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délégations pour un lerriloire qui lenail, sous le premier Empire, dans quatre départements. Mais c’est le génie même de l ltalie qui s'est plu ù multiplier ainsi sur tous les coins du sol les existences distinctes et, comme on dit aujourd'hui, les autonomies. Lqs populations sont disposées là-bas à s<; disputer les parcelles de sojiveraineté comme les particuliers se disputent clici nous les parcelles de propriété. Vingt et une provinces, cela l'ait vingt et une petites capitules, vingt et un délégats ayant sous leui's ordres des gouverneui-s, sous-gouverneurs et une foule innombrable de fonctionnaires microscopiques, tous fort jaloux de leurs privilèges. Outre cette tendance séculaire que l’on dit entièrement elTacée de nos joui's pour faire place à la passion de l'uuité, un gouvernement coenpatissant comme l’est foieément celui des l’apes, se refusait à déposséder tant de petites villes de leur seule importance ; il répugnait même invincibiemeni à supprimer des fonciions, par riionnèle l’aison que c’était en priver les fonctionnairi;s. On avait fini par croire à Rome que l'État n’avait plus rien à voir sur les emplois qu’il avait donnés. C'était de tradition plus paternelle sans doute que gouvernementale. On jouissait des charge.^ publiques cl souvent on en héritait, paisiblement, incontestablement, comme d'un patrimoine. Elles formaienl ainsi, au profil d’une classe à qui manquait dés lors le stimulant de l’ambition ou de la crainte, comme une nouvelle catégorie d'immeubles par destination. La surveillance supérieure se trouvant dénuée de sanction efticai;e, les affaires étaient exposées à languir ou restaient
DE L’EXI'ÉDITIOX DE Kd.ME EN ISV.i "V.
livrées à l’arbitraire et à la corruption des siiballcriies.
A ce pouvoir pontilical, si dérisoirement taxé de tyrannie par les séïdcsdu terrorisme révolutioimaiie, onaurait beau jeu de reprocher sa faiblesse, fe qui a trop souvent manqué aux Romains, c'est moins la liberté que le gouvernement; c'est moinsd'avoir été maîtres de leurs deslim'vs que d'avoir en un prince qui ait voulu régner.
Or ce n’est pas le Pape qu'il faut louer ou accuser d’éli e «lébonnairc, c’est la papauté. Elle aime si véritablemenl ses sujets comme sî*s enfants, qu’on lui a reproché quelquefois de ne pas les liaiter assez comme des hommes.
Isolée, par les respects qui lui font cortège et plus près, dirait-on, du Dieu qu’elle représente que du peuple qu'elle administre, c est pour elle que semble avoir été invenlé, non peut-être le régime parlementaire, toujours % tenté d’empiéter sur les droits du souverain', mais à coup siir le régime municipal, qui remet eu réalité au pays luiméme le gouvernement de ses intéréis. Ce régime avait été celui des États de I Kglise jusqu’à l'ére de cenlralisalioii administrative inaugurée par la conquête frau(,aise et si malheureusement respectée à la rentrée de Pie VII.
Kn contribuant à remettre les communes des États ive inains en possession de leurs franchises traditionnelles, nos diplomates réparaient les torts de la France à une époque de folle conquête, et auraient assuré le règne paisible de la papauté, si pareil espoir pouvait être permis à aucun des gouvemements de notre temps.
