failles profondes, des ravins dont les bords sont absolument & pie. Le soir, les bouviers sakalavcs qui g;ardenl nos troupeaux et qui tout le jour les ont fait pilurer dans la brousse, cbltb n'em uu rj»i. at u c*sc«t,E.
les rassemblent dans une de ces failles qui se terminent générale- "^""^ "" nouuiEfi.
ment en cul-de-sac. Les animaux ne peuvent s'échapper; un seul homme se plaçant à l'entrée du cul-de-sac suffit pour garder pendant la nuit un millier de bœufs ainsi parqués.
20 août. ^ Nous parlons à la pointe du jour pour le camp de la Cascade, oij se trouvait bier le général Voyron. Je suis loujoui-s étonné de la rapidité avec laquelle le camp se lève. Les petites lentes des ofGciers, qui sont vraiment pratiques dans ce pays, sont abaltue.'i et roulées en un tour de main. En une demi-bcure, tout est chargé dans les voilures, et, là ofi se trouvait uu campement de deux ou trois cents hnmnn-s, il ne reste plus que des herbes plus ou moins foulées, des boîtes à conserves vides et des débris de ces grandes caisses en fer-blanc qui aervenl ft transporter le pain de guerre, Aussitflt que nous sommes partis, les quelques Sakalaves qui habitent les environs quittent la brousse oil ils se tiennent cachés et viennent ramasser soigneusement ces débris.
Les travaux de terrassement qu'il a fallu faire pour rendre la roule que nous suivons praticable aux voitures Lefebvro sont gipni-
li'sqiies et forcent l'admiration : cette route descend, eu formant qualoi7.u ou quinze liieels allongés, une pente absolumenl b. pic, pour s'enfoncer dans un ravin de 150 mêlres environ de profondeur, et «'monter ensuite pur d'aulres lacets sur une montagne plus l' levée encore.
La cascade qni donne son nom au camp où noi)8 allons passer la nuit est formée par une pelilo tWùn qui se précipite tout
l.'EXPlLimiOS i>i-: M An A a. \ se A H.
onlitre d'une hauteur de 100 inMres au fond d'un ravin d'aspcel sauvage imrwimi- de blocs énormes de rochers.
21 aofll. — A partir du eamp de la Cnsfjide, il n'y a plus de roule l'rayée. Toutes les troupes qui vont prendru pnrl fk Inllaque d'Andriba oui laissiî au camp leurs voilures, ne conservant que des mulets de bai, qui ])asseiit partout. A causi; de la piÇnune des moyens de transport, l'effectif a été réduit au strict minimum. Nous laissons en arriÈre un certain nombre de nos camarades, qui nous voient partir avec une pointe d'envie. Lo bataillon de la légion attend le Général en chef il 2 kilomètres en avani, rangé sur une longue ligue qui occupe loute la pente d'une colline. Dès que le Généial parait, les clairons sonnent aux rhamps et les troupes pi-éscntenl les armes. Un peu plus loin nous passons près du bataillon de tirailleurs aakalaves, qui n'a pas encore quitté son bivouac. Ces indigènes, bien nourris, sonl luisants de graisse et de sanlé. Sous un arbro, k l'écarl, les femmes de ces messieurs, accroupies dans la brousse, forment un groupe coupacl. Elles suivent le bataillon depuis Majunga vi elles n'ont pas l'air d'avoir trop soufferl de la diwlte. Elles rienl, causent entre elles et se montrent le général Duchesne el le général de Torcy, qui, debout sur un pelil mamelon, fouillent à la lorgnette les positions ennemies. Les Hovas paraissent avoir replié leurs avant-postes.
Nous descendons une pente lellomeDl raide qu'il a Fallu mettre pied il terre; elle aboutit it un ruisseau profondément encaissé, que la colonne passe il gué. Deux pièces de 80 de campagne qui avaient essayé de pousser jusqu'il Andriba Boni restées en détresse dans ce mauvais passage, malgré les douze mulols qui sont attelés à chacune d'elles.
Vers 9 heures le général fait lialle an milieu do la brousse dans un bas-fond bordé de grands ralias. Nos chevaux Irouvenl là une herbe courte el odorante, qu'ils mangent gloutonnement.
Un gendarme à cheval arrive avec nn mot du général Voyron, commandant la brigade d 'avant-garde :
l'ennemi occupe en avant d'Audriba une série de positions élevées dans lesquelles il a placé de nombreuses balleries; les Iroupes de l^to sont près d'arriver à son contart: A\<-~.
n'onl pas attaqué encore
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du
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quand nous nous remettons en route; la colonne gravit une monlugnc à pic sous un soleil de plomb. Les lé^onnaires, ([ui nous précèdent, sèment un grand nombre d'hommes que In chaleur accable el qui s'assoienl lialelanls sur le bord du senlier; ces pauvres gens s'an-élenl quelques minutes, le temps de reprendre haleine el d'élancher la sueur qui trace de Domhi-euses rigoles sur leur face enduite de poussière rouge; ils
'«spoir que les Hovas liendraieul le lendemain, malgré leur
ni aceiimulfes autour d'Audriba paruiasaienl formidables. Le
pris avunL le jour .ses dîsiiosilions de eombal ; te G^Déral eu cliuf
pelit boiKjiiel dft bois d'où l'on a vue sur le
L'KXPEfUTIOX l'f-: MAItAdASCMl.
