AVENIR TRAVAIL1.ER AUX FORTIFICATIONS
Romains,
Les bras des pauvres ouvriers ne suflisant pas à l’ouvrage des fortitications qu’il faut opposer aux canons du lieutenant de Louis Bonaparte, que les citoyens de toutes les classes accourent donc en travailleurs volontaires! Les pères et les mères de ces rrançais qui nous font la guerre aujourd'bui pour tuer notre république, donnaient, en 1790, l’exemple d’un pareil élan d'entliousiasme. On vit alors les élégants Parisiens, les femmes aussi bien (jue les hommes, manier la bêche et traîner les brouettes. Faisons voir à leurs enfants corrompus
PIÈCKS JUSTIFICATIVES. 4SI
(|ue nous avons recueilli rhéritage de ces veiTus qu’ils ont abdiquées. La seule vue des nouveaux et délicats travailleurs réveillera les forces des ouvriers robustes et rompus au travail. Hâtez-vous donc, tous à l’ouvrage! Qu’aucune gloire ne manque aux citoyens de Rome ressuscitée ! On peut servir la patrie de tonte manière . Les mains blanches qui se seront noircies et endurcies en maniant la pioche et la biche, seront aussi honorables que si elles étaient marquées des blessures du combat ! ,
Les triumvirs : Arhei.liri, — Mazzisi, — Saffi.
(P««e ta«.)
IIÉCRET Dü CAPIT.M.NE FELICE ORSISI METTANT LA VILLE d’aNCONE EN ÉTAT DE SIÈGE.
Considérant que les auteurs des fiéquenls assassinats qui ont ensanglanté Ancône, ont des associés ici et dans les villes environnantes ;
Considérant que la justice doit exercer son libre cours, et que le gouvernement de la République est prêt à succomber plutôt qu’à permettre que le crime et la barbarie restent impunis ;
Considérant que beaucoup d’employés, profitant du relâclieinent inévitable dans les premiers moments d’une révolution, ne font pas leur devoir, trahissent la République et la nation, appauvrissent le Trésor public et rendent inutiles tous les elforts généreux du peuple;
Le commissaire extraordinaire de la République romaine, capitaine Felice Orsini, en vertu des pleins pouvoirs à lui conférés par le triumvirat, par décret du 19 avril courant;
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ürdoiiiu" :
ÂiiTici.E iMiEMiEii. La ville d'Aiicôiie est déclarée en état de siège.
Anr. 2. Personne ne pourra entrer en ville on en soilir, à quelque heure que ce soit, sans un permis spècial du préfet ou du délégué dé.Kigné par lui.
.Anx. 3. Dés les vingt-quatre heures, à la toiid)ée de la nuit et jusqu'à la pointe du jour, les citoyens devront entretenir des lumières à leurs croisées. La municipalité viendra en aide anx faniilles pauvres qui ne pourront supporter cette dépense.
.Alix. i. Tous les assassinats commis seront sommairement et militairemenl jugés par un conseil de guerre.
AiiT. 5. Tout attentat, soit aux personnes, soit aux propriétés, sera jugé comme ci-dessus.
Alix. 6. Tout citoyen, bourgeois ou militaire, convaincu par la déposition d'un seul témoin, de n'avoii’ pas empêché un assassinat ou un autre crime, de ne ])as l'avoir dénoncé, et, s'il n’avait pu l’empêcher, de ne pas avoir arrêté le coujiable, sera consi lérè comme complice et jugé d’après l art. 4.
Arx. 7. Tout employé civil, convaincu d'avoir failli à son devoir de propos délibéré, sera destitué et puni d’après l'art 4.
Alix. 8. Il est défendu de porter des fusils par la ville à tout individu qui ne fait ]ioinl partie de la garde nationale.
Arx. 9. Tous ceux qui, par leurs antécédents, sont connus pour être ennemis du gouvernement ou associés des auteurs des assassinats, seront traduits devant le conseil de guerre, lorsqu’ils seront trouvés porteurs d’armes de guerre, de quelque soi'te qu’elles soient.
Arx. 10. Les présentes dispositions auront force de loi jusqu’à nouvel ordre,
Le commissaire extraordinaire de la Héjnihlique romaine,
Felice Orsim, capitaine.
.\iuôiii', le '.iT avril IStU.
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(Puge t«».)
• I.ETTRE ItU l'BÉSIDENT DE I.A RKPI'BI.IQIE.
Élvs^c-Nslional, 13 juillet Isl'.t
Mon cher général,
Je suis heureux de pouvoir vous féliciter du résultat que vous avez obtenu.
En entrant à Rome malgré la vive résistance de ceux qui s'y défendaient, vous avez maintenu le prestige qui s’attache à notre drapeau.
Je vous prie de faire connaître aux généraux qui sont sous vos ordres, et aux troupes, en général, combien j’ai admiré leur persévérance et leur courage.
Les récompenses que vous porte votre aide de camp sont bien méritées, et je regrette de ne pas pouvoir les remettre moi-méine.
J’espére que l’état sanitaire de votre armée se maintiendra aussi bon qu’il l'est aujourd'hui, et que bienlét vous pourrez revenir en France, avec honneur pour nos armes, et avec bénéfice pour notre influence en Italie.
Recevez, mon cher général, l’assurance de mes sentiments d'estime et d’amitié.
Loin.s-NAroi.Éos
(Pase ••>.)
1.ETTI1E DES CARDIHAUX FOHIIAST LA COMUIsSIOH COLVERXEMEXT.ALE AD GÉSÉRAL OCDISOT.
I)u palais du Quirtn.Tl, 2 août 1840.
Les Cardinaux soussignés, composant la commission gouveriiemeiilale de l’État, ont reçu la dépêche du général <Mi-
lj,l PIÈCES JUSTIFICATIVES.
diiiot, duc de Reggio, commandant en chef l'armée française, par laquelle il lui a plu de leur faire connaître les dispositions prises dans le diflicile moment .de la glorieuse entrée des troupes françaises sous ses ordres dans la ville de Rome ; dispositions qui se rapportent à la marche des affaires publiques et spériâlement à l'administration de la justice jusqu à
notre arrivée dans cette c.apitale.
Les soussignés sont pleinement convaincus du zèle et de l’esprit de conciliation dont le général a fait preuve en toute rencontre, afin que les habitants de Rome sentissent le moûts possible les elTels d’une situation exceptionnelle et malheureuse. Us ne sauraient oublier de le louer dignement pour avoir pourvu avec une droiture intelligente aux cas les plus urgents.
En celle heureuse occasion, les Cardinaux soussignés aiment à certifier à l'honorable général qu’il trouvera en eux et dans les ministres du gouvernement pontifical, au rélabli.ssement duquel il a tant coopéré (al di cni ristabilimenlo egli ha tanta cooiKratu), la plus parfaite entente pour les rapporU qui devront exister entre eux et lui, tant que les troupes françaises resteront à Home et en d’autres lieux de l'État pontifical. Ils es. pérent avec une entière confiance que ces rapports réciproques UC seront jamais et en aucune manière altérés.
Les soussignés ont l’honneur de confirmer au général les assurances iTe leur considération la plus distinguée.
Cardinal Dell.v Genga. Cardinal Vaknicelli. Cardinal Altiebi.
I.ETTRE DE M. DE TCCQOEVILLE MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES AU CÉ.NÉRAL OUDINOT.
Paris, 4 noi^t 1849.
Moiï ^^êiiéral,
le reviens encore sur ce qui a fait l’objet de ma dernière dépêche, routes les nouvelles qui m’arrivent d'Italie, me
PifXES JUSTIFICATIVES.
convainquent de plus en pins que vous n'avez pas compris, comme le gouvernement de la République l'entendait, votre rôle depuis la restauration de l'autorité papale à Rome. Vous semblez croire qu’à partir de cette époque, il ne vous restait plus qu’à demeurer spectateur passif des actes du gouvernement pontifical. Ce n'est pas ainsi, je vous le répète, que nous comprenons le droit de notre arméeet dcson général.