Ën résumé, quoique ne donnant pas pleine satisfaction à toutes nos espérances, le .Wo<« pro/wio avait fini par
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tMre accepté dans le monde politique tout au moins comme rexccllent point de départ d'espérances plus irrandcs. Il n’en était malheureusement pas de même du décret d’amnistie. On a vu que nous lu dcinandions absolue et générale, sauf des exceptions nomiiLatives. Les conseilici's du Quirinal trouvèrent plus habile de remplacer les noms par des catégories et de menacer des suspects au lieu de frapper des coupables. Malheureusement les suspects étaient nombreux. C'étaient, pour commencer à l’origine même de la révolution, les membres du gouvernement provisoiic formé aprèis le 1(5 novembre, puis les membres de l’Assemblée constituante qui avaient pris part à ses délibérations, puis les membres du triumvirat et du gouvernement de la Ilépnblique, puis les chefs de cor|»s militaires, puis tous les amnistiés de ISlü, qui avaient manqué à leur parole en prenant part aux derniers soulèvements; puis enfin ceux qui, outre les délits politiques, se seraient reiidns conpablcs de délits atteints par Tes lois pénales en vigueur. Sous tout autre gouvernement que le gouvernement pontifical, une énumération à la fois si longue et si peu précise des individus exclus du bienfait de l’amnistie aurait servi de prélude aux plus implacables vengeances. Metnbres du gouvernement, chefs de corps militaires, quelles expressions d’un vague plus elfrayant à introduire dans une loi pénale ! Un ministre au modeste employé de bureau, on peut être qualifié de membre du gouverni*ment ; du général au sous-olticier on est plus ou moins chef de corps. L’Assemblée constituante n'avait pas
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« oinplû moins de eciU quarnntc membres piésciils aiix séances. Quant aux relaps de la glorieuse amnisiie de I8i0, fort justeiiienl mis en deliors, suivant nous, de celle de 1840, ils n'étaient pas moins de sis cents sur seize cents, qui avaient accepté leur paidon et communié de la main de Pic 1\. En réunissant à ces diverses catégories celle toujours exceptée des délinquants oïdinaires, on serait arrivé certainement à un total de plusieurs milliers de citoyens laissés sous l’inquiétante responsabilité de leurs faits et gestes pendant la période révolutionnaire.
Or, veut-on savoir combien il y eut de jwui'suites hitentées après cette terrible notilication du 18 septembre? trente-huit, pas une de plus ! Encore les personnes décrétées alorsd’arrestation reçurent-elles toutes des passe-ports français, et quatorze avec des subsides* pour les aider à faire le voyage. Un plus grand nombre, il est vrai, avaient pris les devants sur l'amnistie et avaient fui, un mois avant, les recherches du comité de censure créé par les trois cardinaux. Ceux-là reçurent l’avis, dont ils n’avaient nul besoin d'ailleui’s pour régler leur conduite, qu'ils ne
' Voit pour ces (lélails trop ipiioiûs le curieux et irrériilahle cuin|>le rendu Je M. de Conellc, <lnii8 le Corretpondant Ju 25 juilicl 18.‘>0. Sous disons compte rendu parce que M. de Coreellc ne fait que raconter ce qu’il a vu. 4 Vingt constituanta, .i-t-il écrit, ont été embarqués pour la Kniice ou pour la Piémont, le i" octobre; quinze compromis sont partis jiar le paquebot du 5, et trois autres un peu plus tard. La catégorie des chefs de corps ii a donne lieu qu’à deux départs; celle des amnistiés récidivistes s'est réduite à un seul. Nous ne comptons point dans ce petit nombre ceux qui avaient commencé par s’exiler Tolontaireinent, et qui reçurent interdiction de revenir clans les domaines du Saint-Siège, a
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pouvaient repasser la frontière, et là s’est Ijornèe cette réaction papiste de 18 dont on a fait si grand bmit dans la presse de Piémont, de France et d'Angleterre. Ne valait-il pas mieux inscrire de suite ces quelques noms sur une liste à part, puisqu’on aurait cru dangereux de les ignorer, et donner tout d'abord en parole la gnice généreuse qu’on devait donner en réalité? Qui eût osé signaler dans ce fait un excès de rigueur? Est-ce l’Autriche, qui excluait quatre-vingt-six noms en Lombardie? Est-ce le Piémont, dont le drapeau, qui ne connaissait encore que l’humiliation généreuse de la défaite, cachait déjà les futurs vainqueurs d’Ancône et des Abruzzes, et qui • n’avait accordé aux Génois rebelles qu'une amnistie avecdix exceptions nominatives*? Est-ce la France, qui nourrissait en Afrique toute une colonie de déportés sans jugement, que le coup d’État du 2 décembre allait rendre plus florissante? Est-ce l’Angleterre, qui pendait ses protégés des îles Ioniennes, entassait ses chai-tistes pour l’Australie, forçait deux millions d'Irlandais à s’expatrier sous peine de mourir de faim, et se préparait à dépasser contre scs sujets révoltés de l’Inde les horreurs des plus épouvantables guerres civiles?