repitrlfnl eiisuilu coiiragi'usi'iiifal. Very t* heures du soir nous sommes ea face de lu montagne d'Andribii, énorme bW de granit de 880 ratlres de bailleur. Au sommet même du pic et sur les collines qui lenvirannenl, le» Hovits ont pluci? des batteries qui tirent sur nos troupes. Les arlilleurs ennemis sont commandes par des Anglais; ceux-ci oui établi leur demeure sur ie plateau qui Cûnioune la montagne. Les pièces sont Lien pointées, et, d^s les premiers coups, un obus vient éclater sur le mamelon où se lient le général Voyron, lue un tirailleur malgache et blesse légî^remenl deuT de uos hommes.
Mais pendant ce temps I artillerie de marine a pu mettre S4>s pic^ees en Laiterie : un de ses oLus à méUnilc tombe juste au milieu d'un des Forts ennemis, daus les relrancliemcnts duquel il fait, en éclatant, une brèche énorme, tuant du coup cinq ou six Hovas, qu'on reconnaît Taeilement à la lunette, gritce à leurs lambas blancs. Panique épouvonlable chez nos ennemis, qui, cessant leur feu, abandonnent précipitanimenl leur première ligne e défense pour se réfugier dans une autre série de fortins, situi^s beaucoup plus en arriére et que nous distinguons h peine. Seule la batterie d'Audriba, commandée par les Anglais, continue & tirer jusfiu'à la chule du jour.
32 août. — Nous nous étions endormis lâcheté ordinaire, tant les défenses qu'ils avoi général Voyron, qui doit commander l'attaque, i HO tient dès l'aube aux avanl-postes d'Ambodiamonlana, pivs d mont Audriba el sur toute la ligne des défenses de l'ennemi.
Peine perdue! Les Iranebé'cs el les camps existent bien, mais leurs défenseurs ont fui avec leurs canons pendant la nuit précédente. Hamasombaza el les principaux chefs n'ont mémo pas attendu les ténèbres pour battre en retraite ; ils se sont esquivés la veille dès les première coupa de feu,
La reine avait cependant envoya de Tananarive l'ordre formel & ses troupes de tenir jusqu'à la mort. Quels liclies que ces Hovas! Nos soldats, qui se sont imposé de grandes fatigues et qui ont piétiné toute la matinée, it furieux de n'avoir pu joindre l'ennemi.
Nous quittons Ambodiamontaua vers 10 heures du matin et, après avoir travereé une petite rivière appelée Kamnlandy, dont le lit profondément encaissé et semé de gros rochem constituera un sérieux obstacle pour les travaux de route, nous montons sur un mamelon pour arriver, en traversant un camp incendié de Hovas, au petit village d'Ambontona qui a été respecté par l'ennemi. Il est formé d'une douzaine de maisons, as-sez bien construites en terre et en roseaux et entourées d'une haie de figuiers épineux et de pignons d'Inde. Les cases sont désertes; à l'intérieur, des pnniera pleins de paddy el de manioc, des marmites en terre, des calebasses, de grosses bottes de ficelle faile avec les fibi-es du palmier i-afia, jonchent le sol,
En furetant partout, nos soldats trouvent dans un coin une pauvre lépreuse aLandonné'e, Vêtue à peine de ([uelques loques sordides, elles est accroupie sur une natte, ayant à côté d'elle une poignée de riï i-ouge cuit à l'eau. Elle regarde d'un œil terne el indifférent les vazahn» qui l'entourent el qu'elle voit peut-êli-e pour la première fois.
L'interprète l'interroge : .■ Pourquoi es-tu restée ici? — Per'sonne n'a voulu île moi, pai-ce que j'ai la maladie qui ne pardonne pas! ..
Émus de pitié, nos soldais déposent, en passant auprt'S de la malheureuse, des morceaux de pain de guerre nu de viande. Très rapidement la natte est couverte de victuailles, \.{uti la lépreuse se met à dévorer avidement.
Les Hovas devaient être exli'émement nombreux autour d'Andriba, Sur pi-esque tous les sommets, et même
peri^'oil lei
ouvrages de défense et les petites huttes d'herbe qui servaient d'abri à leui-s soldats. Ces huttes, dont la hauteur ne dépasse pas 1 mètre, ont tout au plus 2 mètres el demi de longueur; s sont munies d'une porte basse, sons laquelle ou ne peut passer qu'en se courbant en deux. Elles n'ont pas d'autre ouverture que cette porte; les interprètes assurent qu'il y avait Irois soldats au moins dans chacune de ces niches dont nos chiens fran(;ais se contenleraient à peine. Elles sont alignées de fa(;ou it former des rues qui se coupent à angle droit. Nous avons trouvé dans toutes les hutU's d'abondants !)pprovisionnements de paddy et de manioc; les débris de inde, les ossements, les peaux de bœufs, répandus à profusion aux environs des camps, indiquent que les soldats de la reine vivaient dans l'abondance, La vallée d'Andriba passe d'ailleurs pour relativement riche el fertile; elle contenait de mbroux villages. Eu se retirant, les Hovas en ont brûlé un grand nombre, mais il en reste encore beaucoup qu'ils n'ont pas eu le temps d'incendier. L'importante a^loméralion do
L'EXPEDITION HE MAhAGASCMI.
