‹ L'expédition de Rome en 1849Chapitre 22 sur 34 · I.E MI.MSTnE DES AFFAIIIES ÉTR.VAGtnF.S AC GÉ.VÉRAL EK CHEF · texte numérisé non relu

I.E MI.MSTnE DES AFFAIIIES ÉTR.VAGtnF.S AC GÉ.VÉRAL EK CHEF

10 mai 18t0,

Général,

l.e gouvernement de la République approuve pleinement la détermination que vous avez cru devoir prendre d’inviter le commissaire, envoyé au nom du Saint-Père, à Civita-Vecchia, de ne pas y prolonger son séjour,

11 est évident que dans l’état des choses, la présence de ce fonctionnaire ne pourrait avoir que des inconvénients.

L’intérêt des combinaisons politiques auxquelles se rattache l’expédition que vous dirigez, celui de la sûreté de nos troupes

PIÈCES JUSTIFICATIVES

MOUS l'onl une loi Je ne pas pcrineltre, lant que le but ne sera jias atteint, qu'il s’orijmiisc en deliors de notre influence, sur le territoire que nous occupons, des centres d'autorité qui pouiraiont, même involontairement, contrarier notre action et en compromettre le succès. J’écris aujourd’hui même à M. de Lesseps pour lui recommander d’user, dans ce sens, avec les ménagements que comporleroiil les circonstances, des pouvoirs qui lui ont été confiés.

Je lui recommaude également de se concerter avec vous sur toutes choses.

Agréez, etc.

( Pace f

M. DK KOIUIIS-JA.VSO.N, CHARGÉ d’aFFAIBES UK I.'aMDASSADF FRAKÇAISK A ROMK, AU GÉ.VÉRAL OL'DI^OT.

Home, le 20 avril 1840.

.Mon général,

.M. le lieutenant-colonel Leblanc est arrivé celte nuit à onze heures. Il s'est rendu immédiatement chez moi et m'a communiqué les instructions par lesquelles vous lui prescrivez de s’entendre avec moi pour toutes les mesures à prendre dans l’intérét de notre expédition.

Nous nous .sommes aussitôt rendus à la résidence des triumvirs pour leur faire part des intentions du gouvernement de la Uépublique. MM. Mazzini et Safli nous ont reçus. Leur collègue Arniellini, le plus modéré de tous, était absent. J’ai exposé à ces messieurs quelles étaient la position, les intentions conciliatrices du gouvernement et le but pacifique de l’intervention française. Le colonel Leblanc a rapporté à son

l'IKCKS JUSTIFICATIVES.

tour tout ce dont il avait clé témoin à Civita-Vecdiia, le cléhar- (lueiiieiit (le nos troupes, l'accueil amical des autorités, de la troupe cl de la population tout cniière. Nous nous sommes ensuite. efforcés de convaincre .M. Mazzini, qui avait dans la discussion le rôle principal, des avantages qu'il y avait pour Home à suivi-e l'exemple de (iivila-Vecchia et de l'inutilité trime résistance à latpielle la population ne s’associerait pas, mais qui pouvait donner aux anarchistes une occasion de ti’ouble et d’excès déplorables. Nous avons insisté de nouveau sur le caractère libéral et national de rinteivention , sur rimmense sei vira: qu’elle rendait à l'Ktat romain en prévenant l'invasion napolitaine, en empêchant l'inllucncc de l'Autriche d’y dominer comme par le passé, sur les garanties qu’on stipulerait certainement en faveur d’un régime constitutionnel, sur le désir im'^mc de la France de lai.sser la question intérieure se résoudre par l’expre.ssion .spontanée du vœu des populations; mais en vain. M. Mazzini ne s’est point rendu. Nous parlions à un homme qui a pris son parti, et qui remplira son rôle jusqu’au bout, coi'ite que coi'ih*. La conclusion a été qu'il ferait part aujourd'hui même à l’Assemblée de notre communication et <|ue, si le vote de lamajoi'ité des représentants était conforme à son opinion personnelle, lu Itépublique romaine résisterait par tous les moyens et jusqu’à l’extrémité. L’Assemblée est réunie en ce moment et l’on y discute en comité secret la question posée par le triumvirat.

