I.e i juin ist'i
( Vuiif )
assaut et journée du ÔO ji i.n, d’après >i. evilio dandolo. i/ vuhnilnri ed ibasaglieri lomhardi.) ‘
C’était le soir du 5tt juin. .Après qiielipics momenls de repos passés au p dais Corsini, le bataillon fut rassemblé et retourna à
^ L’iliilenr do cc livre. M. Ftniiio d’iirG p-'Ali iriciine de
I.t>iiilk:iulic, it rl.il (fu un nif.utl iVi ta iu >lc Müan imi mars
IS'iX. ii Y I'mI pari ?t\oc M.tnnra, M-»rosihi ol •“’fm ftvro Kiiritn |hn<i<tlo. I.cs (juiitrr amis lironi oiiî-o!nl»lt’ I;i o.'Ain(»iphO île I oitibaniio tiatis l'.'h* do lSi8, puis kl citnipai^nr de linmo au pniiU'inps de riiitu>'*c ^uivanlc. Kniilio. deux fttis dtn.iil en l’rvrmi’ snil. hirii <l,e plus éiiamvanl cl ilo pins sinr ère,
incine «piniid il 'c liompo, f|iicco nuil qui pmle puur cpipiapho ces \ers do Foscülo ;
.... Oli «iiieli osiinti ^an 'Oi’t:o rvvi' iium sin il'iim.tne
l.odi onuuio cl «raiitoiO'O ptatilo!
Ce jeuiic Kmilit» Ikiiiilolf» iimis limi lic coimno un Silvio Fcllico l’cpéfi à la main. Il rcnln à Milan en revciviiil «le Ik«in« . .Vpr»H divers v«tvap«’s eu Frame ol en Oiieiil, ;»pr»*s avuir paru un moiiM’ni mais ccUo fois à cAlé ■le me* soIiI.tU sous (es mur$ «lo S' iKi'U^pol. ii vint mourir dans sa patrie
IMÉCES JUS'IIFICATIVES.
la porleSainl-Paiicracü. La pluie tombait à loi reiits. Les soldats attendirent longtemps à ciel ouvert de recevoir une destination. Deux compagnies restèrent de réserve à la villa Spada ; la seconde vint occuper la brèche du bastion n" 8. En proie à une tristesse mortelle, j’accompagnais mon ami Emilio Morosini jusqu’il son 'poste, La nuit descendait noire et tempétueuse. Nos pieds s'enfonçaient dans le terrain remué par de récents travaux. La lueur des éclairs nous empêchait de voir la lumineuse parabole des bombes et de les fuir. Contraints à tout moment de se jeter à plat ventre dans la fange pour éviter les éclats de ces projectiles, les soldats avançaient lentement en proie aux impressions les plus décourageantes. A la faveur des ténèbres et du désordre de cette marche, le plus grand nombre s’étaient débandés et s’en étaient allés. Arrivés l> 1a brèche, il restait à peine assez d’hommes pour relever les sentinelles. L’ouragan redoublait de furie, la pluie nous engourdi.'isait, l’obscurité devenait opaque. Pauvres bersagliei's , enfoncés jusipi’aux genoux dans la boue, atterrés parla chute frécpiente et fatale des bombes, ils se rendaient an poste du péril dans un silencieux découragement! C’était un spectacle qui faisait mal à voir. Que Dieu pardonne à ceux qui furent cause de ce carnage inutile! Ils ont d’autant plus besoin du pardon de Dieu que convainctis, par ratlcstation des plus intrépides militaires, de rinefficacitè de toute résistance, ils s’obstinèrent à la continuer contre tonte conscience et toute humanité pour le seul orgueil de pouvoir dire ; Nous n’avons jmscédô! Je sais que le vulgaire applaudit et appelle gloire de l’Italie cette détermination de gens qui, loin de tout datiger, tranquilles sur leur
d'une malailic lie tangiKMir qui te minait depuis taiigleni|ia; c’étnil peu de jours avant t'arrivée des Kraii^-uis imi ISàO, Ses t'iinéraitles furent ta dernière niaiiircstation des Mitanai.s cuiitrc la doininalinn de I étranger. Il.mdolo et les amis v.-ilnienl mieux sans aiiruii doute que la cause pour laquelle Ma/sini les fit comliattre à Home. Ne pouvant ni rentrer en l.ouibardie après rarmisticc de Milan qui n'avait rien stipulé ou leur faveur, ni rotor en l'iémoi t où les populations cl le gouvernenieni les voyaient de Iriis-mauvaia cril. ils sc laissèrent enrôler au service, de la république romaine. Ia;s hèroïi|ues et pieux détails qii on va lire, prouvent roinbieiiil serait facile de réconcilier le catlioli- (isme et la cause de l’indépciidanre ilalii nne, aussitôt que ecllc-ci aurait secoué le joug d'une factioii ennemie de l'Église.