Malatsy esl en purlie ilétniik'. Le' villngo oit se teuail le marché d'Aiidriba a i-ti5 également la proie ilos Qammea, Ce dcraier vlllngt; occiifH' le centre d'une vaste plaine mannlonnée entourée de toutes paris par un cercle de haules montagnes; le sommet des mamelons esl coraplèlcment inculte, mais dans toutes les petites vallées qu'ils limitent il y a des ruisseaux d'eau courante et de belles rizières bien cultivées.
24 aom. — Miilgré la fatiffiie
arrière, à 8 ou 10 kilomètres du campement que nous occupons aciiieljir indispensables et pour les activer daus la mesure du possible.
iimlgré les vides creusés ■lar la maladie dans les l'fl'eclifs, il i'riul absolument eonliriiier la roule eiirrossablc jusqu'à An- Iriba, aliu de pouvoir y umeniT de l'arrière les ;i]iprovisiounemenls néci-ssaii-es pour alimenter la colonne légère que le lîénéral en chef se propose de lancer de là sur Tnnauarive. Los deux brigades se sonl déjft partagé cette bisogne ingrate.
Le général Ducbesue veut
26 aoill. — Tout le monde parle de la colonne légère qui va partir dans quinze jours pour Tunanarive ; tout le monde veui en être. Malheureusement, à cause des diflicullés du ravilaillement, le Général en chef est obligé de réduire les officiers au minimum fltriclement nécessaii* el il y aura bien peu d'élus. Déjà un grand nombiv de nos camarades de l'artillerie, de la cavalerie, de l'infanterie, soûl échelonnés sur la roule pour diriger les convois dans les gîtes d'éliipc. Ces fonctions sont extrêmement pénibles; elles exigent une énergie peu commune et une endurance morale et physique à toute épreuve. Chaque malin, les chefe do convoi se lèvent avant le jour; ils doivent, avant lo départ, surveiller le cbai^ement dos voilures, l'attelage des mulets, remédier pendant la roule Jl toutes les difliciittés qui peuvent se produire : voilures renversées, mauvais passage», maladies des conducteurs, el aussi parer aux insubordinations des Kabyles el à leurs désertions do plus en plus fréquenlcs. Ces auxiliaires,
LEXPliniTION HE MA}>AfiASCAH.
affaiblis par l'anémie, énin'vés par le iravHÎl coniiiiu et Faligaut auquel iU sonl soumis, n'obéissent plus qu'avec peine el désertent en grand nombre dans los (échelons do rarrifero; ils s'installent dans la brouasu, loin des roules frayées, coiislruiscnt des gourbis eL formenl de» agglomérations d'individus qui mettenl lu pays en coupe réglée. Ils ont gardé des relations secrties avec leurs compalrioles restés dons les convois; grâce à eux, ils réussissent, si l'on n'y prend garde, à priïlcver sur les approvisionnements transporlt's tout ce qui est nécessaire il leur exisleneo. I^iirs affiliés s'arrangent pour faire verser une voiture à vivres dans un ravin profond d'où il est impossible do la tirer immédiatement. Après que le convoi a poursuivi sa mute, la bande des ré frac luire» arrive, descend dans le mvin, pille la voilure el disparaît avec son butin. Li; généi-al en cbef a dû prescrire à la gendarmerie do faire, le long des roules d'étapes, des battues ayant pour but de s'emparer de ces maraudeurs el de les mettre hors d'état de nuii-e. Des exécutions sommaires ont été faites pour l'exemple, mais le déaerl eslvasle, le parcours que suivent les voitures Lefebvre est considérable.
29 août. — Le prince Saîdina, frère du sultan do la trrande Comore, vient d'arriver h. notre camp ; il veut se présenter au Général en chef et lui demander de servir la France pendant la durée do la guerre. C'est un jeune homme de vingt-quatre à vingt-cinq ans, au leinl couleur safran, aux traits réguliers et distingués. II est très inlelligenl et il parle très bien le français. Il est velu d'une grande robe noire brodée d'or ouverte sur une longue yiimloura blanche. Un poignard damasquiné est passé dans une large ceinture de soie qui lui fait le lour des peins. Il est coiffé d'un lurbnn à pointe et il porte au côté un grand sabre à lame recourbée.