Deux motions ont été faites : h première, appuyée par le triumvirat et la partie la plus exaltée de l'Assemblce, propose d’adopter, dès ce moment, tous les moyens de résistance par la force; l’autre demande que les Fraïujais soient accueillis en frères, en amis, mais à la condition <|u’il soit bien reconnu (|ue la France ne veut pas imjm.n’r au pays une forme quelconque de gouvernement. J’attends le résultat du vote, et j’espère vous le transmettre en post-scriptum.

Une assez grande agitation régne aux alentours de l’Assemblée. I.e peuple est impatient de connaître h's décisions qui seront prises. Le P. Ventura, que son caractère de prêtre, ses • onviclions libérales et ses liaisons avec un grand nombre de

PIÈCES JUSTIEICATIVES.

rpprtheiilaiils rondonl Irès-propre au rôle de coiicilialeur, a ôlô trouver de nia pari M. Slurbiiielti, l'un des personnages les plus influents du parti dêinocraliquo modéré cl l'un des plus importants, puisqu'il est à la fois général de la garde civique et chef de la municipalité romaine. M. Slurbinetti, interrogé sur les dispositions de la garde civique, a répété au P. Ventura ce qu'il a déclaré aux triumvirs enx-mémcs, que la garde civique, s'ali.steuail almlumenl dau.i la quc.>ition de l'intervenlion franraLte; quelle ne preudrail }>art à aucune tentative de résistance; quelle se bornerait éi maintenir dans rinlérieur de Home l'ordre public, et « réprimer tout excé’s de réaction et toutes violences. Les dispositions du corps des carabiniers sont les mémos. Ils sont même pour la plupart favorables au retour du Pape et tiennent on poche sa cocarde, n’atlendanl qu'une occasion pour la produire.

En résumé, mon général, la résistance que Mazzini et son parti peuvent tenter ne s'appuie que sur trois ou quatre cents étrangers et les énerguménes du cercle populaire. La population ne les secondera pas dans leurs efl'orls désespérés; mais, timide, par nature, elle ne se livrera aux manifestations, que nous nous efforçons de provoquer, qu’alors qu’elle apprendra que vous marchez sur Home. Ce parti que vous propose le colonel Leblanc me parait le plus propre ù nous faire atteindre notre but. C’est aussi mon opinion, et je vous la soumets. II me semble que vous devriez vous faire précéder d’une nouvelle proclamation adressée aux Romains, et dans laquelle les termes qui peuvent blesser leur amour-propre très-irritable, seraient évités avec soin. 11 faudrait aussi, pour qu'elle produisit tout son effet, insister sur le but de notre intei-venlion, qui est de prévenir celle des Autrichiens et de Naples, parler de garanties, etc., etc.

Veuillez agréer, mon général, l'assurance de ma très-haute considération.

N. Fonain-JAftso.x.

P. S. L’Assemblée vient de décider qu’on se battrait à outrance. Des ordres ont été donnés dans ce sens. Ils fortillenl

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la position du Monte Mario, près de Uonie. Us y ont dix-neuf pièces de canon. Ils ont mis en rècpiisilion tous les chevaux. Des barricades ont été construites à la porte Cavallegieri et à celle de .Saint-Pancrace. Mais, je le répété, tout cela est pour la forme, et ces velléités de résistance se dissiperont é mesure que vous aiiproclierez. Je dois ajouter, mon général, que la sécurité des nationaux et des établissements fi ançais est fort inté?’e-ssée à votre promple arrivée.

.\>iit\ss.vuE DE rn.\xcE a iiome

nuitio, ‘2C avril

■Mon général,

L'Assemblée romaine et le triumvirat semblent frappés do vertige. Voici de quelle manière les triumvirs portent à ma connaissance les déterminations prises dans la séance de ce jour :

* L’A.sseinblée vient de décider à runaiiimité en ces termes : Sur iexposii que le triumvirat nous a fait, nous coulions au triunivirnt la mission de sauver la llrpublique et de repousser la force par lu force. En vous donnant connaissance de cette décision, lions regrettons vivement que renvabissenient soudain C( avec tous les caractères d'une hostifté non provoquée, opérée par le général fr.niç;iis sur notre territoire, enipècbe temporairement la conciliation (pi'une initiative plus paciiique aurait pu amener. C'est avec une vraie douleur que nous nous trouvons forcés à une collision contre la France, que nous aimons et dont nous apprécions l'amilié. .Agréez, etc. Le TniCMviRAi. »

Voilà comme ces messieurs répondent à nos inénageinenls, à nos assurances et aux efforts que nous faisons pour ménager leur amour-propre.

Conformément à cette décision, l'on fait quelques préparatifs de défense. Des barricades sont construites aux portes Cavallegieri, Portèse, Saint-Pancrace et Angelica. Les troupes

iôS

PIKCrS JUSTIFICATIVES.

romaines se mettront demain matin en campagne. Le ministre

de la «uerre Avezzaua les commandera.

Huit mille rations di‘

vivres ont été comm nidées.

Les troupes consistent en :

1,000 hommes.

Infanterie, sapeurs.

colonel Am.vdei.

■— ligne,

DE I‘a.sqcalis.

— volontaires.

.Masi. •

Légion romaine.

Gvleotti.

Vicentins,

Giiando.m.

Civique mobilisée,

Saevati.

Carabiniers,

général Galetii.

Cavalerie, dragons.

colonel Salicf.ti.

bOO —

Artillerie, dix-neuf jùéces de

12 et de 0.

On n civô aujotird’luii dix-ninif officiers supt-rieurs, pour lu plupuiT Génois et Eoinliurds. En tout huit mille .sept cents Iwmme.s. I,cs caraliiniers sont disposés à ne point ajrir. légion romaine n’est pas plus bellitiueusc, à ce que l’on m’assure. Tons ces cor|is, en général, sont peu aguerris et peu discipliiiés.

Si tout ce mouvement n’est point une comédie, il pouria coûter cher aux nomains. Si je pouvais éineltre un avis en pareille matière, j’insisterais, mon général, ]iour que nos troupes lissent un mouvement eu avant, au moins jusqu’à l’alo. Vous jugerez peut-être aussi qu’il .veroi/ important pour nous d'occuper Home avant tout mouvement des Autrichiens ou des Napolitains. La nouvelle d’une intervention de leur part, ayant l’apparencc de se combiner avec la nôtre, ne pourrait que produire un mauvais effet en exaspérant le parti de la résistance. Des bniits de ce genre se sont déjà répandus, mais sans fondemenl.

MiiiiiiL

La communication que nous avons fiiile hier au triumvirat, M. Geblanc et moi, ayant été mal interprétée et inexactement reproduite, un giand nombre de pei’sonnes, dans un but de

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 4.V i

conciliation, ont enga^i’ M. Leblanc à adresser au présideni même de l’Assemblée une reclificalioii. Le colonel s’y est prêté et la rectificiilion, dont la copie est ci-jointe, devait être commuiii(|uée à rAssembléc dans sa séance de nuit. Nous en espérons un bon effet. MM. Rusconi et l’esrantini feront, de leur côté, tout ce qu’ils pourront pour ramener les représentants à des dispositions plus raisonnables. La chute du triumvirat, ou tout au moins la retraite de M. Mazzini, suivrait probablement de très-prés ce revirement de l’Assemblée. Une commission municipale déviait prendi’e sa place. Je travaille à assurer ce résultat, mais sans avoir jusqu’ici beaucoup d’éléments de succès.

Veuillez agréer, mon général, l’assurance de ma très-haute considération.

N. Foiibi.n-Jansü.n.

( P«ce IIS. )

l'ROTEsIATIO.V Dü CHEF DE BATAIU.ON PICAnO, m.' SfU UE I.IG.MC, CONTRE I.ES ASSEBTlOaS DE LA PRESSE ROM UNE, REPROnCITES PAR I.F.S JOURNAUX DÉMOCRATIQUES FRANÇAIS.

lÜvmiAc (te Sanln-I’a'sera. ÏS mai ISi

Mon général.

Par le rapport que j’ai eu l’honneur de vous adresser, vous avez déjà connaissance de la protestation que j'ai envoyée, le i*' mai, au ministre de la guerre de Rome, contre la conduite déloyale des Romains envei'S deux cent cinquante Français, tombés traitreuseinent en leur pouvoir, dans lu journée du ÔO avril.

Au nom de ces Français, officiers, sous- officiers et soldats, je proteste de nouveau contre les exagérations llagranles et les

UO PIÈCES JUSTIFICATIVES

insinuations malveillantes et calomnieuses dirigées contre nous.

L'énumération en serait longue et inutile ; mais je dois m'allaclier spécialement à celles qui seraient de nature à scuiller l'honneur niililaire et le drapeau de la France.

Malgré les séduclions de toute nature qui ont été tentées, aucun officier, sous-oflicier ou soldat n'a demandé ni accepté de service dans l'armée romaine.

Le fait suivant n'a nul besoin de commentaires. Deux cent cinquante Français sont tombés au pouvoir des Romains le 30 avril; tous, sai s aucune exception, sont sortis de Rome le 7 mai pour rejoindre leurs frères d'armes. — Quelques blessés seulement sont restés dans les hôpitaux de Rome.

Il est iléplorable que des journaux fiançais aient accueilli légèrement, sur le dire de quelques folliculaires romains, des bruits calomnieux que l'on peut facileincnt convaincre de mensonge et d'exagération.

Je proteste avec toute l'énergie de ma conviction contre le prétendu acte notarié, fait et publié par un sieur Paradisi, à la suite d'une simple conversation que j’aurais eue avec lui.

Je dois dire que, le 7 mai, le gouvernement et la population romaine nous ont donné de nombreux témoignages apparents de syinpalhie; mais la perfidie de ces démonstrations était évidente pour tout le monde.

J’ai appris, après ma captivité, qu’on s'était servi de mon nom pour séduire mes ofliciers et mes soldats, dont on m’avait séparé, et pour les détourner de leur devoir. Je vous l’ai déjà dit, mon général, tous ont résisté. La Franco peut être fiére de la discipline et du courage que ses soldats ont déployés.

Veuillez agréer, mon général, l’assurance de mon respect profond et dévoué. A. Picard.

PIÈCES JUSTIFICATIVES

(Pa«e flsa.)

I.F.TTnE IlU rilÉSIDE.NT DE I..\ l;ÉPl'nUQCE AD f.É-AÉl.AL ODDI.NUT APRÈS l'aEPAIIIE DU TlO AVIUL.

Èlysre nalional, 8 mai 1849.

Mon cher général,

La nouvelle télégraphique qui annonce la rési>tance iinpiévue que vous avez trouvée sous les murs de Rome, m’a vivement peiné. J’espérais, vous le savez, (|ue les habitants de Rome, ouvrant les yeux à l’évidence, recevraient avec empressement une armée qui venait acconi|ilir chez eux une action bienveillante et désintéressée. 11 en a été autrement : vos soldats ont été reçus en ennemis ; noire honneur militaire est engagé; je ne soulfrirai pas (pi’il reçoive aucune allcinic. Les renforts ne vous manqueront pas. Dites à vos soldais que j’apprécie leur bravoure, que je partage leurs peines, et qu’ils pourront toujours compter sur mon appui et sur ma reconnaissance. I

Recevez, mon cher général, l’expression de mes senliments ’ lie haute estime.

Louis-Napoi.éo.x Boxaparte.

Le général Oudinot répondit aussitôt au chef de l’État : .Monsieur le Président,

Je reçois à l’instant la leltre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, sous la date du 8 courant; je m’empresse de la porter à la connaissance du corps expéditionnaire : il y

PIÈCKS Jl STIFICATIVKS.

trouvera une prêchnisc et juste récompense de son dévouement, de sa discipline et de son courage.

L’armée française est aux poiles de Rome. Quelque vaste que soit l'enceinte de cette place, elle est entièrement investie. Bientôt nos pièces de siège seront en batterie. Maître du haut et du bas Tibre, à cheval sur la route de Florence, nous avons intercepté toute communication et nous avons une pleine liberté d'action.

Rés .aujourd'hui, la soumission absolue du parti qui domino à Rome, nous serait infailliblement assurée, si le Moniteur du 8 n’était de nature à ranimer do fatales espérances.

Quoi qu’il puisse arriver, au surplus, la Fi ance sera, sous très-peu do jours, l'arbitre des destinées de l'Italie centrale. Bientôt votre gouvernement recueillera le fruit de la politique énergique et généreuse qu’il prétend suivre et que vous lu inspirez.

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I.VSTniCTlOiNS DF. N. DK LES.SEI-3. EXTIUIT DE SOS MÉMOIRE AU

coasEiL d'ét.at sur sos estrevie, avam de I'artir, avec lk

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