SECONDE ILLUSION
Après cette première illusion, une seconde plus dangereuse allait bientôt disparaître à son tour. Le
plan entier reposait sur cette idée : que les peuples d'Amérique, et en particulier le peuple mexicain, s'inclineraient sans défense devant la renommée du Deux- Décembre, qu'ils l'acclameraient du rivage et l'enracineraient eux-mêmes dans leur territoire aussitôt que l'occasion en serait donnée.
L'Amérique déjà décembrisée, n'attendait que le moment de rejeter ses libertés, ses institutions, pour proclamer à son tour sa servitude.
Du jour au lendemain, des nations entières passeraient de la liberté à l'obéissance aveugle. Comment croire, comment imaginer que des populations pauvres, dispersées, incultes, refusent le joug que portent avec complaisance les peuples souverains, qui se disent les plus civilisés. Que l'on débarque seulement. Le prestige du joug agira à dix-huit cents lieues de distance.
-. On sait ce que sont devenues ces visions. Il est quelquefois dangereux de trop mépriser les hommes. On reçoit alors des leçons de ceux qui semblent le moins en état d'en donner.
. Le peuple Mexicain, que l'on croyait pouvoir fouler aux pieds, ce pauvre ver de terre, s'est soulevé contre tant de mépris ; il a éprouvé quelque chose de l'indignation du peuple espagnol, lorsque en 1809, une politique de la même famille, déchaîna les Espagnes contre nous ; et aujourd'hui, en 1862, nous voilà menacés d'une guerre d'Espagne à deux mille lieues de la France ! Prenez garde ! Il y a aussi en Amérique des Baylen 1
Je n'ai point à raconter ici comment éclatèrent dès
les premiers pas, les vices de l'entreprise. La population soulevée, les villes désertes à notre approche, Vera-Cruz rempli de nos cadavres, les communications coupées, la résistance d'Orizaba, la retraite obligée des nôtres, l'inquiétude, les faux bruits sur ce groupe d'hommes jetés au hasard dans un autre continent, au milieu des hostilités de toute une nation que Ton a forcée d'être ennemie. Que pouvait le courage le plus intrépide des nôtres contre la situation impossible où les avait placés la légèreté, l'illusion, le vertige d'une politique sans contrôle et sans frein ?
Se barricader dans les villages, repousser les attaques, . donner le temps d'arriver aux renforts que l'imprévoyance retenait encore en Europe, voilà ce qui était possible. Ils l'ont fait avec le sang-froid, l'abnégation héroïque qu'aucune position désespérée ne leur ôtera jamais ! Et je ne parle pas de ceux qui, sans avoir eu la joie de combattre, ont été tués obscurément par le climat sur ce littoral meurtrier, où les arrêtait le soulèvement des populations indigènes. Était-ce là ce qu'avait promis l'auteur de l'entreprise? Elle ne pouvait avoir de sens que par l'empressement de la foule à passer sous le joug. Elb où était cet empressement servile ? En face, l'armée nationale, des guérillas qui se forment et nous harcellent de .tous cotés, une indignation unanime, nos approvisionnements déjà rendus difficiles, nos convois coupés et .pillés, sont-ce là les prodiges que devait accomplir en se montrant le prestige du Deux-Décembre ? " On a ,été trompé !" s'écrie le général français dans sa pro- . clamation.
' . ia bonne hen^ i fc^iie, „, . * ait i erreur? n •
** P 1 ** de trent ' ^ de P«* on- . * Wen8 d * le Comme ,,: ent e-hui t nJj,. °°/ e ans paraît seul i
* J-^e lisant 2f d 7 d d « ^ nç ais I ^ à
^*»t eovo^ ^»> poussera j2 u ^T "*«■•
^^ ««Ile, c ? n Ue u C 2 q mille hommes on ^ °* le peupi e a,^ 811 ' 6 mille rfi Zj en enve "a <1**^ juchée dW Cain «oit B ' ? le faut ' J«*qu'à ce «^ ^s -U^^propre 2*£- * J„ 2
tore .' iJ P8 ? •« b eso ^ P°^oir absolu : fl n'a , . hum*****' i, ° Ur ^oi c L de P«nser des il J 1 " 8 " -
retirai ^ «**i* qn^' «^ Jamais il ne se peupla fx^ *• veut ^ ^ é P^ée. ^ notoire / J>*' * *« 1^ de ««us, rien de ,
trompe^ * «^* *** ^7^ nou * ^es
enfoncer & m **« a l'i Uu8io „° m P er «co^ nous
l'injuste' ^«ve^ ^ dan8 Ie «** dans
ment du p*^ Euco *°^ours ,Zj .T* IWe ^ Ie -
partiste. H/» Jût £ ?» * W? , ' e8prit b °»a- Je n'ai pas ** ^ ois */* doC^ dan * b gouffre, et pourtant J e ** d * e • J! ** COnseiIs *> «alut
' «a* qui applaudisse^
aujourd'hui de tels projets, parce qu'ils vous supposent puissant, seront les premiers à vous insulter, dès que vous ne le serez plus ! C'est par ces sortes d'entreprises insensées, par ces visions théâtrales, par ces attaques déloyales, par ces surprises contré l'indépendance des peuples, par ces défis à la conscience, par cet acharnement dans l'injustice, que vous avez déjà péri une fois sous la colère du monde, entraînant après vous la France dans la ruine. Songez-y. Instruisezvous par votre histoire.
Question d'honneur! dites- vous? Moyen assuré par lequel un maître absolu enchaîne à toutes les fantaisies qu'il lui plaît de concevoir, une nation aussi susceptible que la nôtre. On engage une affaire d'avant-poste ; dès lors plus de paix, ni de trèvé. Il faut envahir tout le territoire. A-t-on osé vous disputer la frontière ? Il ne faut plus s'arrêter que dans la capitale. Appliquez cette méthode à de grands états, à l'Allemagne, à l'Angleterre, à la Russie, et dites-moi, je vous prie, où cela vous conduit? Ne faut-il traiter de la paix que dans les capitales étrangères ? Est-ce là votre nouveau principe ? Dans ce cas, il n'est plus une seule querelle, qui ne doive devenir une guerre à fond. La France a signé plus d'une fois des traités qu'elle croyait glorieux, et qui deviennent des opprobres selon vous.
Celui de Campo-Formio est-il une honte, pour n'avoir pas été signé à Vienne ?
N'appliquerez-vous ce principe d'oppression qu'aux petits états? Que devient alors ce prétendu point d'honneur ? Parce qu'un peuple a osé défendre ses
frontières contre l'invasion, faut-il qu'il soit extirpé de la terre? Qui a jamais douté que trente-huit millions d'hommes ne puissent en réduire et asservir six ou sept millions P Vous le savez comme moi ; la gloire n'a rien à voir dans cette affaire.