Le général Duchesne lui fail le plus bienveillant accueil et l'invite à sa table, mais il ne peut rien lui accorder, n'ayant pas qualité pour nommer des oificiera au lilre indigène el ne pouvant pas, d'autre part, enrôler comme simple convoyeur auxiliaire un prince de sa race pour conduire les mulets nu piocher la terre à côté du plus infime de ses sujets.
l" seplembre. ^Je suis parti aux avant-postes à la recherche d'uu emplacement convenable pour installer le grand hôpital que nous voulons établir à la bas*; d'opéralions de la colonne légère avant son dépari pour Tananarive. La route tracée par le génie commence à dessiner ses lacets autour du pic d'Andriba, qu'elle conlourne, Li's nombreux camps hovas, remplis de détritus infects, ont été incendiés sur l'ordre du Général en chef et dans un bul purement hygiénique. Les mouches qui les habilalenl n'ont pas élé toutes délmiles par los flammes : quand je passe auprès des emplacements qu'ils occupaienl, ces insectes viennent par milliers s'accrocher, côte à côle el presque & se toucher, sur mon casque, sur mon pantalon, sur la selle et sur le dos do mon cheval ; j'en suis entièrement couvert du côté opposé au vent. J'ai beau les chasser, ils reviennent aus.silôt se cramponner à moi, et mon cheval les emporte dans sa course.
Près d'Ambounlona, je croise des compagnies de tirailleurs sakalaves occupées aux lerrassemeuls de la i-oule. Ces noirs ne travaillent bien qu'en musique : l'un d'eux se place devant la [lie des terrassiers et entonne un cbanl bien rj-thmé, que tous les autres répètent en chœur. Il s'accompagne en frappant sur le plat d'une pelle, et li-s pioches s'abatlent ensemble en suivant exactement la cadence indiquée. Les Sakalaves travaillent très vile ainsi : ils déplacent en une journée une quantité coimidérable de lerre.
En passant ù. Ambountona, mon cheval fail un brusque écart : un cadavre couché en travers de la porte nord du village l'a effrayé ; c'est le corps de la pauvre lépreuse h qui uos soldats donnaient si charitablement leurs galettes de pain do guerre.
4 seplembre. — L'hôpital d'Andriba sera bien installé. Il y a près d'une petite rivière appelée Mamokomila, it II kilomètres environ nu delà du marché d'Andriba, un grand village du nom de Mangasoaviua, que les Hovas aviiLcnl essayé de hfilliT, mais dans li'i]ncl le I'mi ;i respecté quinze belles cases; elles serviront à loger les malades
quand on les aura débarrassées des amas de paddy, de manioc, des paniers et des calebasses qui les encomiirenl et surtout quand on leur aura fait subir une désinfection énergique qui aura pour effet de détruire non seulement les microbes, mais les insectes, poux el puces, commensaux ordinain>8 des Hovas. Ceux-ci sont beaucoup plus malpropres que les Sakalaves, Partout ni'i ils se liennenl, l'air devient rapidement empesté.
Le nombre des malades va toujours croissanl : il y en a 3 800 dans les hôpitaux, sans compter les 2 000 hommes rapatriés el les nombreux décfe qui se sont produits depuis le commencement de la campagne. Nos formations sanitaires doivent faire face fi tous les besoins au prix d'efforts surhumains, d'aulant plus que des ordres venus de France prescrivent do suspendre les rapatriements jusqu'au mois de septembre, à cause des dangers que présente pour les convaleaceuls la
Iraveraée do la miT Rouge peiidaiil la saison chaLidi.-. Nous pensions que l'îli; de la Réunion pourrai), en celle occurrence, nous offrir quelques ressources; le gouverneur do l'île avait été preâsenli k ce sujet pur le dirertour du service de santé. La réponse qu'il a fournie eM loin de réaliser nos espérances; la colonie de la Réunion peut no disposer que de trois cenls plaw.'S duua ws tiApilaux, qu'elle olfi-e au Corps expéditionnaire au prix de 9 francs par place et par journée de soldat. C'esi suftisaot tout au plus pour les licsoius de la garninou de Tamatave, la plus rapprochée de l'ile. D'ailleurs nos malades de la côte ouest ne vont pas volontien Réunion ; la traversée dure sept jours et 3e fait un coUi' saison par mousson contraire. " Ne vaut-il pas niieiiv. disent-ils, mettre dix jours de plus c( aller jusqu'en France? "
Le Général en chef vient de pi-oscrire qu'une sélec- ik.., 111.1. h.uham i-v h.,m,
lion sévère serait faite parmi les troupes appelées à
prendre part k la colonne iégèn-. Tout homme fatigué, jugé dès à pi-ésent incapable pour raison de saule d'aller jusqu'au bout, sera versé dans les corps de Iroupes qui demeurent à Andriba, Sur les 6 000 hommes concentrés à l'avant, il y en aura à peine 3 000 qui l'empliront les condîlious demandées. La colonnu légère sera surtout composée de troupes noires. C'est un résultat à noter pour l'avenir.