l-rKCtS JUSTIFICATIVES. ViU
siégo cl inimis de sauf-conduit, ne s’exposaient après tout qu’à partir pour aller reprendre les habitudes de leur riche exil. Et je sais aussi que pour célébrer ceux-là, on oubliera bientôt jusqu’aux noms de ceux qui ont noblement sacrifié leur vie au devoir!
Vers les onze heures, mon service m’appelant auprès de Manara, je laissai Morosini, après l'avoir chaudement embiassé. La canonnade mêlée de coups de fusil aux avantpostes continuait de plus belle.
A deux heures de l’après-minuit, l’ennemi, favorisé par les ténèbres et par la négligence de quelques postes, força les brèches et fit irruption dans notre ligne, lléveillés par le vacarme de cet assaut, eu un iiistaut nous fûmes tous sur pied; on cria de toutes paits aux armes, et la générale fut battue. Mais la nuit était très-obscure, le ciel encore orageux. Les coups de fusil, les cris se i-approchaient toujours et la confusion était inexprimable.
Je vis à ce moment Garibaldi se porter en avant, l’épée lioi’s du fourreau, chantant un hymne populaire, et rallier derrière lui quelques braves, pendant que les autres s'arrêtaient frappés d'une terreur panique, croyant se voir entourés et taillés en pièces. En peu de minutes, les l'rançais avaii.mt renversé lous les obstacles et avaient atteint la barricade de gabions, qui protégeait la villa Spada. A cette vue, les nûties reprirent courage, la fusillade commença, et la barricade fut prise et reprise au milieu du plus effroyable fracas de cris, de coups de canon, de bombes qui éclatent et de toits qui s’écroulent.
Le poste de Morosini fut des premiers entouré. A peine avait-il entendu les cris étrangers, ce brave jeune homme s’était jeté seul en avant pour s’assurer de C(> qu’il y avait de nouveau. Tout d’un coup iLse vit assailli de toutes paris et sans espoir d’être secouru. Il se défendit courageusement avec son sabre, et ses pistolets, en encourageant de la voix les siens à avancer. Frappé au ventre d’une balle et d'un coup de baïonnette, il tomba, et l'ennemi passa outre. La poignée debersagliers qui étaient là, après une résistance obstinée, se voyant
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jiris (le (laiic et par dm*ière , jetèrent leurs armes, fjualre d'entre (’iix élaietil déjà aeeoiinis iioiir relever Morosiiii, qui était adoré de ses lioinmes. Place sur une rdviére, il fut porté au pas de course vers la villa Spada, où nous tenions encore. Alais elle était déjà entourée : le coiiéj,'c toinba au milieu des Français, qui crièrent de loin : (t Qui vive? — Vrisonniers! » répondit Morosini d’une voix éteinte. Mais l'ennemi, craignant sans doul(' uin- ruse de guerre, s'avainja à la ba'ioimetle. Un des bersagliers (pii perlaient Morosini m'a raeonlé (jne se voyant abordés jtar des soldats, que le combat avait rendus furieux, ils avaient déposé la civière et tenté de s’enfuir. On vil aloi-s, déplorable spectacle! ce panvi'c ami se dresse)' sur sa couebe ensanglantée et, saisi>sanl son épée, défendre sa vie d’une main monranle, jusqu’à ce que, b'appé au ventre une seconde l'ois, il tomba de nouvi'au. Fmns d'un courage si malheui-eux, b’s Français le relevèrent et le porlérenl à rambniance de ti'anc.liée.
