‹ L'expédition de Rome en 1849, avec pièces justificatives et documents inéditsChapitre 18 sur 33 · COO · texte numérisé non relu

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— volontaires.

» .Masi.

Légion romaine,

I) Gai.eotti.

Vicenlins,

n Grakdoki.

Civique mobilisée.

» Salvati.

Carabiniers,

général Galetti.

Cavalerie, dragons.

colonel Sai.iceti.

Artillerie, dix-neuf pièces de 12 et de C.

On a créé aujourd'hui dix-neuf officiers supérieurs, pour

la plupart Génois et Lombards., t'n tout huit mille xeptcenU hommes. Les carabiniers .sont disposés à ne point agir. La légion romaine n’est pas plus belliqueuse, à ce que l’on m’assure. Tous ces corps, en général, sont peu aguerris et peu disciplinés.

Si tout ce mouvement n’est point une comédie, il pourra coûter cher aux Romains. Si je pouvais éinelire un avis en pareille matière, j’insisterais, mon général^pour que nos troupes fissent un mouvement en avant, au moins Jusqu’à Halo. Vous jugerez peut-être aussi qu’il .scj-nit important pour nous d’occuper Home avant tout mouvement des .Autrichiens ou des Napolitains. La nouvelle d’une intervention de leur part, ayant l’apparence de se combiner avec la notre, ne pourrait que produire un mauvais effet en exaspérant le parti de la résistance. Des bruits de ce" genre se sont déjà répandus, mais sans fondeinenl.

Minuit.

La communication que nous avons faile hier àu triumvirat, M. Leblanc et moi, ayant été mal interprétée et inexactement l'eproduite, un grand nombre de personnes, dans un but de

conciliation, ont engatrô M. Leblanc à adresser au président même do rAssemblée une rectification. Le colonel s’y est prélé et la reclification, dont la copie est ci-jointe, devait être communiquée à l’Assemblée dans sa séance de nuit. Nous en espérons un bon effet. M.M. Rusconi et Pescantini feront, de leur côté, tout ce qu’ils pourront pour ramener les représentants à des dispositions plus raisonnables. La chute du triumvirat, ou tout au moins la retraite de M. Mazzini, suivrait probablement de très-près ce revirement de l’Assemblée. Une commission municipale déviait prendre sa place. Je travaille à assurer ce résultat, mais sans avoir jusqu’ici beaucoup d’éléments de succès.

Veuillez agréer, mon général, l’assurance do ma très-haute considération.

N. Forbin-Ja^son.

( i»*Bc la». )

l'RÜTESTATION DU Clll-F DF. HATAII.I.ON PICARD, DU 2ü' DE LIC.NE, CO.MIIE LES ASSERTIONS DE LA PRESSE ROUAISE, REPRODUITES PAH LES JODR.X'AUX DÉHOCRATIQIIES FRANÇAIS.

I^ivouac de 5anta-Pa?sera, ‘28 mai 18i ‘.

Mon général,

Par le rapport que j’ai eu l’honneur de vous adresser, vous avez déjà connaissance de la protestation que j'ai envoyée, le !•' mai, au ministre do la guerre de Rome, contre la conduite déloyale des Romains envers deux ceiit cinquante Français, tombés traîtreusement on leur pouvoir, dans la journée du SO avril.

Au nom de ces Français, officiers, sous- officiers et soldats, je proteste de nouveau contre les exagérations flagrantes et les

insinuations malveillantes et calomnieuses dirigées contre nous.

L’énumération en serait longue et inutile; mais je dois m'attacher spécialement à celles (jui seraient de nature à s( uiller riionneur militaire et le drapeau de la France.

Malgré les séductions de toute nature qui ont élé tentées, aucun oflicier, .sous-oflicier ou soldat n’a demandé ni accepté de service dans l'armée romaine.

Le fait suivant n’a nul besoin de commentaires. Deux cent cinquante Français sont tombés au pouvoir des Romains le 30 avril; tous, sai s aucune exception, sont sortis de Rome le 7 mai pour rejoindre leurs frères d'armes. — TJuelqucs blessés seulement sont restés dans les hôpitaux de Rome.

Il est déplorable que des journaux français aient accueilli légèrement, sur le dire de quelques folliculaires romains, des bruits calomnieux que l’on peut facilement convaincre de mensonge et d’exagération.