La nécessité de faire une route de 300 kilomètres dans un pays complètement insalubi-o doit bien certainement entrer en li^rnc de compte pour expliquer celte morbidité considérable; ce n'est pas tout cependant, puisrpie les secrétaires d' état-major, les batteries d'artillerie, les cavaliers cl les gendarmes qui n'ont pas pris part aux travaux de la route ont fourni au moins autant de malades que les autres corps. Le climat doit surtout Ctre incriminé; U^ troupes de ndêve du bataillon de la légion et des compagnies du génie qui viennent d'arriver k Ambodiamoutana en fournissent, 'a mon avis, une preuve aLsolumenl convaincante. ÂussilAl débarqués à Majunga, ces hommes sont remontés par eau jusiju'à Suberbieville. Us n'ont pas séjourné dans ce dernier poste; ils ont été immédiatement mis en route de Façon il arriver le plus rapidement possible à Andriha. c'est-à-dire dans une région située k une bonne altitude et qui paisse pour saine. Eh bien, presque tous ces nouveaux venus sont tombés malades à Ambodiamoutana; ils ont été frappés en masse par le paludisme, et plusieurs son), en arrivant, morts d'accès pernicieux, malgré la quinine préventive dont on hw avait pourvus et le traitement énergique qu'oji leur avait institué dès le début.
En dépit de la maladie, nos troupiers trouvent encore lo mot pour rire. Deux pauvres diables sortaient de ma tente où ils étaient venus me conter leurs misères et où l'un d'eux m'avait demandé une consultation pour ses chevilles toutes gontlées : ■• Eli bien, ma pauv'vieille ronse, lui crie son camarade, le v'ià à e't'/ieure avec les bouleta enflent ■■
Toute la plaine d'Andriba est semée de lombes dont la plupart sont récemment creusées; les unes sont complètement isolées; d'autres sont réunies, au nombre de trois ou quatre, au sommet d'un mamelon bien découvert. Contrairement aux Sakalaves, qui cachent soigneusement leurs morts sous de gros blocs de rochers ou dans
Ic'; endroits les plus sauvages de leurs forêts, les liiivns enterrent leurs parents sur le bord des chemins I ijuentés, au sommet des collines d'où on peut les .i|jerceïoir de fort loin. Ia's tombes les plus récentes sont placées dans le voisinage des camps qu'habitaient les soldats. Leur nombre relativement considérable semble indiquer que les Hovas, pas plus que les l'ranl'iiiw, ne sont k l'abri des atteintes du climat meurtrier du Hoénl. Il ne faudrait pas croire pourtant qu'idles renferment toutes des corps de soldais morts de maladie ou tués à l'ennemi ; il en est qui contiennent des ladavrea de déserteurs hovas que les soldats de la reine ont passés parles armes.
La désertion dans l'armée ennemie avait pria, il.insces derniers temps, des proportions telles, que les iliefs hovas ont dll placer des postes h. l'entrée des défilés par lesi^iucls la mule de Tananarive traverse la
L'EXPliliITJOX DE M AI). Ui ASC AH-
chaîne monlagneust' pour arrêter les fuyiirds. Tous U'3 di^strleui-s surpris aux environs de ceH postes onl été exécutas.
Coinmti tous les villages dr crtle rt'gion, Ma.ngosoavlna avail élé fortlGé d'uni! fa^'on absoInm^Dt remarquaiilc par sts liabilanls, qui devaient d'aulaiil plus redouter les P'aliavalos qu'ils scmblaîeul lûen à leur aise ; îl y nvail en ofl'et de nombreux silos oreusiîs le long des maisous.
Le village était comjdMemeut fermé par un large fossé doublé d'une haïe de cactus épineux hauts de 2 mÈlres et plantés de façon A. former un taillis JneïlricaMe, profond de 5 ou 6 mèlres. Ces cactus sont exIrCmemcnt dangereux, et l'imprudenl qui s'engago au milieu d'eux est immédialemenl piqué par un million de pcliles épines microscopiques qui dispamis.^enl sous la peau, d'où l'on no poul les extraire qu'avec la plus grande difiicullé ot en s'aidant de la loupe. Fixées dans le derme, elles y font l'office de corps étranger et y délermineni une cuisson insupportaiile qui dure souvent plusieurs jours.
Tout près de Mangasoavina jhissl' la grande roule qui conduit uu marché d'Audriba; co n'est pas une roule comme celles do France, mais plulût une série de pisics. courant parallèlement les unes aux autres et séparées par di'S bandes d'herbe à peine foulée. Le service des ponts et chaussées n'existe pas à Magadascar, où les voitures sont inconnues et où loul, mûme les voyageurs, est transporté à dos d'hommes. Ce sont les porteurs qui créent les sentiers en passant toujours fi la même place. Leur r^glc, c'est de choisir le plus court, sans tenir compte des obstacles,
13 septembre. — La colonne légère part demain; les troupes qui y prennent part ne comprennent guère plus de 3000 fusils; eliew marcheront divisées en trois colonnes; l'avant-gardo, composée de 3 bataillons, de a batteries d'artillerie, d'une compagnie du génie, d'une section de munitions, d'une fraction d'ambulance, sera suivie d'un convoi qui portera les vivres; le gros, qui aura, à peu près, la môme composition, suivra à vingtquatre heures d'intervalle; enfin l 'arrière-garde, comprenant seulement 2 bataillons d'infanterie et un immense convoi, se mettra en route deux jours après le gros. Tous les convois sont composés de mulets de bât. Pendant la première partie de la roule, les ravitaillements se feront par des échelons de mulet.s parlant do Mangasoavina; les bètes de somme dont le chargement aura été consommé reviendront chaque jour à cette base d'opérations, ramenant k l'hôpital d'Andriba les malades tombés pendant la route. Mais quand la colonne sera trop éloignée, ce va-et-vient ne pourra plus se faire : les malades ol les mulets déchaînés devront suivre les troupes jusqu'à Tananarivc.
Il me faut encore réduire mon bagage; c'est la troisième opération de ce genre que j'exécute depuis Majunga : je sème mon linge et mes vélemenls un peu partout; il y en a à Nossi-Bé, à Suberbieville, à Andriba; les revcrrni-je jamaisï II faut s'alléger, s'alléger toujours : c'est égal, nous arriverons dans un joli état à Tananarive, et les Hovas auront une pièli'e idée de nous s'ils nous jugent d'après le costume.
Je garde ma tente d'abortl et surtout mon lit de campagne : c'est grâce il lui que j'ai k peu près conservé ma santé. Je suis sur qu'un très grand nombre de cas de fièvre sont dus à ce fait que les hommes couchent sur le sol et que, malgré toutes les recommandations qu'on leur a faites, ils ne s'isolent pas en se plaçant sur un lit épais d'herbe sèche, doublé du morceau de toile chiné qu'on leur a distribué à tous pour cet usage
L i:\PEhITiON
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i'i'[ii.'iidi
il va falloir gravir formoni, dans la pénombre, tnu- énornu' musse grisi': i bivouacs semblent autant do petites étoiles rongea accrochées au flanc
immédiat de l'i-niieULL. Ji' suis si^i snra rude.
Au loin, les grandes laonlagiies autour de nous le» innombrables feu des coteaux el semées au fond des ra'
Le jour paraît peu à peu : une large bande claire d'un jaune safran se forme derrière la ligne ite montagnes qui borne l'borizon à l'orient; autour de noua, les grandes brousses desséchées prounenl des tons dorés. A 6 heures te soleil sort brusquement de derrière les cimes el le passage s'éclaire comme par un coup de baguelle magique.
Du pilon où uous sommes placés, nous dominons loute la Région. A nos pieds, une vallée éli-oile el encaissée dans l<u|urlk' la colonne commence è. descendre en serpentant; plus loin, un chaos monlagiieux dont les croies s'élèvent peu à peu par étages successifs vers un massif bleuâtre qui su perd dans le ciel. Devant nous, au bord du plaleau, le Géuéral en chef, eu uiac-forlaue bleu, el le général MeLflnger, emmitouflé dans uo capuchon grissouris, fouillent l'horiîon de leurs lorgnettes et discutent sur les positions de l'ennemi, A quelques pas derrière eux, des groupes d'ofliciers d'étal-major échangent leurs réflexions en consultant la carie, tandis qu'un tirailleur haoussa qui tient leurs chevaux, les écoule, sans compi-eudre, en ouvrant la bouche toute grande et en écarquillant les yeux.
Tout à coup un gros tourbillon de fumée noire s'élève au-dessus d'une des cimes les plus éloignées : ce soQl les Hovas qui brûlent le village d'Ampotaka dans lequel nous devions aller camper. C'est une grosse déception : l'ennemi va donc fuir; il s'échappe celte fois encore saus essayer de coralmtlre.
La colonne descend rapidemenl dans la vallée; elle serpente pour contourner les mamelons, pour grimper sans trop de fatigue au sommet des pics dénudés el pour redescendre ensuite dans les fonds couverts de rizières, qu'elle travei-se sur des digues élroiles.
Un grand marais où pousse une forêt de roseaux hauts de 2 mètres lui barre la roule ; les chevaux enfoncent jusqu'au poitrail ; les soldats du génie qui travaillent pour améliorer le chemin, eu vue des convois de mulets qui nous suivent, ont de la vase jusqu'au-dessus de la ceinture.
Ampniaka était un grand village militaii-e comme il en existe beaucoup dans la région; il a été complètumenl détruit par le feu; sur son emplacement, il ne reste plus qu'une enceinte de cactus, quelques pans de murs noircis et des tas de cendres encore fumantes. Ce village formait un point stratégique assez important, car 11 était construit à la jonction de deux routes, celles du Firingalava et celle du Mamokomila, qui viennent à ce niveau su brancher sur la grande route de Tananarive.
A partir d'Ampotaka, les montagnes se resserrent et le chemin s'engage dans une vallée profondu limitée à droite et à gauche par une ligne à peu près continue de montagnes dénudées et à pic. Les indigènes ont donné à celte vallée le nom de Tsimaïnhundry (Boyau de Mouton) qui rappelle d'une fai;on pittoresque les caractères lopographiques de la région.
La vallée de Tsiiuaïnliundry est facile h. défendre; les Hovas ont construit de nombreux ouvrages armés de canons sur les crêtes qui la dominent el c'est là qu'ils nous altundeat. L'avant-garde, qui vient de s'engager dans le déËlé, est saluée à coups d'obus. Un de ces projectiles vient tomber à SO mètres du Général en chef; un autre passe au-dessus de nos têtes. Pour compléter la fêle, le crépitumeol de la fusillade se fait entendre un jwu partout. Les officiers, dont la ligure s'était rembnuiie h la vue de l'incendie d'Ampotaka, commencent k su dérider.
Nous sommes pris eu écbarpe par les feui^'un fort hova qui tire avec une précision remarquable et dont presque tous les obus ariivenl jusqu'à nos lignes. C'est tli que sis trouve un nommé Graves, sujet anglais qui sert parmi les troupes ennemies.
Une do nos batteries d'artillerie vient se poster sur le mamelon que uous occupons. En dix coups de canon, elle a réglé sou tir el fait cesser le feu des Hovas.
Pendant le combat d'artillerie, les lirailleurs sakalaves sont montés sur la ligne des crêtes, et les tirailleurs algériens oui escaladé les cimes de gauche; ils ont surpris l'ennemi, qui ne supposait pas ipi'on jiourrait l'aller ehereher à celle liauleur. Les Sakalaves, plus agiles el meilleurs coureur», ont tué une cinquantaine de Hovas; le reste a pria la fuite. Nous avons eu deux blessés seolemeul, dont un pauvre diable do la Légion, atteint d'une balle dans la lête; il ne passera probablement pas la nuit.
Nous déjeunons sur le champ de bataille el, avant de rentrer au bivouac, nous allons visiter un camp hova reli-anelié, plricé k cheval sur la roule un sommet d'uu pelit monticule. Les bulles de paille, séparées par des rm-lles élroiles et tortueuses, dégagent une odeur aH'reuse de viande en putréfaction et de riz moisi. Dca légions (le mouches nous enlomiuit en hoiirdonntinl.
16 septembi-e. — Le Général en chef a donné l'ordre de détruire par le feu les nombreux camps hovas de la vallc-e de Tsimaïnhundry, et ce malin, au dépari, de.* incendii's s'allument sur tous les pitons,
La route devient de plus en plus difficile et accidentée; il eOl fallu des travaux considérables pour permellre
L'EXPÉDITION fiE MAOAGASC.in.
aux voîhirea Lefebvro du jiassiir pur li.
Nous campons cv soir en avaol du villagu d'Amlohinoro (la Ville de Joîe), brùU comme les autres par les Hovas ul doni loa ruines riiinenL encore. L'arlillerii' dresse ses lenlcs le Inny de la mule, un
jiied d'une superlie tascaJt: ([iii descend les pcnles d'une monlugne pelée. Nou« nous élablissons dans un cimelifire malfjaclie el j'entrave mon eliwal h lu pierre levée d'un lombeair.
. .MP-.MiAi 1.F, <-.iiriLi.,.i,if. , Ar-B..!!!*.,,,. - ,„.",> r:K ,1.,. 17 Septembre. — Dépari ù 5 Iieures
el demie du matin avec l'extrême poiule d'avant-gai'de. Une batterie d'arlilli^rie nous suit, porli'-e sur des muleUt de bàl; un mulet poi-te un canon, un autre son affût; l'arlillerio peut ainsi passer facilement par les ehemins do cbèvres que nous suivons. Nous marchons i. flanc de montagne; à chaque inslnnt, le chemin est coupa par d'étroits et profonds ravins semi's de grosses pierres; ces ravins doivent Atre Iransformlîs en lorrenls au monicnl de la saison des pluies. Toutes les dix minutes, il faut mettre pied ft terre et tirer les chevaux par la bride.
Les Imupiei-s marchent bien ; il y a peu d eclopés. Comme on a bien fait de passer une visite minutieuse des malingres el do les laisser à Andribal Si nnus avions eu beaucoup de malades, il nous eill él^ impossible, dans les conditions où nous sommes, el avec les moyens forcément rudimenlaires que nous possédons, du leur assurer les soins nécessaires. Tout a été réduit, le service de sauté comme le reste, k cause des difficultés considérables de ravilaillement. Pour transporter tes malades, le matériel sanitaire et les médicaments, les deux sections d'ambulance de la colonne légère ne possèdent en tout que 25 mulets.
A 7 heures du malin, nous sommes au pied du col de Kiaugnra.Une montée l^^-s dure, d'environ 300 mèlres, permet d'atteindre le col, qui forme un étroit pas.sagc entre deux montagnes h pie. On dirait une porte gigantesque ouverte sur le paya hova.