lieauc.oup de l'écits ont été faits de sa moi't. Ce que j’ai pu recueillir de certain, c’est (pi'il vécut encore trente heures, résigné, pi iaié, pirl int de sa famille et arracbant des larmes aux enni'mis qui I entoiiraii'iit avec adiniralion. be matin du juillet, il rendit à Dieu .‘^ou àine S( j'eine. Ob ! qu'une parole me soit permise sur c(*t incomparable jeune lioinme, objet de li'iidi'csse, d'admiialinn et de deuil poni' Ions ceux (|ui Font comiu ! .N’ayant pas (■ncnre dix-liuil an>, il était l’exemple, la mei'Vt'ille du bal ailloli par son evang.Mique et touebante bonté. L(“ plus enfant d(* nous tons, il était eoinine notre Mentor, cl nous l’aiqii'lioiis 1 ai ge gardien de la légion londiarde, tant étaient appréciées de Ions la pmV'lé virginale de ses mccui'S et la sévérité inaltérable de ses principes, (pi’il ne savait pas faire lliH'.bir devant stxs amis. Pden de |dns beau (pie de le voir au f(‘ii, toujours calme aux endroits li!S pins |iérilleux, murmurant à voix basse (picbpies prières et connnandanl à ses liommes avec le sang-froid d'un vieux capitaine...
.Après la [irise, des diversi's bréclii's, on combattit sur tous les points. I.i's Français occupai- iit tous les bastions, nos rues, nos barricadi's:. Ils nous avaicuit [iris un grand nombre de ca-
PIKCKS Jl STIFICAin KS.
lions que nos mtilleiirs avaic'iU en soin d'cnclouiT. On vil bcancoup de ces braves embrasser leurs pièces avec l'iièroïsine du désespoir et se faire luer plulôl que de les rendre.
Le jour pointait; avec la luinière le courage revenait A no.soldats; ils se ralliaient de partout et eberchaient :\ se précipiter sur renneini qui avançait. Mais tout ordre était rompu et, à chaque inoinent, les Français grossissaient leur nombre. i\os bersagliors se réunirent à la villa Savorelli; ceux de (laribaldi, dans la me et dans les jarilins voisins. L’attaque fut sonnée, tous se lancèrent avec un dernier effort de courage, et l'enneini s'arrêta sur tous les points devant cet élan d’une armée déjà vaincue. Le canon tonnait continuellement. Nos batteries minées, sans artilleurs, ne savaient plus répondre, beaucoup de nos soldats tombèrent inortclleinent frappés.
La villa Spada était entourée; nous avions été contraints de nous y enfermer, de barricader les portes et de nous défendre par les fenêtres. Les boulets de canon y entraient dévasbint tout, et aussi les balles des chasseurs de Vinceiines, qui rarement manquaient leur homme... L'air était de feu autour de nous, le bAlimeiit où nous étions tremblait parfois sous l'ébranlement de la canonnade, ('.cite défense durait de[iuis deux heures. Manara allait coiilinuellemeiit de chambre en chambre, ranimant les combattants par sa présence et scs paroles. Je le suivais l'âme pleine d'angoisses, en pensant à mon pauvre Morosini dont on n'avait auciinc nodvelle. line balle en ricochant vint me frapper au bras droit. « Pardieu, s'écria Manara se cappelant ma blessure du ô juin, c’est donc toujours toi qui seras blessé ! je n'emporterai donc rien de Home ! »
Peu de moments après, comme il examinait avec une lunette quelques Français qui dressaient un canon en face de la fenêtre on il était, un coup de carabine le traversa de part en part. Il fit trois pas, puis il tomba en avant, sans que de mon seul bras gauche j’en.'ise pu le retenir, i Je suis mort, me dit-il, je te recommande mes enfanis ! » Le médecin accourut, je l’interrogeai anxieusement du regard, et en le voyant pâlir je sentis que je perdais toute espérance. Il fut placé sur une civière, et, nous lançant par une fenêtre en ruine, nous nou>
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julûiiies dans la cainpagno. Manara laissant tomber une de ses mains dans les miennes, me disait : • Ne m'abandonne pas ! reste avec moi. ..•> El je le suivais, le cœur saignant bien plus que ma blessure. J’avais rempli jusqu'au bout mon devoii- de soldat ; il me restait à l emplir le plus douloureux olïice di' l'amitié.