Nous avons été appelé par le pape pour venir à sou secoui’s; nous l’avons rétabli sur son trône. Le moins qui en résulte, c’est que, pendant que nos soldats et notre drapeau sont encore là, on ne fasse rien qui soit de nature à mettre notre sécurité en péril, à diminuer notre juste influence en Italie, à compromettro notre honneur.
Je vois dans les journaux et dans les lettres particulières qu’avec votre concours, ou tout au moins sous vos yeux, des in.stitutions qui ont soulevé la réprobation de l’Europe, telles que l’inquisition et la détestable juridiction du tribunal du vicariat, ont été rétablies. On assure tpie des hommes, qui n’ont pas pris part à la dernière révolution et qui n’ont pas voulu de la République, tels (jue Mainiani, sont persécutés et e.vpulsés di* Rome.
De pareils actes ne doivent pas pouvoir s’accomplir sans qu’on se soit entendu avec vous. Vous n’avez pas, certainement, d'ordres à donner aux autorités papales, mais quand l’intérêt moral de votre armée, ou le soin de riionueur de votre gouvernement vous semble compromis par le résultat d’une mesure, vous avez des avis à émettre, et il faut les émettre de telle sorte qu’on réflécliissc avant de passer outre. Nous sommes des conseillers qui avons l’épée au côté, qu’on ne l'oidilie pas.
Quand M. de Corcelles est avec vous, délibérez ensemble dans les cas graves ; s’il est absent, lâchez qu’on attende avant de mettre à exécution une mesure qui vous parait de nature à nous compromettre, que vous ayez pu vous entendre avec lui; et, si le cas est à la fois grave et pressant, agissez dans le sens (|ue je viens de vous dire sans attendre son concoui-s.
NÈCKS JUSTIFICATIVES.
HÉPONSF. A LA I.KTTRE DP HISISTRE DES AFFAIRES ÉTRARr.ÈRES.
l'JaoAl I8t9.
Votre lellre du 4 doiU vient de m'arriver par un courrier extraordinaire, qui se dit attaclu'? à votre ministère, et qui est rejiarti immédiatement pourGaêle. Déjà j’avais reçu, en date du ô(l juillet, une lettre dans le sens de celle-ci. Je me suis empressé d’y répondre le tO août, sous le n" 177.
Permettez-moi d’abord de vous faire remarquer, monsieur le Ministre, que ces instructions sont les premières que vous m’ayez fait parvenir depuis l’arrivée de M.’de Cnrcellcs en Italie; c’est entre lui et MM. d'Harcourt et de Hayneval que se trouve concentrée toute la correspondance diplomatique.
Cependant, à dater de la prise de Rome, j’ai compris que le rôle de commandant en chef devenait à la fois militaire et politique. Les complications étaient graves, le désordre existait dans toutes les administrations; tout était incertitude et chaos; plus de vingt mille Romains (soldats) étaient encore dans la ville; la garde nationale avait trente mille liomines à nousopposer; les provinces étaient généralement hostiles au retour du gouvernement pontifical; elles avaient, elles aussi, des armes qui pouvaient être tournées contre nous. Aucun établissement n'êlail préparé pour recevoir nos troupes. Rome était le réceptacle des réfugiés et des aventuriers de tous les pays. Les bôpitauv étaient encombrés de bb'ssès romains, et nous avions à faire face à toutes ces difficultés au inomenl même où les maladies se présentaient avec la violence habituelle à cette contrée. Tous les boinmes intelligents des tlats pontificau.v refu.saient leur concours à la nouvelle adniinistration. Les Iri- Imnaiix républicains étaient fermés depuis deu.x mois ; les tribunaux pontificaux avaieni cessé d’exister. Les finances étaient dans un état effrayant. La direction suiiérieure du gouvernement français me manquait. C’est dans de telles circonstances qu’a dû être proclamée la restauration temporelle du l'apc. Cet
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événement s’est accompli avec un bonheur qui a dépassé toutes les espérances.
Pour surlir de cettt* situalion, il ne fallait rien moins qu'un dévouement infatigable et une armée aussi admirable par sa discipline que par son courage.
Il fallait aussi l'accord le plus parfait eiiire le commandement militaire et la diplomatie. Par un bonheur providentiel, ces éléments de succès se sont trouvés réunis. L'armée française est partout aimée et respectée ; partout elle a rélabli l’ordre matériel, elle a prévenu la réaction et proclamé les idées généreuses.
Cependant le général n’a pu, à lui tout seul, étouffer les tendances du gouvernement pontifical, ni empêcher toutes les mesures dont l’initiative venait de Gaëte. C’était là surtout le rôle de la diplomatie ; elle était en rapport habituel avec vous, monsieur le Ministre, et c’est par elle seulement que vos instnictions m’élaient communi(piées. Je dois ajouter qu’au point de vue libéral, j’ai toujours été en avant des indications que je recueill.ais.
Le rapport que j’ai en l’honneur de vous adresser sur mon séjour à Gaëte vous aura prouvé, j’espère, monsieur le Ministre, que je suis résn'u à ne rien faire qui soit de nature à mettre notre sécurité en péril, à diminuer notre influence en Italie, à compromettre notre honneur.
A l’aide d’une volonté inébranlable, j’ai déjà fait adopter bien des idées généreuses, vaincu bien des résistances. Je ne me flatte pas de surmonter tous les obstacles, de déraciner tous les abus, mais quand le gouvernement m’aura fait connaître sa volonté, m’aura tracé des règles fixes, quand j’aurai enfin des bases positives, certaines difficultés s’applaniront et ma mission sera moins difficile.
Maisjevoiis prie, monsieur le Ministre, de n’accorder qu’une confiance très-limitéeaux journaux ou aux lettres particulières; ce serait la source de beaucoup de malentendus. Je ne laisse ignorer au cabinet aucun événement de quelque importance, •et si je n’ai pas toujours rendu compte avec détail des faits purement politiques, c’est que M.M. de (’orcelle et de Ilayneval,
4SK PIÈCES JUSTIFICATIVES.
avec lesquels j’ai constaiimienl été en parfaite intelligence, se sont réservés jusqu’ici, vous le savez, la correspondance diplomatique.
Je suis, etc.
t.F. GÉ.SKR.V1. KN CHEF.
P. S. Je ne crois pas avoir à justifier ici le rètal)lissemenl de l'inquisition; mon caractère et mes préi.édents politiques qui vous .sont connus suffisent pour faire justice de pareilles assertions.
Quant au rétablissement du vicarial, nous ne lui laisserions pas tout l’absolutisme dont il a pu être investi, mais vous comprendrez, monsieur le Ministre, que, dans aucun cas, l’armée ne saurait avoir pour mission de s'ériger en tribunal ecclésiastique.
(Face a»a.)
LETTIlES DE U. DE litï.NEVVL AU GK.SÉnAI, OÜDIAOÎ A HOME POUR U.I A.SJiONCER L’AnniVÉK DE LA COMMISSION GODVERSEME.ST.ALE .
Molli de G«i'lo , 50 juillet 18SI', tl li. du soir.
Général,
La commission exécutive composée des cardinaux Délia Genga, neveu de Léon Xll, l'iiomme important de la commission, du cardinal prince Altieri, préfet de Rome, du cardinal Vannicelli, ancien gouverneur de liome, part cette nuit. J’ai longuement causé avec Leurs Excellences. Je les ai trouvées bien disposées. Je leur ai dit que dans la situation délicate où nous étions placés, de bonnes et confiantes relations personnelles étaient, de toutes les garanties de succès, la meilleure. J’ai ajouté que personne ne serait mieux disposé que vous à entrer dans cette voie. Pour être plus à portée de
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s'iMili'iidrc avpc vous, la coinmission s’éloblira au Quiriiial. Elle s’occupera d'abord de mesures },'énérales , rappel des anciens employés, mesures financières, annulation des lois républicaines, règlement de la question des assignats. A tout cela nous n'avons rien à dire. L'administration du pays appartient tout entière au Saint-Père ou à ses représentants, fie è quoi nous devons veiller d’assez près, c’est aux mesures contre les personnes; tant qu’il s’agira de bandits, de voleurs, d’assassins, de gens notoirement souillés d’excès ou de crimes, nous n’avons rien h dire; mais là ou nos observations pourraient commencer, ce serait si l’on se mettail à poursuivre, à incarcérer pour simple opinion politique ; j’espère que ce ne sera pas le cas. J’ai beaucoup insi.slè sur ce point. Le cardinal Délia Genga m’a dit : « Je compte ne pas regarder en arriére, mais regarder de très-près au présent, les crimes communs, comme de raison, mis à part. »
' La sécurité publique est plus spécialement l’afTaire de rariuée. Le gouverneur mililairnde Rome conservera son autorité. L’état de siège sera maintenu. Il s’en suit que toutes les troupes, même romaines, placées dans le cercle de la juridiction militaire du gouverneur sont sous si’S ordres, et partant sous les vôtres. Les cardinaux m’ont paru avoir bonne envie de mareber tout à fait d’accord avec vous. J’irai probablement, dans quelques jours, vous faire et leur faire visite Je ne l’afTirmerai cependant pas.
.Le Pape voudrait bien voir les femmes qui babitent le Quirinal mises dehors de clii’z lui.
Je plaide toujours la même cause. Le Pape me dit de prendre courage et patience. J’ai remis au cardinal Antonellî les doux notes des finances et de la justice que vous avez envoyées à M. de Corcelles. La commission avisera, comme aussi sur la question du ministère de la guerre, dont M. Castelnau vous entretiendra pins spécialement.
J’ai prié les cardinaux de donner congé poliment et, s’il se peut, avec un mot d’écrit obligeant, à ceux des commissaires extraordinaires, qui seraient remplacés. Ils m’ont promis de le faire. Ne jugeriez-vous pas à propos, de votre côté, de leur
iOO
i’IKCES JUSTIFICATIVES.
('■crirc un mol poli pour les reincrcier de leur dévouement à la chose publicpieel du concours qu’ils vous ont prêté?
Je pense que nous n'iun ons pins rien à faire à la police. ,\os troupes resteront autant (pie possible, je suppose, élrangêres auv arrestations. I.a commission, si elle en fait, se servira de ses carabiniers.
Ou dit qu’il y a des bandes qui entourent le pays et qui relèvent le drapeau républicain; vous les avez sans doute recommandées au général Morris.
Agréez, etc.
Signé : A. dr Raykrvai..
(Face t»«.)
KXTRAiT DU Journal de Home nu 11 août I8i9, asso.sçant ia
KÉDI'CTIO.S A 65 l'OUR iOO DK I.KCR VAI.F.UR NOMIXAl.E DES .VSSI- OHATS DU (iOUVERSEMEST PROÏlSOIllE ET DE IA RÉPUBLIQUE.
La nolilicatioii du 3 août, par laquelle certains bons ont été réduits à 65 pour 100 de leur valeur nominale, a fourni matière à quelques journaux italiens pour de nouvelles déclamations contre le gouvernement pontilical.
Nous invitons ces journalistes à réllécbir que le papier-monnaie est un des plus grands lléaiix des convulsions politiques, et que généralement ce papier a été enlevé de la circulation sans réduction. Souvent il a été entièrement annulé.
En France, de 1792 à 1 796, il fut émis di>s assignats pour la sopmie ènonne de 45 milliards et 500 millions de livres, et après diverses operations par lesipielles ils furent réduits à 800 millions de mandats, ils furent entièrement abolis, (Tbiers, Uist. de la Hévolulion, t. V, chap. ii, iv, vu.)
La dette publique qui, en 1797, était de 258 millions par
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nn, fut réduite à 86, et, comme on disait alors, consolidée au tiers.
Tliiers, racontant cotte opération, dit ; « Les mesures de cette nature produisent, coinnie les révolutions, beaucoup de dommages. Mais il convient de savoir les souffrir (piand elles sont devenues indispensables. » (Tome VI, cbap. i.)
L’Autriche, en 1810, avait eu circulation des billets de banque pour la somme de I milliard OÙ millions de llnriiis. Par patentes du 20 février 1811, elle les réduisit à 20 pour 100. (Tegoborski, des Financen de l'Autriche, t. 1. cbap. ii.)
