‹ L'expédition de Rome en 1849Chapitre 16 sur 34 · s TOI RK · texte numérisé non relu

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SOUS le nom de Consulte, une chambre délibérante, produit indirect de l’élection,. qui avait mandat de discuter toutes les questions de finances, d’arrêter les comptes et de donner son avis sur la création, l’assiette et la perception des impôts; accordait ou maintenait en fait de liberté-s communales et provinciales, bien au delà de ce que nous avions en France; annonçait enfin une refonte des lois civiles et des institutions judiciaires en même temps que des règles nouvelles de justice criminelle. Que manquaitil donc à ce manifeste pour être ce que nous désirions qu’il fut 7 Deux concessions auxquelles nous tenions d’autant plus que nous avions lieu de les croii e accordées. On avait reculé au dernier moment devant l’attribution du vote délibératif de l’impôt à la Consulte ; en second lieu, on ne disait mot du Code Napoléon. Sur le premier point, on était parvenu à persuader au Saint-Père qu’une assemblée maîtresse des finances le devient tôt ou tard du gouvernement, et .que son indépendance ne serait pas moins menacée que s’il rétablissait le statut pur et simple. ■Mais il était réservé à l’esprit libéral de Pie IX d’accorder en fait ce qu’il craignait de concéder en principe. Nous savons, en effet, par les travaux si compétents de M. de Corcelles, que la Consulte romaine n’a rien à envier à d’autr»;s assemblées quantau droit d'examiner, critiquer et réduire le budget non pas en bloc, mais chapitre par chapitre*.

L’omission de mentionner notre Code civil, tout au moins comme type à se proposer dans les changements

' Voir uoluniniciU le Correspondant ilii iâ janvier 1860.

' DK L’KXl'ÉDlTlOiN DE ROME EX 1849. 5Ô5

Icgislalifs annoncés, indisposa plus vivement peut-être notre gouvernement. Cette omission ne pouvait être que volontaire, car on avait fini par obtenir du Pape une sorte d’engagement : « Vous autres Français, avait-il dit un jour en souriant à M. de Rayneval, vous êtes toujours pressés, vous allez trop vite; nous autres Romains, nous prenons notre temps. Parfois nous en prenons beaucoup, je l'avoue, mais il ne faut pas que cela vous elfraye, ayez patience! Je vais, en attendant, vous donner une. bonne nouvelle ; j’ai voulu faire quelque e.hose d’agréable à la Fiance. Nous avions naguère travaillé à un Code, ch bien! j’ai dit hier qu'il fallait tout simplement prendre pour modèle le meilleur des Codes, le Code Napoléon. Nous avons quelques changements à y apporter; mais c’est chose facile que de corriger après coup les détails des grandes et belles choses. » C’était le 51 juillet que M. de Rayneval transmettait ces assurances a son gouvernement, et ce diplomate est toujours resté persuadé que cette partie du Molu proprio avait subi quelques retranchements après la publication de la lettre du Président. De ce qui était jusque-là une simple et naturelle politesse du gouvernement pontifical pour la France, celte déplorable injonction publique faisait en effet un impossible abaissement.

D'autres prétentions de moindre importance n’avaient pas eu un meilleur sort. Nous avions, par exemple, inutilement conseillé une meilleure division administrative des possessions de l'Église. Il semblait à nos chargés d'aflaires que c’était beaucoup de vingt et une provinces ou

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