LUI
surer les conséquences fatales qu'avaient eues ses irrésolutions et ses demi-mesures.
Au dire du duc de Guise, M. de Taillade était chargé de se plaindre de la méchante conduite de l'abbé Baschi, des émeutes qu'il avait suscitées, de la conjuration dont on le disait l'instigateur et dans laquelle Guise devait périr, de la proposition ridicule qu'il lui avait faite relativement au cardinal de Sainte-Cécile, frère de Mazarin. Il devait aussi dénoncer au chef du cabinet les fautes imputées aux commandants de l'armée navale; <( le manquement qu'ils avaient fait, à leur arrivée, de ne pas faire périr toute la flotte d'Espagne ; » leur refus de secourir efficacement le prince en lui donnant une part du blé qu'ils avaient pris sur deux vaisseaux ennemis capturés à sa vue.
Jusque-là, les instructions que Guise prétend avoir données à son agent sont d'une parfaite vraisemblance et en harmonie avec les ressentiments qu'il devait nourrir. Mais voici où cette vraisemblance s'arrête, et oîi les dires du prince se trouvent en contradiction avec les documents officiels : suivant lui, Taillade devait conjurer le cardinal Mazarin de renvoyer promptemcnt à Naples un puissant secours de blé, d'hommes, d'argent, d'artillerie et de munitions de guerre, sans lequel le prince avouait qu'il lui serait impossible de se soutenir plus longtemps (i).
Si telles furent, en effet, les instructions données par le prince à son représentant, il faut croire que ce dernier n'en tint aucun compte, car il agit dans un sens absolument contraire à la teneur de ces instructions. Il avait dû, pour obéir à ses ordres, s'aboucher, en passant à Rome, avec le marquis de Fontenay (2). Peut-être les dispositions
(1) Mémoires, coll. Petilot, t. LV, p. 359.
(2) Mémoires, coll. Pelilot, t. LV, p. 360.
dans lesquelles il trouva cet ambassadeur et celles que lui manifesta Anne d'Autriche le déterminèrent-elles à changer complètement ses batteries, à prendre le contre-pied des ordres qu'il avait reçus, et, au lieu d'implorer des secours, à représenter son maître comme très-disposé à s'en passer, et à agir désormais pour son propre compte et avec ses seules ressources.
La régente n'avait jamais été favorable au duc de Guise. Elle ne voyait en lui qu'un écervelé et ne laissait guère échapper l'occasion de protester contre ce qu'elle appelait ses folles visées. Elle agissait ainsi autant par haine contre le duc d'Orléans qu'il protégeait que par fierté naturelle et esprit de famille. On lui avait entendu dire que si les Napolitains voulaient son second fils pour leur roi, elle les soutiendrait de toute sa puissance; mais, qu'elle aimait mieux Naples entre les mains de son frère que dans celles du duc de Guise (i). La conduite de M^^'' de Pons n'était pas étrangère au mauvais vouloir dont Anne d'Autriche était animée envers le prince.
C'était, on s'en souvient, le désir d'épouser cette fille d'honneur qui avait poussé Guise à se rendre à Rome pour soUiciter la rupture des liens qui l'unissaient à M"^^ de Bossu; l'amour qu'il lui portait avait été le principal mobile de son audacieuse entreprise. Les hauts faits de son amant n'avaient pas peu enflé l'orgueil de Suzanne de Pons ; et la reine, blessée de ses façons glorieuses, l'avait fait entrer dans un couvent de la Visitation. Vivant là aux frais du duc, servie par les officiers de ce dernier (2), elle tenait une espèce de cour et distribuait
(1) Mémoiî^es de Montglat, coll. Pelitot, 2" série, t. L, p. 107.
(2) Mémoires de ilfms de Mottevillc, coll. l*elilot, 2" série, t. XXXVI p. 307-3U.
d'avance à ses amis les hautes dignités de son royaume. On la contraignit d'entrer aux filles de Sainte-Marie, près la Bastille, maison que la reine affectionnait et qui était d'une religion plus réformée que la Visitation. Elle s'en plaignit aussitôt à son amant, qui prit fait et cause pour elle et adressa bientôt après d'énergiques représentations à la reine et à Mazarin. Le premier soin de Taillade, en arrivant à Paris, fut naturellement d'aller déposer ses hommages aux pieds de celle qui, dans la pensée des amis de Guise, devait bientôt partager avec ce dernier la couronne de Naples. M"^ de Pons ne put manquer de lui communiquer ses griefs, de lui représenter la reine hostile au prince et à ses projets. Taillade eut-il le tort d'entrer trop facilement dans les idées de la belle offensée, ou bien fautil croire qu'après avoir pris l'air de la cour, il crut voir qu'on le leurrait de vaines promesses, qu'on n'avait pas l'intention d'aider Guise d'une manière efficace, et qu'il y avait ))lus à gagner par les rodomontades que par les prières? Toujours est-il qu'il affecta de dire que son maître n'avait nul besoin de secours, et qu'avec ou sans la France il était assuré de chasser de Naples les Espagnols. Ce fier et présomptueux langage donna à réfléchir à Mazarin. Il se dit qu'après tout le duc n'était peut-être pas si dépourvu et si impuissant qu'on le supposait, que la fortune qui, jusque-là, avait si ouvertement secondé son aventure, lui gardait peut-être encore des faveurs imprévues et qu'il faut tout attendre d'un peuple en révolution (1).
La situation du cabinet français était difficile. Il se trouvait entre deux partis à prendre également tranchés, et qui
(1) Voir la lettre émue et fort éloquente que le duc d.e Guise écrivit
à cette occasion à Mazarin, et qui a été si souvent reproduite. — On
t, dans l'introduction mise en tête des Mémoires de Guise parjMM. Pe-
titot et Monmerqué, que cette lettre et celle à la reine furent écrites
pouvaient être fertiles]'en embarras. Devait -on seconder enfin le duc de Guise ouvertement, au risque de ne travailler que pour lui seul, et de le voir profiter des faits accomplis, ou bien fallait-il se défaire de lui et suivre la politique du marquis de Fontenay, qui, depuis plus d'un mois, déférant aux sommations réitérées de Gennaro Annèse et du parti républicain, avait consenti qu'on arrêtât le jeune prince aussitôt qu'on pourrait le faire sans crainte d'échec?
Selon son habitude, Mazarin s'arrêta à un moyen terme. Il s'appliqua d'abord à gagner Taillade. Il n'eut pas grand peine à le convaincre de la vanité des espérances de son maître. II résolut ensuite de dépêcher à Naples un homme habile, le sieur Du Plessis-Besançon, conseiller d'Étal, maréchal de camp et gouverneur d'Auxonne, muni des pleins pouvoirs du Roi « pour agir en son nom aux circonstances qui pourraient se présenter pour le bien de la ville de Naples et du royaume (1). » Du Plessis devait être accompagné du cardinal génois Grimaldi, diplomate habile, alors engagé au service de la France (2). Les deux envoyés devaient s'aboucher avec Gennaro, aussi bien qu'avec le duc de Guise, apaiser les rancunes du premier, ménager le second, modérer sa fougue et lui faire bien comprendre qu'il ne pouvait rien sans le secours de la France. Ils annonceraient en même temps l'arrivée prochaine d'une ar-
au commencement d'avril. C'est une erreur. Leur date véritable a été indiquée dans les Mémoires de Modène : elles sont des "11 et 28 février 1648, ou même toutes deux du 28, d'après le texte donné dans les manuscrits de Dupuy. (Vol. 775, fol. 107, Biblioth. nat.)
(1) Lettre de Louis XIV aux chefs du peuple napolitain, en date du 21 février 1648. —Elle est citée en lêtedes ilfmo/r^s de Modène, t. I, p. 163.
(2) Les dépêches de Du Plessis sont à la Bibliothèque nationale.
mée navale qu'on allait équiper avec activité, et qui serait pourvue de galères (1).
Le cabinet était cette fois résolu à agir promptement et énergiquement. La paix avec l'Espagne était regardée comme impossible, et toute hésitation avait disparu avec l'espoir de la conclure. De plus, on avait acquis la certitude que le Pape n'entraverait pas les plans du gouvernement français et ne ferait point valoir le droit de suzeraineté qu'il possédait sur le royaume qu'on allait conquérir. Sa nièce, la signera Olympia, qui avait tout pouvoir sur lui, et dont l' avidité était la passion dominante, n'entendait pas qu'il s'engageât à son âge dans une affaire aussi difficile que coûteuse (2).
Mazarin, il faut lui rendre cette justice, déploya autant de zèle, d'activité et de résolution pour préparer cette seconde expédition, qu'il avait montré de lenteur et d'hésitation lors de la première. Dés le 7 février, il avait autorisé le transport des blés français vers la côte de Naples (3). Ses dépêches témoignent des soins qu'il prit pour hâter l'armement de la nouvelle flotte et la mettre sur un pied respectable. Placée sous les ordres du chevalier Garnier, elle fut successivement portée à douze vaisseaux, dont sept ou huit devaient partir dès le commencement d'avril. Vingt galères, commandées par le chevaUer de Châtelux, avaient ordre de les accompagner (A). Les meilleures troupes, le vieux régiment de Sault, celui de Vervins, le
(1) Toutes ces résolutions sont exposées dans deux dépêches de Brienne à Fonlenay, en date des 14 et 28 février, qu'on trouvera p. 275 et 289.
(2) Dépêche du 14 février 1648. — Lettre de Gaston à Guise dans le même sens, p. 296.
(3) Ordonnance pour l'approvisionnement de Naples, dans les Mémoires de Modène, t. I, p. 161.