Le P emont, en 1798, avait en circulation 09 millions de livres de bons de crédit et 11 millions de monnaie d'alliage. Le gouvernement provisoire, établi par les Fran»;ais, par décret du 19 décembre de la même année, diminua des deuv tiers la valeur du papier-monnaie et d’un tiers celle de la inoiinaie d’alliage. (Annales d’Italie, 1798.)
. A Rome, en 1798, il y avait en circulation des cédules pour la somme de M millions d’écus. A la mi-février, époque de la proclamation de la République, elles perdaient au cbangi' de la monnaie 07 pour 100. Les généraux Itei thier, d’Allemagne et Macdonald, qui eurent successivement le iionvoir, promulguèrent diverses lois pour les accréditer, les diminuer, les réduire en assignats, etc. Knlin le généial l)ufres.>;e, par décret du 20 mars Iî99, proclama ipie les assignats (ejui alor.^ circulaient à 20 pour 100 de leur valeur nominale) c.essei'aient le 4 mai d’avoir cours de monnaie, et que les cédules .seraient annulées pour lonjonis. (Annales d Italie, 1798-99.)
S. S. le Pape Pie l.V,. en 1848, autori>a une émission de bons du trésor. Parti du Rome, par nn bref du 27 dérembre, d déclai a nuis, de nulle valeur et de nulle légalité, tous les actes émanés des nsuipaleurs de ses souverains pouvoirs. Aonobslant celle déclai'alion, ceux-c.i, pour se soutenii', mirent en émission d’antres bons pour la sonnne de plusieurs millions. Le .Saint Père était en plein droit de les annuler; mais, réfléchissant que l’annulation absolue préjudicierait à beaucoup d’bonnéics citoyens et emporterait avec elle la ruine d’une grande quantité de familles, surtout de la classe la plus indi-
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geiite et dos négociants, apré» avoir confirmé dans leur intégrité les bons du trésor, dont il avait autorisé l’émission, il a reconnu et garanti les antres bons successivement émis dans la proportion de 65 pour 100 de leur valeur nominale. Cef acte, s’il est critiqué par quelques-uns, est loué par les personnes qui comprennent les affaires d’Étal, comme analogues aux autres actes de semblable nature que nous venons d’indiquer. On comprendra facilement de quelle manière l'histoire l’enregistrera.
(Pase tM.)
DEUX LETTRES DU CÉNÉRAI. OUDIKOT AUX CARDINAUX, MEMBRES DE LA COMMISSION GOUVERNEMENTALE.
Rome. 12 août 18i0.
Messieurs les Cardinaux,
L’armée française doit, pour sa propre sûreté et pour atteindre le but de l’expédition, conserver une action toutepuissante sur la direction de la police. Afin d’obtenir ce résultat, les agents français devront seuls être chargés de la police politique et de celle dite de sûreté. La police purement administrative resterait confiée aux agents du gouvernement pontifical, sous la haute direction du préfet de police.
Pour assurer dans ce sens la marche du service, il est nécessaire de constituer un personnel distinct. Sera composé ainsi qu’il suit le personnel français:
Le préfet de police, officier supérieur.
Cabinet particulier. — Un chef de cabinet, un interprète copiste.
Secrétariat général. — Le secrétaire général, un commis d'ordre, un expéditionnaire.
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Police de sûreté. — Un capitaine comniandont , quarantehuit agents à pied pour le service de la ville, quinze agents à e.heval pour le service de la campagne, deux garçons de bureau.
A MONSEIC.VEL'B FAVELLI, MlNISmE DE l’i.NTÉIUEUR ET DE I.A POLICE DES ÉTATS POBTIFICAUX.
Rome, 10 août 1840.
Monsieur le Ministre,
Je reçois la lettre que vous me faites l'honneur de m'écrire sous la date de ce jour.
Je m’empresse de vous déclarer que les instructions formelles de mon gouvemément s’opposent à ce que l’armée française accorde son concours à des arrestations purement politiques.
Celles que vous jugez utile de prescrire sont entièrement étrangères à la répression des délits communs : si elles ont lieu, ce sera en dehors de l’action militaire de la France.
(Paae ••«.)