Loin de nous cependant la pensée de nous étonner ou de nous plaindre de ce que l’esprit public ait accablé
' Im GateUe piéuumUttte du âûjuillcl 184U publiait leurs noms. C'ûuieat Jusopli Avczzaiia que nous devions retrouver derrière les barrieades de Hume, le marquis Cambiaso, l’arocat Campanella, l'avocat David Morebio, l'avocat Lauoli. r.nvoeal Pcllegrini, Costentino KeU, Nicolo, Bursini, Joan-Bapliile Albertini. Ces eiclus de l’arinistie restaient tous sous le coup d'une condamnation à iiioit.
tout d’abord de sa défaveur une amnistie qui semblait retirée en môme temps que donnée! Ce fut la faute, et la faute sévèrement expiée du gouvernement romain de cette époque, de susciter ainsi les apparences contre lui et de vouloir se poser en impitoyable, quand il fesait à peine le nécessaire pour se défendre! On se hâta de le prendre au mot avec ses restrictions qui menaçaient à peu près tout le monde, et l’on ailirma dans les journaux que tous ceux qui n’étaient pas compris dans l’amnistie seraient persécutés et condamnés. Comment deviner en effet qu’un gouvernement allait se contenter de prévenir solennellement ses adversaires qu’il leur refusait le pardon? Comment croire qu’il se bornerait à faire peur, après avoir annoncé qu’il voulait faire justice ? Ce sont-là des procédés de pensionnat qui peuvent produire quelque impression en Italie, mais que dédaigne une politique plus éclairée. Nous rions des Chinois qui s’attendaient à voir reculer nos soldats devant de grotesques images de supplices peintes sur leurs remparts : la loi, la loi romaine surtout, qui n’a pas perdu sous les papes le droit de s’appeler la raison écrite, ne doit jamais passer pour un puéril épouvantail.
L’amnistie des trois cardinaux ne fut en réalité pas autre chose. .Elle ne donna aucune sérieuse garantie au gouvernement restauré, mais elle fournit de terribles armes à la prévention publique. La rédaction de cet acte fut-elle influencée comme celle du Motu /woprio par la lettre à Edgard Ney? Nous ne saurions ni le révoquer en doute, ni en apporter la preuve. Sous celte alTeclation à
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rappeler dans im ade de clémence qu'on ne renonce pas aux droits de la justice, se trahit visiblement une préoccupation d'indépendance à l'endroit du premier des consuls dictés par le. Prince-Président.
Nous ne comprendrions pas, à vrai dire, pourquoi le Pape serait moins jaloux que tout autre souverain de paraître n'obéir, surtout en faisant grâce, qu'aux inspii-ations de son cœur. Il y a mallienreusement d’autres pi-oscrits, de par le monde, que les proscrits des Ktats Romains. Que la diplomatie demande donc au czar de rendre une patrie à ces milliei’S de Polonais qui ont déjà subi trente ans d'exil au milieu de nous, pour avoir osé • réclamer en 1851 les promesses de 1815 ! On ne l'a pas osé on 18.')0, alors que la Russie était vaincue, et que la l'rance et l'Angleterre siége;»ient en victorieuses au Congrès de Paris. Est on curienx de savoir pounpioi?» Quand nous avons vu, répondait loixl Palmerston aux reproches de lord Lindhursl, que toute démarche de notre part donnerait lieu à de fâcheuses interprétations en Russie ; qu'on nous soup(,«nnait de vouloir intervenir dans les . actes de clémence que l’empereur de Russie a droit d’exercer à son loisir, et qui eussent perdu de leur mérite si on les avait crus accordés à l’instigation des puissances, les gouvernements français et anglais n’ont pas dit un mol de la Pologne '. »
Admettons, en effet, qu’il ne diU pas être dit un mol de la Pologne, bien (|uc sa cause aurait été légitimement
' Séjncc de la Cleimluc des lordi du 11 juillet lS.Vi.
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appeler;, puisque la Russie eoinparaissait devant I Kurope : on nous accordera, tout au moins, que les Étals Romains n'avaient aucun litre à se croire justiciahles de l’alliance lorinr'^e en vue de la question d’Orient entre la Krance, l'Angleterre et le l’i/'mont. Or, qui nous révélera pourquoi il en fut tant el si hostilement parlé? A quelle nécessité, à quel danger public, à quel intérêt, à quel prélexte, à quelle pensée machiavélir|ue répondait cette initiative insolite qui devait aboutir en trois ans à la dépossession du Râpe par Victor-Emmanuel? Pourquoi de si délicats ménagements envers le czar et une si brutale mise en demeure vis-à-vis du Saint-Pérc? Etait-ce parce qu’au moment où le sort restait indécis entre les deux camps, et où le poème de la guerre de Troie semblait prêt à recommencer sous les mui's de Sébastopol, Rome avait solennellement prié pour notre victoire? Ou serait-ce tout misérablement parce que roppressenr de la Pologne est un des plus puissants monarques de la terre et que le Souverain pontife est un des plus faibles ?
Quoique riiistoire puisse dire plus lard de ce mysléie, constatons qu’en dépit des appréhensions de son entourage, et des termes du décret d’amnistie, i’éme du Pontife était toute à la miséricorde. Elle n’avait pas changé depuis l’acte du lll juillet ISif»; c’était encore la paix du cœur, comme il disait alors, qu'il voulait offrir à ses sujets égarés. Aucun dépit, aucune amertume ne troublaient la sérénité de son âme, quand il était question devant lui de ceux qui l’avaient le plus odieùsemenl trahi. Dans ses conversations comme dans scs actes pn-
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blics, il ne parlait des Romains qu’avec la tendresse et l'inquiétude d’un père éloigné par force de ses enfants. Livré à lui-môme, Pie IX ei'it sans doute fait rechercher et punir quelques misérables, tels que les assassins de Rossi et ceux qui avaient massacré des prêtres dans le cloître de Sainte-Calixte, mais il eût couvert tout le reste du plus généreux oubli. Pardonner, c’était céder à son cœur ; s’engager à pardonner, c’était céder à des exigences étrangères impérieusement formulées devant son peuple : il préféra accorder le pardon et refuser l’engagement.
« Aucune vengeance, écrivait sept ans plus tard M. de Rayneval, qui n'avait pas cessé de représenter la France auprès du Saint-Père, n’a été exercée contre ceux qui ont provoqué la chute du gouvernement pontifical, aucune mesure de rigueur n’a été adoptée contre eux. Le Pape s’est contenté de les priver du pouvoir de mal faire en les bannissant du pays. Aucun emprisonnement, aucun procès n’a eu lieu, si ce n’est exceptionnellement par suite de l'obstination de certains individus qui, insistant pour qu’ils fussent jugés, ont été condamnés et punis par la remise d’un passeport *. » C'est ainsi qu’au rebours de tant de souverains auxquels l’histoire reproche de n’avoir été prodigues que de leur parole. Pie IX peut se vanter d’avoir donné plus qu'il n’avait promis, en fait de clémence comme en fait de liberté.
' Rapport de M. le comte de Rayneval, à M. le comte Walewski, ministre des aflàirei élranitères de France. (14 mai 1856.)
Celle brùlanlc queslion du Motu proprio et de l’amnistie, qui se déballait avec tant de bruit dans les journaux pendant les vacances parlementaires, allait enfin être portée devant l’Assemblée. La lettre du Président de la République, insérée depuis un mois au Moniteur, semblait devoir figurer au débat comme pièce principale. Épreuve redoutable pour la majorité législative ! Adopter le programme napoléonien, c’était rompre de suite avec le Pape et les puissances catholiques réunies à Gaële; c’était priver la République tout à la fois de l’appui du clergé, et de l'adhésion de l'Europe, c’est-àdire d’une des principales forces de l’ordre au dedans et de la seule garantie de paix au dehors. D’un autre coté, repousser par un vote formel l’initiative prise avec tant d’éclat par le Prince-Président, c’était risquer la guerre enli'e les deux pouvoirs, et jeter l’élu du 10 décembre dans les bras de ses plus dangereux conseillers. Les représentants se partageaient entre ces deux résolutions extrêmes ; la première vivement recommandée par les familiei's de l’Elysée ; la seconde adoptée, quoique à regret, par beaucoup de bons esprits; l’une et l’autre répugnant également à cette masse intelligente et modérée qui a formé, sous tous les régimes parlementaires, comme le centre de gravité du gouvernement.
Restait un seul parti à prendre, difficile sans doute, mais possible, si l’on pouvait compter tout à la fois sur la sagesse de la majorité et sur le désintéressement du Président. Ce parti consistait à considérer la lettre à Edgard Ney comme un document personnel, extra-officiel tout au
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moins, que la représenlalion nationale n’avail point à condamner sans doute, mais quelle n’avait pas non plus à répéter comme la formule obligée de sa politique. En un mol, entre les périls pi'csque égaux de l'adoption ou du rejet catégorique de cette lettre, précédés du scandale inévitable de la discussion, les chefs de la majorité avaient conseillé le silence. Le plus sûr moyen de ne l’approuver ni de la combattre, c'était évidemment de n’en rien dire. On serait toujonra à temps, avaient-ils pcns<'‘, de répondre individuellement aux provocations qui ne manqueraient pas de venir de divers célés: mais on refuserait énergiquement, au ministère comme à la Montagne, le droit d’engager l’Assemblée pour ou contre les intentions du Président.
Telle n’était pas malbeureusement l’opinion qui dominait à l’Élysée. Aussi n’épargnait-on aucun effort pour obtenir de M. Tliiera, chargé de faire le rapport sur les civdils extraordinaires demandés pour le corps expéditionnaire de la Méditerranée, qu’il confondit dans une mémo approbation la lettre et la politique suivie jusqu’à ce joui par le gouvernement. Rien ne put décider cet homme d’Élat à une imprudence qui eut retardé peut-être de plusieurs années le retour du Pape dans sa capitale Moins que personne, sans doute, il eût approuvé de voir rétablir à Rome une administration trop défectueuse. Nous avions le droit déconseiller le .'‘'aint-Pére, de le conseiller respectueusement, quoique avec insistance: mais des conseils donnés en plein .Veni/ewr lui semblaient d'injustiliables réprimandes. En principe, notre droit d'irn-
liK L KXI'fililTin.N 1>K KOMK EN 1849. 3ir. poser quoique ce soit à un souverain indépendant était nul. En fait, quelle plus lourde faute pouvions-nous commcttie que d’aller affaiblir un gouvernement que nous avions considéré- comme un devoir de relever? Si par impossible il venait à céder, ne voyait-on pas que la 'responsabilité de l’expérience retomberait sur nous?Etionsnous jaloux de voir ses embarras, ses dangers, devenir les nôtres, et de sacrifier ainsi, pour une vaine recberebe de popularité, le mérite de notre expédition devant l'Europe et le fruit de notre politique devant la catholicité? Un jour, entre autres, M. Thiers avait répondu avec une franchise intraitable à la question directe de savoir ce qu'il pensait en définitive sur ce grave incident de la lettre : « Je pense qu’il est des plus fiieheux, et que le mieux à souhaiter serait que le public pût l’oublier; mais pour cela il faut commencer par l’oublier nous-mêmes! »
C’est l'exemple qu’il ne craignit pas dedonner pour son compte dans son mémorable rapport du 1 3 octobre. Ue.s motifs et surtout les conséquences de notre intervention lui parurent les seuls sujets à traiter utilement devant r.\s.scmblée. Parmi ces conséquences, les unes étaient déjà réalisées, les autres seulement en espérance. Les premières étaient-elles bonnes, honorables, conformes au but qu’on se proposait? Que désirer encore pour que les secondes répondissent aux intentions que l'Assemblée avait eues en ordonnant l’expédition? Tels étaient les seuls côtés du débat (jueM. Tbiers consentit à abordiT.