L'ennemi a laissé un écrileau h notre adresse; il est planté sur un sabre de bois an milieu du passage. L'InlerprÉtc qui nous accompagne le traduit séance tenante au Général en chef : •■ Vous n'irez pas plus loin; les Vnromahéry vous arrSleront. ■■
Les Hovas ont donné te nom du voronwhpry, l'aigle malgache, aux soldais de la garde parliculièn- de la reine. Il paraît que nous avons devant nous plusieurs centaines de ces soldats, armés de fusils fk rcpéliliou el récemment aiTivés de Tananarivp.
Arrêtés au sommet du KJangara, nos généraux fouillent atlenlivemenl avec leurs lorgnettes l'immense vallée mamelonnée qui se déroule k leurs pieds jusqu'aux gi-ands Ambohim&nes, dont lej* haiiles cimes bleuûtn's limilenl l'horizon ; cette vallée, arrosée par ta petite rivière du Manankaso, dont les eaux scintillent au soleil, est occupée par de nombreux villages militaires. U'esl aux Amholiimènes que tes troupes Iiovas nous atlondenl pour lenter un dernier effort; en se i-eplianl, elles ont brûlé tous les villages de la plaine : Kinadjy est entouré de flammes qu'un vent violent active encore; AnUinélib)! et Kiangara dégagent di'S tourbillons do lumée noire.
Sur l'autre versant du col, ta descente esl encore plus rapide. La route, malgré ses nombreux circuits en colimaçon, esl irb difficile et semée d'obstacles. Quand, amvé au bas, je me retourne pour revoir le défilé Jes iroupes qui nous suivent, j'ai la sensation d'une procession de termites descendant du sommet de leur énorme fourmilière en tronc de cône.
18 septembre. — Nous avons passé la nuit au milieu de ta plaine qui sépare le eol de Riangara des nionls Ambohimènes. Le soir, la température est très fraîche relativement : le thermomètre, qui moule & 22 ou 24 degrés
LExi'EinnoN IU-: mauah \^i.\h.
(l&Dsk milieu (lis la journée, lioKriinil bnisqiti'iijenl hi niill à II ou 12. Lo^ Saka1av(>s, trop li'gèrement vSlUs, grfrlolU'Ut; on a dû les doler de vétemeola de laÎDc.
Vers 10 heures, le général Mclzingcr envoie i. l'élaUnajor pour y litre interrogés quelques traînards liovas qui ont hé cueillis dans la plaine par nos palronilles. Ha ont les cheveux courts, le leinl bronzé, la taille petite, les membres grêles, la figure iulelli geôle, l'air misérable. Ils font coutrasle avec uu bourj'ane qu'on a ramassi^ en même lemps qu'eux. Celui-ci a un torse d'alhlÊle et des jambes prodigieusement musclées. Il a sur I épaule el sur la nuque les deux bosses cnracléri»liquc9 produites par le froltemenl du bambou qui sert h porter les paquets.
Soldats el porteur sont presque nus; leur unique viilement consiste, outre le pagne étroit, en une pièce dV-lolle de colon dans laquelle ils su drapent à la romaine. Comment avec un costume aussi sommaire peuvent- Ils supporter la fratcheur des nuits, exposi!s comme ils le sont à coucher le plus souvent & la belle ^loile?
L'intcrrogaloire n'apprend pas grnnd'chose : ■■ L'armée que nous clias-sons devant nous l'St forle de 7 000 à
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8 000 hommes. Elle est eomiuandéo par HiuiianzHlu, asHÎslé de Hauiasombuïii el du nommé Graves, le seul Européen qui soit resté avec les Hovus ».
Nous comptions avoir un jour de repos aujourd'hui : it faut au conlraii-e lever le camp k 3 heures du soir pour aller planter nos tentes ik 2 kilomèlres el demi eu avant, sur le plateau de Kinadjy. Nous devons demain, dès la première heure, élre prêts à nous porter en avani avec l 'avant-garde. Les reconnaissances envoyées pour examiner les positions ennemies annonr*nl quo les Uovas sont disséminés dans quatorze forts très bien conslruila qui battent plus ou moins la route condulsasl h. Tananarive; le G-énéral en chef veut que les troupes aient pns leurs positions de combat suffisamment à temps pour que l'ennemi puisse Pire délogé avant la nuit.
19 septembre. — Dépari dès la pointe du jonr. Aussitôt après avoir alleinl le sommet d'un pelil mamelon qui domine notre Mmp, nous faisons halle. Devant nous, la grande chaîne des Ambohimènes se dresse comme les marches d'un escalier gigantesque. Le tracé rouge qui marque la roule de Tananarivc s'acerocbe aux Qancs abrupts des montagnes et s'élance en ligne perpendicutaii-e, comme s'il voutail se perdre dans le ciel. A droite el à gauche, sur lus pilons les plus inaccessibles, on découvre à la lorgnette tes forts hovas.
Le pays garde loujoura le mémo aspect sauvage et dé'solé : de l'argile rouge recouverle d'herbe sèche, avec,