(i) Lettre du cardinal Mazarin à Du Plessis-Besançon en date du
régiment colonel, étaient dirigés en grande hâte vers la Provence, afin d'être embarqués sur six autres vaisseaux qui partiraient peu de temps après les premiers (1). Mais il fallait, de plus, des matelots pour monter tous ces vaisseaux, et des forçats pour ramer sur les galères. Deux mois étaient à peine suffisants pour réunir les uns et les autres. Mazarin se flattait néanmoins que les galères françaises seraient en état de prendre la mer le 20 avril ; mais dès le 8 de ce mois, il s'aperçut qu'il faudrait remettre au 5 mai le départ de la flotte entière (2).
De leur côté, les Espagnols, faisaient les plus grands efforts pour équiper une armée navale capable de lutter avec la nôtre. N'ayant pas dans l'arsenal de Naples les objets nécessaires pour réparer leur flotte, ils avaient été contraints de l'envoyer hiverner à Porl-Mahon, dans l'île de Minorque. Il n'était demeuré dans le golfe de Naples que six petits vaisseaux fort maltraités par les bourrasques si fréquentes en hiver sur cette côte. Les Espagnols les radoubèrent en hâte, et leur adjoignirent bientôt deux vaisseaux neufs de huit cents tonneaux chacun.
Ils comptaient moins, du reste, sur leurs forces navales, dont ils ne se dissimulaient pas l'infériorité, que sur l'effet des discordes qu'ils avaient soin d'entretenir à Naples. Aigrir les esprits, fomenter les mécontentements, surexciter les meneurs du parti populaire, entretenir les regrets et les haines de Gennaro Annèse et de ses partisans, entourer son heureux compétiteur d'un cercle d'embûches et de conspirations, le pousser aux extrémités, l'engager
5 avril 1648, dans les Mémoires de Modène, t. 1, p. 186, et lettre de Mazarin au duc de Guise, même volume, p. 197.
(1) Même lettre, p. 192.
(2) Lettre de Mazarin au duc de Guise, dans les Mémoires du comte de Modène, t. I, p. 197.
dans cette voie de sévérités et de violences sanglantes où les dictateurs entrent si volontiers et qui les mènent infailliblement aux abîmes, user ainsi le peu de popularité qui lui restait à Naples, ramener en même temps par d'adroites concessions ce peuple mobile, tel fut le plan du gouvernement espagnol. Il ne se dit pas, comme Mazarin, que la couronne de Naples serait le prix de la diligence ; il pensa qu'elle serait le prix de l'intrigue et qu'il fallait que la ruse l'eût rendue à ses anciens maîtres, avant même que la nouvelle flotte envoyée de France eût quitté les côtes de Provence.
La première pensée du cabinet de Madrid, aussitôt après le départ de la flotte française, avait été d'accorder quelques satisfactions à l'esprit public. Don Juan d'Autriche, malgré la perfidie dont il avait fait preuve, n'était point enveloppé dans le ressentiment populaire. Le gouvernement espagnol avait pris soin de ne pas laisser s'attacher cette haine à tous ses agents ; il avait fait en sorte qu'elle se concentrât sur une seule tête qu'on sacrifierait au besoin, et qui jouerait le rôle de bouc émissaire. Un plein succès avait couronné cette politique. C'était au seul duc d'Arcos que le peuple imputait les mesures fiscales d'où était sorti le soulèvement, bien qu'en réalité elles fussent le résultat des exigences iniques de son gouvernement. C'était aussi sur le vice-roi que la noblesse faisait porter la responsabilité de mesures qui l'accablaient; elle lui reprochait de l'avoir sacrifiée dans les capitulations qu'il avait accordées au populaire. Le duc d'Arcos fut rappelé.
Fidèle jusqu'au bout au rôle odieux qu'on lui imposait, il laissa de sinistres adieux à la ville qu'il avait si durement gouvernée. Par ses ordres, le frère de Mazaniello et deux des élus du peuple, depuis longtemps prisonniers, furent étranglés et leurs corps jetés dans les fossés du château (26 janvier 1648).
Don Juan lui succéda provisoirement, en attendant l'arrivée du comte d'Onate, alors ambassadeur à Rome. En prenant possession de la vice-royauté, le jeune prince publia un manifeste adroit, dans lequel il exhortait les peuples soulevés à retourner à l'obéissance de leurs anciens maîtres, leur offrant un pardon général, le rétablissement des anciens privilèges et l'abolition de tous les droits extraordinaires mis sur les subsistances. Il s'appliqua en même temps à satisfaire les griefs de la noblesse, à la rapprocher du peuple, à prêcher aux deux partis le pardon de leurs injures réciproques, et à les confondre dans un sentiment commun de haine contre la domination française.
Le comte d'Onate, qui arriva le 2 mars, était un diplomate vieilli sous le harnais ; il n'eut pas de peine à développer les heureux germes de réconciliation semés par le jeune prince. C'était la misère qui avait mis les armes aux mains des pauvres gens de Naples, et, comme il arrive trop souvent, la révolution avait aggravé le mal au lieu de le guérir. Le nouveau vice-roi se lit précéder d'une galère chargée d'argent et de provisions de bouche, avant-garde qui lui gagna bien des gens. Aussitôt après son arrivée, il entama avec les principaux familiers du duc de Guise, ainsi qu'avec les meneurs du parti populaire, des négociations secrètes qui rencontrèrent chez presque tous un accueil empressé (1).
(1) Mémoires du comte de Modène, t. II, p. 350 et suiv.
Depuis longtemps déjà, la plupart des conseillers napolitains en qui Guise avait mis sa confiance étaient acquis à l'Espagne. Deux hommes surtout, le docteur Agostino MoUo et l'avocat Aniello Portio, avaient accepté la tâche de le ruiner dans l'esprit du peuple. Tous deux maintenaient le malheureux prince dans un état perpétuel de défiance et d'irritation, lui montrant partout des embûches et des conspirations, et le poussant aux sévérités et aux représailles.
Il y avait un homme que le comte d'Onate avait surtout à cœur de gagner, à cause de la haute estime dans laquelle tout le monde le tenait: c'était Vincenzo d'Andréa, le principal chef de cette fraction des Capes Noires, qui, d'accord avec les lazzarones, aspirait à la république. Esprit aiîable, doux, conciliant, nullement entier ni absolu, Yincenzo était aimé du peuple, dont il défendait en toute occasion les intérêts, particulièrement ceux qui avaient trait à son bien-être et à sa subsistance. C'était lui qui avait demandé la création d'un sénat destiné à partager et à modérer l'autorité du duc de Naples (1). Le refus de Guise, la rancune mal dissimulée qu'il conservait de cette requête, le soin qu'il prit d'éloigner son auteur de toute participation aux affaires, tous ces indices ne permettaient pas à Vincenzo de s'abuser sur les intentions secrètes du prince. Le comte d'Onate lui persuada que sa vie n'était pas à l'abri de tout danger, et peut-être n'avait-il pas tort : Guise, dans ce moment-là même, faisait emprisonner et juger le meilleur et le plus utile de ses amis, le comte de Modène, cou-
(1) Mémoires du duc de Guise, coll. Petitot, t. LV, p. 337. Au même endroit, Guise accuse Vincenzo de s'être concerté avec l'abbé Baschi pour le faire tuer dans une émeute. {Mémoires de Guise, coll. Petitot, t. LV, p. 109.)
pable d'avoir contrecarré ses desseins (1). Vincenzo prêta donc l'oreille aux propositions et aux raisonnements captieux du vice-roi. Puisqu'il fallait renoncer à l'établissement de cette république, objet de tous ses vœux, n'étail-il pas plus avantageux pour son pays de retourner sous le joug antique et légitime que de subir une domination nouvelle, d'autant plus rude qu'elle se sentait plus faible et plus menacée (2)?
L'avocat s'entendit avec Gennaro Annèse. Il apercevait aisément le mobile intéressé de cet ambitieux vulgaire, et il ne se dissimulait pas ce qu'il y avait de grossièrement personnel dans ses projets. Mais le péril commun, la haine que l'un et l'autre portaient au duc de Naples, une certaine communauté de but et de principes les réunirent; et ces deux hommes, dont l'inlluence était grande sur les classes inférieures, se mirent, de concert avec le vice-roi, à organiser les pièges dans lesquels devait infaiUiblement se prendre l'imprudent et présomptueux dictateur.
Leur première machination échoua misérablement. Le 10 mars, à l'instigation de Vincenzo d'Andréa et d'Antonio Mazzelo, élu du peuple, Gennaro sortit de son terrier, de cette forteresse des Carmes où, depuis l'élection du duc de Naples, il se tenait enfermé. Il s'avança vers le palais du duc, suivi d'une bande de lazzarones et de fainéants de toute couleur et de toute opinion, ramassés dans les quartiers du Marché et du Lavinaro. Guise écrivait quand on vint lui apprendre ce qui se passait : il acheva tranquillement sa correspondance; puis, montant à cheval, il marcha à la rencontre de Gennaro. L'armurier prit la
(i) Mémoires du duc de Guise, coll. Petitot, t. LV, p. 109. (2) Mémoires du comte de Modène, t. II, p. 446 et 448.
fuite dès qu'il l'aperçut, et l'émeute se dissipa comme par enchantement (i).
Ce facile succès, dont les courtisans enflèrent le mérite, augmenta le dédain que le prince avait naturellement pour son rival. Il le fit venir, le tint longtemps prosterné à ses pieds, et l'ayant humilié, il crut l'avoir vaincu : il ne fit que le rendre plus prudent et plus dangereux. Lui qui, peu de temps auparavant, voyait la main de Gennaro dans tous les complots qu'on lui dénonçait, et qui cherchait même à s'emparer de lui par la ruse et par la violence (2), il en vint à le dédaigner au point de ne plus surveiller ses trames. C'est à cette époque qu'il écrivit, tant à Rome qu'à la cour de France, des lettres qui firent impression sur Mazarin, et où il représentait le parti de Gennaro comme annéanti (3). Il sentait bien qu'il était entouré d'ennemis, qu'il marchait sur un terrain miné de toutes parts; mais il refusait de faire à l'obscur armurier l'honneur de le compter pour quelque chose dans les périls qui le menaçaient.
L'orage grossissait cependant; le temps de l'enthousiasme et des succès faciles était passé ; celui des déboires et des revers commençait. A la fois léger et présomptueux, Guise ne savait ni faire respecter ses ordres, ni exécuter un plan qui exigeât du temps et de la suite. Il se précipitait sans réflexion dans les entreprises les plus épi-
(t) Mémoires du comte de Modène, t. 11, p. 458.
(2) Mémoires du comte de Modène, t. II, p. 444. — Guise avoue même qu'il consentit à ce que Agostino Mallo empoisonnât Gennaro, lequel ne dut la vie qu'à sa forte constitution. {Mémoires de Guise, coll. Petitot, t. LVI, p. 109.)
(3) Lettre inédite de Brienne du lU avril 1648, et lettre de Mazarin au duc de Guise du 8 du même mois, dans les Mémoires du comte de Modène, t. 1, p. 196.
neuses et les abandonnait avec la même facilité. Chacun commandait chez lui ; chacun voulait se rendre indépendant; chacun, parmi ses familiers, considérait Naples comme une proie qu'il fallait dévorer au plus vite, afin de n'être pas devancé par d'autres affamés. Réduit à se défier de ses meilleurs serviteurs, vivant isolé dans son palais, n'écoutant que les intrigants qui flattaient son amour-propre, jaloux des succès de ses lieutenants, jaloux surtout de ceux du comte de Modène, le seul de ses amis qui tentât de l'arracher à la voie fatale qu'il suivait, le malheureux prince se sentait incapable de débrouiller ou de briser les fils des intrigues nombreuses où il était enlacé. Il fermait les yeux sur les désordres de son intérieur et n'accordait pas beaucoup plus d'atlenlion à ceux de la place publique. Il croyait naïvement que sa seule présence devait calmer les tempêtes et imposer silence aux mutins. Sa grande mine, son air délibéré, la grâce et la hauteur de ses paroles, les coups de canne dont il les assaisonnait souvent, l'admiration mêlée de respect qu'inspirait son audace, lui avaient en effet suffi, dans les premiers temps, pour rétablir l'ordre. Mais tout s'use à la longue, même les moyens persuasifs dont Guise appuyait ses discours : des coups de bâton paraissent un médiocre argument à des gens qui demandent du pain. Or, la misère et la famine décimaient les quartiers populeux; les grains n'arrivaient plus à Naples, la cavalerie ennemie ravageant les campagnes et fermant tous les passages; les bandits qui pullulaient par tout le royaume mettaient la main sur le peu qui échappait aux Espagnols. Aussi le meurtre, le pillage, l'incendie, étaient-ils, comme au temps de Mazaniello, des événements quotidiens. Les partis qui divisaient la ville avaient sans cesse les armes à la main. Un jour c'étaient les lazzarones qui coupaient la tête à l'élu du peuple au-
quel ils imputaient la famine (i). Le lendemain, c'étaient les habitants du faubourg délie Vergini qui s'armaient contre les nobles et pi'.laient leurs demeures (2). A chaque émeute, il fallait que le duc de Guise descendît sur la place publique et se jetât au milieu des furieux. Il usait ainsi le peu de prestige qui s'attachait encore à sa personne.
Il ouvrit enfin les yeux sur la situation. Renonçant un peu tard à l'idée chimérique d'expulser les Espagnols avec ses seules ressources, il humilia son orgueil et jeta vers la France un cri d'alarme. Le 10 mars (3), son capitaine des gardes, Âgoslino Liéto, fut envoyé à Rome près du marquis de Fontenay, qui convoqua, pour l'entendre, un conseil composé de l'abbé de Saint-Nicolas, du cardinal Grimaldi et de quelques autres prélats dévoués à la France. Devant cette assemblée, Liéto exposa l'état précaire où le duc était réduit; il dit qu'il lui fallait des troupes le plus tôt possible et de l'argent immédiatement; que si les Napolitains n'étaient promptement secourus, ils retourneraient sous l'obéissance de l'Espagne, la faim ayant plus d'empire que la crainte des supplices. 11 ajouta que, d'ailleurs, les Espapjnols étaient disposés à laisser Naples se constituer en république, pourvu que leur Roi fût déclaré prolecteur du nouvel état.
Fontenay, de plus en plus hostile au duc de Guise, disposé à mettre en doute tout ce qui venait de lui, et pré-
(1) Mémoires du comte de Modène, t. II, p. 358.
(2) Id., p. 4-62. Les déclarations du duc de Modène sur ce point si grave, de la disette qui régnait alors à Naples, sont en désaccord avec ce que dit Guise (t. LVI, p. 100, des Mémoires, coll. Peiilot). Mais le récit de Modène offre bien plus de vraisemblance, n'étant pas, comme celui du duc de Guise, écrit sous l'influence de l'intérêt personnel. 11 est d'ailleurs confirmé par tous les écrits contemporains.
(3) C'est Guise qui donne cette date. {Mémoires, etc., p. 87.)
venu par les rapports envenimés que Gennaro lui adressait journellement, Fontenay répliqua qu'il ne croyait ni à un changement si prompt dans les intentions de l'Espagne, ni à la résolution qu'on prêtait aux insurgés. Là-dessus, Liéto tira de sa poche et jeta sur la table du conseil une protestation que Guise lui avait remise toute préparée, et dans laquelle il mettait à la charge des ambassadeurs de France la responsabilité des événements qu'allait entraîner leur refus, après quoi il se retira fièrement.
Celte conduite donna à réfléchir aux deux ambassadeurs; ils inventèrent une combinaison savante, d'après laquelle, sans bourse délier, ils trouvaient le moyen de fournir des blés à Naples (1). Peu confiant dans le succès des négociations confiées à son capitaine des gardes. Guise avait d'ailleurs, en même temps qu'il l'envoyait à Rome, expédié à la cour de France un homme habile, le sieur Lambert, chargé d'une dépêche où le prince, renonçant enfin à toute vaine forfanterie, mettait à nu les difficultés de sa situation et réclamait l'envoi immédiat d'argent, de blé et de troupes. Celte lettre parvint à Paris dans les premiers jours d'avril; elle n'eut d'autre résultat que de faire imprimer une activité nouvelle aux préparatifs de l'expédition et ne changea rien à la politique désormais bien arrêtée de Mazarin. Instruit des intelligences pratiquées par les Espagnols dans l'entourage du duc de Guise, des fautes de ce prince, de son impopularité croissante, le ministre n'avait plus qu'une crainte : c'était que cette dictature si mal assise ne croulât avant l'arrivée des troupes
(I) Lettre de Brienne au marquis de Fonlenay, du 24 avril 1648. Le ministre y accuse réception d'une dépèche de l'aiiihassadeur en date da 30 mars, et approuve la combinaison qu'il a adoptée poiir assister le peuple de Naples sans nous exposer à aucune dépense. (V. p. 333 et suiv.)
envoyées à son secours (1). Bien qu'il crût ou qu'il feignît de croire à ce que lui avait dit le sieur Lambert de l'anéantissement du parti de Gennaro Annèse (2), Mazarin n'en recommandait pas moins à ses agents de ménager ce parti et même d'assurer son chef de la bonne volonté du Roi, mais à l'insu de Guise et en prenant bien soin qu'il ignorât cctle démarche (3). 11 se réservait évidemment, en cas de succès éclatant remporté par nos armes, d'opposer l'armurier au prince et de les ruiner l'un par l'autre, après avoir renversé la domination espagnole. Ainsi s'explique l'étrange contradiction qu'on remarque entre le langage bienveillant et même flatteur qu'il tenait au duc dans ses lettres, et les termes sévères dans lesquels Brienne et lui, dans leurs dépêches secrètes, appréciaient, à la même époque, la conduite de l'illustre aventurier. Non content de le complimenter sur ses succès militaires, de le féliciter d'avoir détruit le parti de Gennaro, fait dont il avait les plus graves raisons de douter, Mazarin allait jusqu'à lui envoyer des excuses au sujet des sévérités exercées contre sa maîtresse. Il lui donnait même clairement à entendre que l'étroite claustration à laquelle W^^ de Pons avait été condamnée par la reine n'avait eu d'autre but que de la garantir contre de trop faciles entraînements et de sauvegarder ainsi les intérêts de cœur de son amant (4-).
(1) Lettre de Mazarin au duc de Guise, en date du 8 avril.
(2) Même lettre.
(3) Après le refus fait à Liéto, le marquis de Fontenay, sur les ordres de Mazarin, s'était résolu à envoyer à Naples l'un de ses agents, le sieur Pennautier, porteur d'argent destiné à acheter du blé qu'il devait revendre au peuple à prix coûtant. Telle était la combinaison inventée par le marquis de Fontenay pour assister Naples sans qu'il nous en coûtât rien. Mais Pennautier n'arriva à Naples qu'après la chute du duc de Guise.
(4) « Quand votre secrétaire vous aura entretenu, vous reconnaîtrez
A la même époque, il faisait écrire par Brienne des lettres où la conduite du duc à Naples était vigoureusement blâmée (i), et oii la folle passion qu'il portait à ]\1"° do Pons élait représentée comme la principale cause de son aveuglement et de ses mésaventures (2).
Ainsi, Mazarin ne se faisait point illusion sur l'échec qui menaçait le représentant des intérêts français à Naples. Il se flattait toutefois que celte dictature durerait assez pour permettre à notre armée d'arriver et d'emporter les châteaux. Le langage qu'il tint après la catastrophe qui termina l'odyssée du duc de Guise donne même lieu de croire qu'il considérait ce prince plutôt comme un obstacle que comme un appui, et qu'une fois maître des forteresses qui commandent Naples, il l'eût immédiatement sacrifié (3). L'habileté du comte d'Oilate, qui mit tout en
que je n'ai rien oublié pour servir ladite demoiselle. Que si la reine a fait quelque chose qui ne lui a pas plu eniièrement, je ne doute pas que vous n'en soyez bien aise sous beaucoup de rapports, lorsque vous saurez comme quoi la chose s'est passée. » (Lettre de Mazarin au duc de Guise, en date du 8 avril 1648, dans Moclène, t. l-^r, p. 200.)
(1) Lettre de Crienne à Fontenay, du 3 avril 1648. Le ministre y attribue le mauvais train que suivent les affaires de Naples a au peu de conduite de M. de Guise, qu'il f.iult néanlmoins mesnager, de crainte que, s'emportant à quelque extravagance, le peuple, qui lesmoigne toujours de l'affection à la France, ne soit accablé par les Espagnols. » (V. p. 314.)
(2) Lettre de Brienne à Fontenay, du 28 avril 1648. (V. plus loin, p. 334.)
(3) Dans l'introduction que les éditeurs de la collection Petitot ont placée en tête des Mémoires du duc de Guise, on lit la note suivante : « On prétend qu'il (le duc) écrivit à plusieurs personnes de la cour pour les engager à aller à Naples, les assurant qu'il pouvait disposer de marquisats et de duchés de plus de 20,000 écus de rente. On ajoute qu'il chargea le duc de Brancas d'épouser iMH'^ de Pons par procuration, et que cette pièce a été faite au nom de Henri, par la grâce de Dieu, roi de Naples. » Ce ne sont là que des bruits de cour, dont aucun document authentique ne certifie le juste fondement, du moins à notre
œuvre pour précipiter le dénoument avant rintervention des armes françaises, épargna cette honte à notre diplomatie. Quelques lignes sufliront maintenant pour rappeler ce que fut ce dénoument.
La défiance continuelle, l'inquiétude fiévreuse dans lesquelles Gui?e vivait étaient antipathiques avec sa nature ouverte et audacieuse. Il se dit qu'il serait plus à l'abri du fer et du poison dans un camp qu'au miUeu d'une ville insurgée, et que rien n'est plus propre à apaiser les émeutes qu'un grand succès militaiie. Il résolut donc de saisir la première occasion qui se présenterait pour sortir de Naples et frapper les esprits par une action d'éclat. Il avait d'ailleurs à prendre sa revanche d'un échec qu'il avait éprouvé le 12 février, lorsque, ayant tenté un assaut contre les postes occupés par les Espagnols, il s'était vu repoussé sur tous les points (1).
Ce projet cadrait à merveille avec les secrets désirs du comte d'Onale; le temps pressait : encore une quinzaine, et la flotte française ferait voile pour Naples. Il fallait qu'à son arrivée elle trouvât cette ville rendue à ses anciens maîtres. Or, pour tenter ce coup hardi, on devait préalablement en faire sortir le duc de Guise.
On apprit un jour que les Espagnols venaient de s'emparer de l'île de Nisida. Les familiers du prince lui représentèrent aussitôt que ce point était justement celui qui
connaissance, liais il est certain que Guise fit frapper monna'e à son nom, qu'il reprit les armes des anciens rois de Sicile. 11 nous paraît donc hors de doute, malgré qu'il dise le contraire en maint endroit de ses Mémoires, qu'il aspirait à se faire à Naples une situation indépendante de la France; et c'est ce que Mazarin, qui voulait placer ce royaume sous la domination, ou tout au moins sous le protectorat de Louis XIV, n'eût certes pas toléré. Toute la correspondance que nous publions ici l'atteste hautement, (l) Mémoires du comte de Modène, t. II, p. 418 à 424.
LÎX
convenait le mieux au débarquement de la flotte, et qu'ainsi il avait grand intérêt à le reprendre. Le malheureux prince sortit de Naples le 8 avril, à la tète de six mille hommes et de huit pièces de canon. Dans la nuit du 5 au 6, Gennaro Annèse et ses complices livrèrent aux Espagnols la grosse tour de l'Arsenal et une des portes de la ville. Les troupes pénétraient sans difOcullé jusqu'au cœur de la cilé en criant: « La paix! la paix '.plus de gabelles! » En môme temps on répandait le bruit que Guise avait traité avec l'Espagne. Il n'y eut pas même de sang répandu. Quand don Juan et le comte d'Onate arrivèrent au milieu de la place du Marché, s' avançant en cavalcade et comme en partie de plaisir, et suivis de Gennaro et de la noblesse, tous les lazzarones jetèrent leur bonnet en l'air aux cris de: « Vive le roi! vive don Juan d'Autriche ! » En quelques heures la ville entière se retrouva espagnole.
Guise essaya d'y rentrer; mais ce mouvement avait été prévu : tous les passages étaient fermés. Il tenta de s'enfuir dans les Abruzzes et fut pris près de Capoue. Le comte d'Onate voulait qu'on le traitât comme Conradin et qu'on dressât immédiatement son échafaud. Il dut la vie à la générosité de don Juan, qui ne voulut pas souiller d'un sang illustre sa facile victoire. Transféré en Espagne, il y resta quatre ans prisonnier.
Ce fut seulement le 27 avril, vingt et un jours après l'événement, que Mazarin connut ce qui venait de se passer à Naples. « C'est un m.alheur qui ne me surprend pas, écrivit-il aussitôt. Il y a longtemps que je crois qu'il fallait un perpétuel miracle pour faire durer les affaires au même point, d'après la conduite que tenait le duc de Guise. On n'a rien oublié pour le redresser et pour lui faire connaître que lui-même creusait un précipice infail-
lible, s'il ne prenait d'autres maximes que celles qui l'ont aveuglé (i). »
Mazarin prit donc bien vite son parti de cet échec, il semble même qu'au fond il ne fut pas fâché d'un événement qui satisfaisait la reine en humiliant M^'" de Pons, et qui le débarrassait d'un homme qui eût singulièrement contrarié ses projets sur Naples. Il le fait clairement entendre dans une dépêche adressée à Du Plessis-Besançon : « Pourvu que nous trouvions dans le royaume quelqu'un qui nous tende la main, les affaires sont en meilleur état que quand M. de Guise en avait la direction, avec les idées chimériques dont il se repaissait, et qu'il nous eiàt été impossible de lui ôter jamais (2) » De son côté, le comte de Brienne, après s'être presque applaudi de la catastrophe du duc de Guise, écrivait le i^^ mai à M. de Fontenay : « Il se peut dire que si l'armée paraissait devant Naples, il ne serait pas difficile d'y rétablir les affaires; » et le 8 : « Il y a lieu de croire, du moins d'espérer, que si notre flotte arrive la première, que sa diligence sera payée de l'acquisition d'un royaume; » puis cette phrase très-significalive : « Le peu de fortune qu'à eue M. de Guise aura peut être autant avancé la nôtre que sa présence de par delà y pouvait apporter de traverses. » Plus confiant encore, il ajoute le 15 mai, en parlant du désir de liberté et de soulagement que manifestaient les Napolitains : « On leur procurera l'autre bien, qu'ils passent sous la domination de cette couronne. >>
Mazarin se trompait; Brienne et Fontenay se faisaient
(1) Lettre en date du 27 avril lGi8, adressée au duc de Clioiseu], maréclial Du Plessis-Prasiin, qui commandait l'armée française en Lombardie, sous le duc de Modène.
(2) Dépêche du 5 mai 1G48, publiée dans les Mémoires du comte de Modène, t. I, p. 213.
d'étranges illusions (1). Il ne se trouva personne à Naples pour nous tendre la main, et l'armée française reparut une seconde fois devant cette côte fatale sans exciter le moindre mouvement parmi le peuple (2). Le seul résultat que produisit sa présence fut de fournir aux Espagnols un prétexte pour mettre à mort Gennaro Annèse, comme coupable d'avoir continué ses intelligences avec la France. Le ministre put mesurer alors l'étendue delà faute qu'il avait faite, en n'aidant pas loyalement et sans arrière-pensée le jeune conquérant, dès la première expédition française, quand il était possible de le faire utilement, et que Guise n'avait point encore perdu le prestige et l'autorité morale qui seuls le soutinrent pendant près de cinq mois dans la position difficile où il s'était placé. La préoccupation de la pacification générale impérieusement nécessitée par l'état de la France, la détresse de nos finances, l'opposition de la reine, le peu de confiance qu'on avait dans le caractère du personnage qu'il s'agissait de maintenir sur le trône de Naples, excusent sans doute le chef du cabinet français. Mais, dit Monglat, « si le cardinal de Richelieu eût été vivant, cette révolte eût eu une tout autre suite. »
(1) Oq trouverait encore de nouveaux détails sur la triste conclusioa de l'entreprise du duc de Guise dans un article publié par la Bcvue des questions liistoriques, sous ce titre : Le marquis de Fontenay et son ambassade à Rome, en iGil et iGiS, d'après une correspondance inédile tirée des archives des Affaires étrangères, par Gustave Baguenault de Puchesse.
(2) Voir, sur cette seconde expédition, les longs extraits des dépêches de Brienne, qui nous ont été communiqués par M. Chéruel, et que nous publions en appendice aux pages 343 à 374 du présent recueil.
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L'EXPiDITION Dl] DUC DE GIJISE