Ici nous demandons la permission de déroger aux habitudes des précédents chapitres, et de remplacer l’ana-
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lyse de ce document par le document lui-méme. Le nom dont il est signé, ceux des membres de la commission dont il exprime l’opinion', l’énorme majorité qui l’a consacré de son vole, les graves conséquences gouvernementales qui en sortirent au bout de peu de jours, tout le désigne comme l’événement de celte époque et comme la pièce principale de ce récit. C'est la vraie politique de la France dans la question du pouvoir temporel des Papes, mise en lumière par l’homme d’Élat le plus populaire du parti libéral et sanctionnée par l’Assemblée la plus librement élue que la Prance ait jamais connue.
... Lorsqu’il y a trois années, dit M. Thiers au nom de la Commission, un noble pontife, si cruellement récompensé (le s(’s intentions généreuses, a donné du haut du Vatican le signai des réformes politiques et sociales aux princes italiens, tous les hommes éclairés ont fait d(>s vœux pour que l’Italie entrât avec pnidencc dans la voie qui lui était ouverte par lie IX; quelle j marchât avec mesure et avec suite; quelle ne compromit pas encore une fois scs destinées par une imprudente précipitation ; que, dans quelques-uns des États qui la composent, elle se contentât de réfoi inc’s administratives, moyen de se préparer plus tard aux réfoi ines politiques ; que, dans les plus avancés d’entre eux, elle ne songeât pas à dépasser les limites de la monarchie représentative, dont elle était à peine capable de supporter les difficultés; que dans tous elle prit des habitudes de concorde et d’union, de manière à se procurer, à défaut de l’imité italienne qu'il ne dépimdait pas d’elle de se donner, les avantages d’une forte confédération ; et que surtout (die ne tentât pas imprudemment une guerre
• Celle commission ét»il composée de MM. Molé, pr/tidetU, de Droglie, de MonUlembert, d'Heulpoul, Bcugnol, Cassbiancs, Janvier, de la Moscowa! Chaper, Hiilw-rt Delisie, de Lngrénée, Thuriol de la Rosière, Victor Hugo et Thiers, rapporteur.
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d’indépendance, "uerro inU*mpeslive, sans espérance pour elle, laiit que l'Europe n'aurait pas le malheur d’être engagée dans une guerre générale ; et enfin, que si cette guerre d’indépendance naissait de circonstances plus fortes que la volonté des hommes, tous les Italiens, unis à leurs gouvernements, renonçassent à de misérables discordes intérieures, pour accourir sur le Pô et sur l’Adige.
Tels étaient, disons-nous, les vœux des hommes éclairés, amis de la vraie liberté, amis surtout de cette intéressante et belle Italie, qui est pour tous les esprits élevés une seconde patrie. Et ces vœux ne sont pas de ces vœux formés après coup, fruits d’une prudence tardive, qui ne s’éclaire qu’aprés les événemi'uls; mais ils ont été formulés à cette tribune, quand elle s’élevait dans une enceinte voisine, en présence d’un trône qui n'est plus, et quand nous étions tous pleins d’espérance h l'aspect d’un mouvement général, qui s’étendait de Naples à Berlin et à Vienne, et qui malheureusement, au lieu -des bienfaits qu’il promettait, n’a donné que des tempêtes. (Nombreuses marques d’approbation à droite.)
Une faction désordonnée, qui a mis la satisfaction de ses p.assions bien au-dessus de l’intérêt vrai de sa cause, s’est emparée de l’Italie et l’a précipitée dans un abîme... (Vives dénégations à l'extrême gauche.)
Une voix. Ce n’est pas vrai !
A droite. Si! si! — Très-bien! très-bien!... — C’est trèsvrai ! c’est de l’histoire ! instruisez-vous.
M. Antony Thodrf.t. Une faction fondée sur le suffrage universel en France ! (Adhésion à gauche.)
M. Vast-Vimedx. C’est une question bnilante sans doute; mais écoutez le rapport, nous n’en sommes pas à la discussion.
M. LE Bappobteuh. Partout elle a excité les peuples à demander des institutions sans rapport avec l’état des esprits et des mœurs, elle a poussé jusqu’à la forme républicaine des populations qui étaient dans ce moment incapables de s’élever audessus des libertés municipales et provinciales. Elle a fait plus: elle a commis la faute qu’il fallait le plus redouter, celle qui devait tout perdre ; elle a provoqué intempestivement la guerre