Après beaucoup de détours, nous arrivâmes à rambulance de Santa Maria délia Scala, où se Irouvaienl déjà un certain nombre de blessés qui n’avaient pu être transportés plus loin. Manara médit d'envoyer chercher le docteur Augustin Beitani, son ami de Milan. .Aux médecins qui rentouraienl, il réi>ondail : x.Laissez moi mourir en ])aix, ne me touche/, pas! » Averti moi-même par eux qu il avait peu d'heures à vivre, je me |ienchai vers son oreille ; « Pense à Dieu ! lui dis-je doucement. — Oh ! oui, j'y pense, me i-êiioiidil-il, et de tout cœur! » Alors je lis signe à un capucin qui était là pour disiribuer aux braves les secours de la dernière heure. Il s’approcha, et au milieu des signes de la plus touchante contrition du mourant, il lui donna l'absolution. Manara voulut en outre être reconl'orlé par le viatique; je m’étudiais de mon mieux à dévorer mes larmes pour le préparer au grand passage. Une suave douceur envahissait mon âme de voir ce pauvre et clier ami affronter la mort aussi chrétiennement. Après avoir communié, il ne parla plus de quelques moments. Puis il me recommanda de nouveau ses enfants ; « Elévc les, me dit-il, dans l’amour de la religion et de la patrie! » Il me pria de rapporter son coips en l.oinbardie avec celui de mon pauvre frère. Me voyant suffoqué par les sanglots, il me dit avec le sourire de la plus douce amitié : « Cola te fait donc beaucoup de peine que je meure?... » Son soldat d’ordonnance pleurait à ses cAlés, il l’appela et lui demanda pardon s’il lui avait quelquefois trop vivement parlé... Avant de mourir, il lira de son doigt un anneau qui lui était bien cher, le passa au mien, et m’attirant à lui, me dit ; « Je saluerai ton frère pour loi, n'esl-ce pas?... » Il avait vingt-doux ans...
Le combat continuait avec acharnement ; les nôtres, guidés ))ar Garibaldi, firent une dernière charge à la baïonnette et ro-
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poussèrent les Français jusqu’à la seconde ligne. Ce lui le suprême elïort de la défense. Le bruit se répandit que la imini- «'.ipalilé avait envoyé au camp une demande de capitulation
I.a nuit revint silencieuse et triste ; prc.'i(|ue tous nos postes étaient abandonnés; de nos hommes, un grand nombre étaient tués ou bli’ssés, le reste gardait un admirable courage, mais la ville était évidemment perdue. Les Français occupaient Ions les bastions, le Vacello, et s’avançaient jusqu'à .San Pietro in Monlorio.
La journée du 50 juin, bien que si triste par ses résultats, restera glorieuse pour les armes italiennes. Mais trop de vies |irécieuses furent sacriliées dans un inutile combal !
Ayant raconté les funérailles du commandant .Manara, les pourparlei-s pour la capitulation qui traînait en longueur parce que le général Oudinot voulait qu’on lui livrât les Fran- «ais qui venaient de combattre contre la France, enfin la reddition de la ville sans conditions, M. Dandolo expose la cruelle situation de ses compagnons de la légion lombarde, à qui toute I Italie restait fermée. Ceux qui avaient remplacé Manara pensaient à eux plus qu’à leurs liommcs. Une somme votée par le gouvernement romain, pour être distribuée aux officiers et soldats de la légion, fut criminellement gaspillée, ainsi que les fonds qui restaient en caisse. La générosité française devait être le dernier recours de ces malheureux. Aussi ce fut avec line inexprimable émotion de reconnaissance que M. Dandolo vit ariiver la lettre suivante adressée au commandant Manara par le général Oudinot, qui ignorait que ce brave officier eût trouvé la mort en combattant.
Monsieur,
.M. le marquis d’Azeglio qui parait vous porter le plus vil intérêt, appelle mon attention sur vous et la situation que pourraient vous avoir fait les événements delà guerre. Je ne ferai, inousieur, que me conformer aux instincts bien connus de la nation française, en accueillant avec égard un brave soldat, quelles que soient d’ailleurs les circonstances qui l’ont mis en
I'lf;(;ES JUSTIFIC\T1\ES.
présence de notre année. Je suis donc tout disposé à prendre en très-sérieuse considéralion la rccoininandaüon de M. d’.\zeglio.
11 peut se faire que l’éloigneinenl de votre patrie ait diminue vos ressources pécuniaires. Si cela était, vous pourriez me faire connailre vos besoins; je m'empresserai de les satisfaire et je m’applaudirai de vous être agréable.
Ilecevez, monsieur, l'assurance de ma considération particulière.
Le (fénéral en ehcf,
OlDISOT UE Regcio.
l'uarlicr géniîral. le 2 juillel 1840
Celte lettre, que M. Dandolo a publiée d’après le texte original resté en sa possession, et que nous sommes tiers de trouver dans un document italien, termine dignement le noble et touchant récit des deux campagnes des bersagliers lombards en 1848 et 1849.
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paont.xH.KTiox des TinuMvins rotra ixvitek i,.\ uockceoisie nouAixi: