I.F. 6KNFR1L EN CHEF
P. S. Je ne crois pas avoir à justifier ici le rétablissement de l’inquisition; mon caractère et mes précédents politiques qui vous sont connus suffisent pour faire justice de pareilles asseitions.
Quant au rétablissement du vicarial, nous ne lui laisserions pas tout l’absolutisme dont il a pu être investi, mais vous comprendrez, monsieur le Ministre, que, dans aucun cas, l’armée ne saurait avoir pour mission de s'ériger en tribunal ecclésiastique.
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LETTliKs UE M. ÜE IWÏNEV.VL AU CÉSÉn.U. OL'DISOT A ROME l'OUIl Ul A.VSUNCEli 1.' ARRIVÉE UE I.A COMMISSION GOUVERNEMENTALE.
Mntil (le Gaëlc , 50 juillet 181.', 11 h. du soir.
Général,
l,a commission exécutive composée des cardinau.v Délia Genga, neveu de Léon XII, rhomme important de la commission, du cardinal prince Altieri, préfet de Rome, du cardinal Vannicelli, ancien gouverneur de Home, part cette nuit. J’ai longuement causé avec Leurs Kxcellences. Je les ai trouvées bien disposées. Je leur ai dit que dans la situation délicate où nous étions placés, di> bonnes et confiantes relations personnelles étaient, de toutes les garanties de succès, la meilleuri'. J'ai ajouté que personne ne serait mieux disposé «pie vous à entrer dans cette voie. Pour l'Ire plus .A portée de
s'onlendrc avec vous, la commission s’établira au Quiriiial.
Elle s’occupera d'abord de mesures générales , rappel des anciens employés, mesures financières, annulation des lois républicaines, règlement de la question des assignats. A tout cola nous n’avons rien à dire. 1/adminislration du pays appartient tout entière au Saint-Père on à ses représentants.
Ce à quoi nous devons veiller d’assez près, c’est aux mesures contre les personnes; tant qu’il s’agira de bandits, de voleurs, d’assassins, de gens notoirement souillés d’excès ou de crimes, nous n’avons rien à dire; mais là où nos observations pourraient commencer, ce serait si l’on se mettait à poursuivre, à incarcérer pour simple opinion politique ; j’espère que ce ne sera pas le cas. J’ai beaucoup insisté sur ce point, l.e cardinal Délia Genga m’a dit : « Je compte ne pas regarder en arrière, mais regarder de très-près au présent, les crimes communs, comme de raison, mis à part. »
La sécurité publique est plus spécialement l’affaire de l'armée, l.e gouverneur militaire de Home conservera son autorité. L’étal de siège sera maintenu. Il s’en suit que toutes les troupes, môme romaines, placées dans le cercle de la juridiction militaire du gouverneur sont sous ses ordres, et partant sous les vôtres. Les card'nanv m’ont paru avoir bonne envie de marcher tout à fait d’accord avec vous. J irai probablement, dans quelques jours, vous faire et leur faire visite. .
Je ne l’affirmerai cependant pas.
Le Pape voudrait bien voir les femmes qui habitent le Quirinal mises dehors de ch >z lui. ^
Je plaide toujours la même cause. Le Pape me dit de prendre courage et patience. J’ai remis au cardinal Anlonelli les deux notes des finances et de la justice que vous avez , envovées à M. de Corcelles. La commission avisera, comme aussi sur la question du ministère de la guerre, dont M. Castelnau vous entretiendra pins spécialement.
J'ai prié les cardinaux de donner congé poliment et, s’il se peut, avec un mol d’écrit obligeant, à ceux des commissaires extraordinaires, qui seraient rernplac s. Ils m’ont promis de h' faire. Ne jugeriez-vous pas à propos, 'le votre côté, de leur
l'IKCES JLSTIKICATIVES.
l'JO
«■'crirc un mot poli pour les remerciiT de leur dévoueiiienl ù la ehose publique et du concours qu’ils vous ont prêté?
Je pense que nous n'aurons plus rien ù Taire à 1a police. ,\os troupes resteront autant que possible, je suppose, élran- {,'ères aux arrestations. La commission, si elle en fait, se servira de ses carabiniers.
On dit qu’il y a «les bandes qui entourent le pays et ipii ri'lèvent le drapeau républicain; vous les avez' sans doute recommandées au général Morris.
.Agréez, etc.
Siqiii’ : DF. Raï.nkvai .
(Page
FXTH.MT DU Joumal de home nu H .août 18i9, ,axno>çant i.a DÉDUCTION A 65 l’OUR 100 DF, I.KUD VAI.KUR .NOMl.NALE DES A^sl- ONATS DU COÜVERNEMENT PROTISOIDF, ET DE I.A RÉPUBLIQUE.
La notilication du 3 août, par laquelle certains bons ont été réduits à 65 pour 100 de leur valeur nominale, a l'ourni matière à quelques journaux italiens pour de nouvelles déclamations contre le gouvernement pontifical.
Nous invitons ces journalisles à réfléchir que le papier-monnaie est un des plus grands fléaux des convulsions politiques, i‘t que généralement ce papier a été enlevé de la circulation sans réduction. Souvent il a été entièrement annulé.
Kn France, de 1792 à 1796, il fut émis des assignats pour la somme énorme de 45 milliards et 500 millions de livres, et après diverses opérations par lesquelles ils furent réduits à 800 millions de mandats, ils furent entièrement abolis. (Thiers, flist. de la Révolution, t. V, chap. ii, iv, vu.)
La dette publique qui, en 1797, était de 258 millions par
IMKCKS Jl STIFICATIVES, i9l
mi, fut réduite à 86, et, comme on disait alors, consolidée au liers.
Tliiers, racontant celle opéialion, dit ; « Les inesuies de cette nature produisent, comme les révolutions, beaucoup de dommages. Mais il convient de savoir les souffrir quand elles sont devenues indispensables, i) (Tome VI, chap. i.)
L’Autricbe, en 1810, avait en circulation des billets de banque pour la somme de 1 milliard GO millions de florins, l’ar patentes du 20 février 1 81 1 , elle les réduisit à 20 pour 100. (Tegoborski, des Finances de l'Autriche, t. I, cbap. ii.)
Le Piémont, en 1798, avait en circulation 09 millions de livres de bons de crédit et il millions de monnaie d’alliage. Le gouvernement provisoire, établi par les I•'rançai8, par déci el du 19 décembre de la même année, diniinna des deux liers la valeur du papier-monnaie et d'un tiers celle de la monnaie d’alliage. [Annales d’ Italie, 1798.)
k Rome, en 1798, il y avait en circulation des cédules pour la somme de li millions d’écus. A la mi-février, époque de la proclamation de la République, elles perdaient au cbange de la monnaie 67 pour 100. Les généraux Rertbiei’, d’Allemagne et Macdonald, qui eurent successivement le pouvoir, promulguèrent diverses lois pour les accréditer, les diminuer, les réduire en assignats, etc. Enfin le général Rufressc , par décret du 26 mars lî99, proclama que les assignats ((|ui alors circulaient à 20 pour 100 de leur valeur nominale) cesseraient le 1 mai d’avoir cours de. monnaie, et que les cédules seraient annulées pour toujoms. [Annales d'Italie, 1798-99.)
S. S. le Pape Pie IX, en 1848, autorisa une émission de bons du trésor. Parti de Rome, par un bref du 27 décembre, il déclara nuis, de nulle valeur et de nulle légalité, tous les actes émanés des usurpateurs de ses souverains pouvoirs. •Nonobstant celte déclaration, ceux-ci, pour se soutenir, mirent en ém ssion d’autres bons pour la somme de plusieurs millions. Le Saint Père était en plein droit de les annuler; mais, réfléchissant que l’annulation absolue préjudicierait à beaucoup d’bonnétes citoyens et emporterait avec elle la ruine d’une grande quantité de familles, surtout de la classe la plus indi-
to'i PifiOKS JUSTIFICATIVKS.
gciite et des négorianls, après avoir confirmé dans leur intégrité les bons du trésor, dont il avait autorisé l'émission, il a reconnu et garanti les autres bons successivement émis dans la proportion de 65 pour 100 de leur valeur nominale. Ccl acte, s’il est critiqué par quelques-uns, est loué, par les personnes qui comprennent les affaires d’Etat, comme analogues aux autres actes de semblable iialuré que nous venons d’indiquer. On comprendra facilement de quelle manière l’iiisloire l’enregistrera.
(Patce t»».>
tiEL'X I.ETTtlEs DU GÉSÉBAI, ooniaor AUX CAIlüISiAUX, UEHBRES DE LA COMBISSIOS r.OUVERXEMEÎilALE .
Home, 12 août 18i9.
Messieurs les Cardinaux,
1/armée française doit, pour sa propre sûreté et pour atteindre le but de l’expédition, conserver une action toutepuissante sur la direction de la police. Afin d’obtenir ce résultat, les agents français devront seuls être chargés de la police politique et de celle dite de sûreté. La l'olice purement administrative resterait confiée aux agents du gouvernement pontifical, sous la haute direction du préfet de police.
Pour assurer dans ce sens la marche du serv'ce, il est nécessaire de constituer un personnel distinct. Sera composé ainsi qu’il suit le personnel français:
Le préftd de police, officier supérieur.
Cabinet particulier. — Un chef de cabinet, un interprète copiste.
Secrétariat (fénéral. — Le secrétaire général, un commis d'ordre, un expéditionnaire.
l‘olice de sûrelê. — Un capitaine commandant, quaranlc- Imit agents à pied poui' le service de la ville, quinze agents à cheval pour le service de la campagne, deux garçons de bureau.
A MOXSEIGJiEUR FAVELU, HINISTRE DE l’iSTÉRIECH El DE I.A POLICE DES ÉTATS POSTIFICAOX.
Itome, 16 aoAl 1849.
Monsieur le Ministre,
Je reçois la lettre que vous me faites l'honneur de m'écrire sous la date de ce jour.
Je m’empresse de vous déclarer que les instructions formelles de mon gouvernement s’opposent à ce que l’armée française accorde son concours à des arrestations purement politiques.
Celles que vous jugez utile de prescrire sont entièrement étrangères à la répression des délits communs : si elles ont lieu, ce sera en dehors de l’action militaire de la France.
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