Je proteste avec toute l'énergie de ma conviction contre le prétendu acte notarié, fait et publié par un sieur Paradisi, à la suite d’une simple conversation que j’aurais eue avec lui.

Je dois dire que, le 7 mai, le gouvernement et la population romaine nous ont donné de nombi eux témoignages apparents de synipalhie; mais la perfidie de ces démonstrations était évidente |)our tout le monde.

J’ai î'.pjiris, après ma captivité, qu’on s'était servi de mon nom pour séduire mes officiers et mes soldats, dont on m’avait séparé, et pour les détourner de leur devoir. Je vous l'ai déjà dit, mon général, tous ont résisté. La France peut être fiére de la discipline et du courage que ses soldats ont déployés.

Veuillez agréer, mon général, l’assurance de mon respect profond et dévoué. A. Picard.

(Page fIMl.) !

I.ETinE DD TRÉSIDENT DE !.A RÉPUBLIQUE AU GÉ.XÉRAL OUDIfiOT APRÈS L AFFAIRE DU 50 AVRIL.

Élysée national, 8 mai 1849.

Mon cher général,

Lu nouvelle télégraphique qui annonce la résistance imprévue que vous avez trouvée sous tes murs de Rome, m’a vivement peiné. J’espérais, vous le savez, que les habitants de Rome, ouvrant les yeux à l’évidence, recevraient avec empressement une armée (jui venait accomplir chez eux une action bienveillante et désintéressée. 11 en a été autrement : vos sol- \ dats ont été reçus en ennemis ; notre honneur militaire est engagé ; je ne souffrirai pas qu’il reçoive aucune atteinte. Les renforts ne vous manqueront pas. Dites à vos soldais que j’apprécie leur bravoure, que je partage leurs peines, et qu’ils pourront toujours compter sur mon appui et sur ma reconnaissance.

Recevez, mon cher général, l’expression de mes sentiments de haute estime.

Louis-Napoléon Bonaparte.

Le général Oudinot répondit aussitôt au chef de l’État ; Monsieur le Président,

Je reçois à l’instant la leltre que vous m'avez fait l’honneur de m’écrire, sous la date du 8 courant; je m’empresse de la porter à la connaissance du corps expéditionnaire : il y

trouvera une précieuse et juste récompense de son dévouement, de sa discipline et de son courage.

L'armée française est aux portes de Rome. Quelque vaste que soit reiiceintc do cette place, elle est enlièreinent investie. Bientôt nos pièces de siège seront on batterie. Maître du haut et du bas Tibre, à cheval sur la route de Florence, nous avons intercepté toute communication et nous avons une pleine liberté d’action.

Dès aujourd’hui, la soumission absolue du parti qui domine à Rome, nous serait infailliblement assurée, si le Moniteur du 8 n’était de nature à ranimer de fatales espérances.

Quoi qu’il puisse arriver, au surplus, la Fran'ce sera, sous très-peu de jours^ l’arbitre des destinées de l’Italie centrale. Bientôt votre gouvernement recueillera le fruit de la politique énergique et généreuse qu’il prétend suivre et que vous lu inspirez.

(P«ce «•«.)

INSTBUCIIOMS DE M. DE LESSEP3. EXTRAIT DE SON MÉMOIRE AC CONSEIL d’état SCR SON ENTREVCE, AVANT DE PARTIR, .AVEC LE PRÉSIDENT DE LA RÉPDRI.IQUE ET LE MINISTRE DES AEFAIRES ÉTRANGÈRES.

Monsieur,

Les fails qui ont marqué le début de l'expédition française dirigée sur Civita-Vecehia étant de nature à compliquer une question qui se présentait d’abord sous un aspect plus simple, le gouvernement de la République a pensé qu’à côté du chef militaire, chargé de la direction des forces envoyées en Italie, il convenait de placer un agent diplomatique qui, se consacrant exclusivement aux négociations et aux rapports à établir avec les autorités et les populations ro-

IMKCES JUSTIFICATIVES.

maines, pût y porter tonte l’attention, tout le soin nécessaires dans d’aussi graves matières. Votre zèle éprouvé, votre expérience, la fermeté et l’esprit de conciliation dont vous avez eu à faire preuve en plus d'une occasion dans le cours de votre carrière, vous ont désigné, pour cette mission délicate, an choix du gouvernement. Je vous ai expliqué, l’état de la question dans laquelle vous allez avoir à intervenir. Le but que nous nous proposons, c’est tout à la fois de soustraire les Étals de l’Église à l’anarchie qui les désole, et d’empêcher que le rétablissement d'un pouvoir régulier n’y soit attristé et même compromis dans l’avenir par une aveugle réaclion. Tout ce ((ui, en prévenant le développement de l’intervention exercée par d’autres puissances, animées de sentiments moins modérés, laissera plus de place à notre influence particulière et directe, aura pour effet naturel de rendre plus facile à atteindre le but que je viens de vous indiquer. Vous devrez doue nietire tous vos soins à amener le pim promptemenl possible nn tel résultat, mais dans les efforts que vous ferez à cet effet, vous aurez à fuir deux écueils que je dois vous signaler. 11 faut vous abstenir de tout ce qui pourrait donner lieu aux hommes inveslis en ce moment, dans les Etals romains, de l'exercici’ du pouvoir, de croire ou de faire croire que nous les considérons comme un gouvernement régulier, ce qui leur prêterait une force morale dont ils ont été dépourvus jusqu’à présent. Il faut, dans les arrangements partiels que vous pourrez avoir à conclure avec eux, éviter toute parole, toute stipulation propre A éveiller les susceptibilités du Saint-Siège et de la conférence de liaëte, trop portés à a-oire que noxis sommes disposés à faire bon marché de l'autorité et des intérêts de la cour de Home. Sur le terrain où vous allez vous trouver placé, avec les hommes à qui vous aurez affaire, la forme n’est guère moins importante que le fond. Telles sont, monsieur, les seules directions que je puisse en ce moment vous donner Pour les rendre plus précises, plus détaillées, il faudrait avoir, sur ce qui s’est passé depuis quelques jours dans les Etats romains, désinformations qui nous manquent. Votre jugement droit éclairé vous inspirera suivant les circonstances. Vous devez

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d’aillcui's, vous concertor avec MM. d'Harcourt et de Rayneval sur tout ce (|ui aura quelque jirnvilé, sur tout ce qui n’exigera pas une solution absolument immédiate. Je n’ai pas besoin de vous recommander d’entretenir avec M. le général Oudinot des rapports intimes et confiants, absolument nécessaires au succès de l’entreprise à laquelle vous êtes appelés à concourir ensemble.

K. Dhodv.n de Lhcys.

M. Drouyn de üiuys, ajoute M. de Lesseps, me donna luimême lecture de ces instructions; il s’arrêta au premier paragraphe, qui m’autorisait à me consacrer exclusivement aux négociations et aux rappoils à établir avec les autorités et la population romaine, et me lit remarquer qu’on me faisait une part assez large et assez indépendante du général en chef; il appuya sur le dernier paragraphe qui me donnait toute latitude en présence d’événements ou de difficultés imprévus. Quant au passage concernant le concert avec MM. d’Harcourt et de Rayneval, je demandai en quoi devait consister ce concert. H me fut répondu « Envoyez-leur des duplicata de vos dépêches. » J’élais encore chez le ministre, lorsqu’un message de M. le Président de la République m’invita à retourner à l’Élysée. M. Drouyn de bhuys me recommanda de venir lui ftHre part de ce qui s’y serait passé.

M. le Président me dit que, depuis le matin, il avait beaucoup réfléchi à l’objet de ma mission, qu’un point surlouti dont il craignait de ne pas m’avoir entretenu, le préoccupait extrêmement, c’était l’attitude de nos troupes en présence d’une intervention armée des Autrichiens et des Napolitains, dont nous devions, à tout prix, éviter de laisser l’action se confondre avec la nôtre. 11 me remit une lettre particulière pour le général Oudinot, et il prit connaissance de mes instinctions, qu’il trouva peu explicites.

Lorsque je répétai à M. Drouyn de Lhuys l’observation de M. le Président de la République, au sujet d’une intervention étrangère dans les États romains, il me demanda quel sens je donnais à ces mots, à tout prix, s’appliquant aux obstacles à

PIÈCKS JUSTIFICATIVES. 445

apporter à une action qui paraîtrait on qui tendrait à devenir connnune avec les Autrichiens et les .Xapolilains.

• C'est avons, répondis-je, à vous entendre avec M. le Président et à in'en écrire. Quant à moi, je les accepte dans le sens le plus lar<fe, en attendant de nouvelles directions. Toulel’ois, vous pouvez compter (pie je vous réserverai toujours votre liberté de décision. »

Dans ce moment le salon de M. Drouyn de Lhuys était plein de visiteurs; c’était son jour de réception. Je pris congé de lui. Peu d’heures après j’étais sur la route de Toulon, où le télégraphe me faisait préparer un bâtiment.

Je reçus, avant de m’embarquer, deux dépêches du ministère, en date du 9 et du 10.

La première indiquait les directions données aux plénipotentiaires français à Gaëte, à l’effet de combattre les pensées de réaction absolutiste (lui se manifestaient dans les conseils du Saint-Père; la seconde approuvait le général Oudinot d’avoir renvoyé de Civita-Yecchia trois commissaires venus au nom du Pape et dont la mission, prise en mauvaise part par les Romains, pouvait gêner notre action.

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DKCRET DU 11 DÉCF.HBIIE 1851, rORTANT S0)II.\.\TI0.N DU CÉ.SÉIIAI. VAIU.AST A l.A mr.MTÉ DE ÜIARÉCHAL UE ERAKCE. — I.ETTIIE DI'

GÉ.SÉRAL OUDIXOT AU PIlÉMDEXT DE LA llÉri'm.lQUE . LETTRE

DE W. ODILO.N BARROT AU fiÉ.SÉRAL OUDIXOT.

Au nom du peuple français.

Le Président de la République,

Vu la loi du A août 1849 sur l’état-major de l’ai inée ;

Vu l’arrêté du H mai 1849, qui avait investi le général de division Vaillant des pouvoirs nécessaires pour prendre le

liO l'IÈCES JLSTIKIC.VTIVES

coininaiideineiit en chef du corps expéditionnaire de la Méditerranée ;

Considérant que , par un sentiment de délicatesse, cet oiricier s’est abstenu d'user de ses pouvoirs pour s’attribuer olïicielleinent les prérofjatives du coinmandeinent en chef qui lui avait.été confié, mais (jue néanmoins il a dirigé notoirement les opérations du siège de Rome et assuré le succès de l’expédition ;

Considérant que le général Vaillant a accompli un fait d’armes éclatant, qui, suivant l’esprit de la loi, le met en position d’étre élevé à la dignité de maréchal de France ;

Considérant les éminents services rendus à l’armée pendant le cours de sa carrière militaire;

Sur le rapport du ministre de la guerre.

Décrété ;

Le général Vaillant ( Jean-llapliste-llilaire ), est élevé à la dignité de maréchal de France;

Le iriinistrc de la guerre est chargé de l'exécution du présent décret.

Fait à l’Flvsée national, le 1 1 décembre 18,M .

, Louis-N.vroLÉox Bonapartk.

A. DE S.VlNT-ÂnNACD.

Le 2 décembre, le général Oudinot, nommé par l’Assemblée nationale au commandement en chef de l’armée de Paris et des gardes nationales du département de la Seine, avait été arrêté à la mairie du dixiéme arrondissement avec environ cent cinquante députés. Conduit pendant la nuit, dans la même voiture cellulaire que M. de Falloux, au mont Valérien, il y était encore captif le 12 décembre, lorsqu’il eut connaissance du décret précité. 11 fit immédiatement remettre à M. le Pi ■ésident de la République la protestation suivante, dont il envoya le double au ministre de la gueiTe :

PlÉCIiS JUSTIFICATIVES 447

« Monsieiir le Président,

« J’nppreiuls à l iastant par le Moniteur l’élévation du général Vaillant à la dignité do maréchal.

«An nom de l’honneur, au nom de la vérité, je proteste 1avec toute l'énergie d'une conscience sans peur et sans relu'oche contre les considérants de cette nomination.

« Je suis, etc. »

Quelques mois après, M. Odilon Barrot, consulté sur ce grave incident par le général Oudinot, lui adressait la réponse suivante :

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