‹ L'expédition militaire de Manitoba, 1870 [microforme]Chapitre 3 sur 18 · PRÉPARATIFS DE L’EXPEDITION · texte numérisé non relu

PRÉPARATIFS DE L’EXPEDITION

(Du 11 mars au 5 mai 1870).

Comme il ne fallaii pas songer à passer sur ! : territoire des Etats- Unis, la question d’une marche à travers les contrées désertes qui nous séparent de la Rivière Rouge devenait épineuse. fl est vrai que depuis 1866, notamment, des essais de route avaient été tentés par les autorités canadiennes pour établir des communications avec le fort Garry, mais le chemin-Dawson n’était encore qu’un com. mencement d'exécution de ce pian général et ne rachetait pas même iout-à-fait les difficultés que présentent les premiers males à parcourir en quittant la baie du Tonnerre, sur le lac Supérieur, pour s’enfoncer vers l'Ouest.

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DE MANITCBA. 11

{ On savait que des bateaux avaient passé du fort F,ances à la rivière Rouge par la Winipig, mais jamais aucun bateau ou vaisseau plus grand ou plus pesant qu’un canot n'avait été employé dans le vaste désert de rochers, de marécages et de lacs qui sépare la baie du Tounerre du fort Frances. ! De fait, des troupes avaient été expédiées dans trois occasions antérieures, par la Baie d'Hudson, afin d'éviter cette contrée ; la compagnie de ia Baie d'Hudson avait mème déclaré dans un mémoire * au gouvernement anglais que la route était impraticable pour d’autres embarcations que les canots et que ces canots n'étaient pas propres au transport d’une force militaire—ce qui était exact quant aux canots. L'opinion générale en Canada penchait aussi de ce côté, mais le ministère d'Ottawa, mieux renseigné, savait à quoi sen tenir, * et donna ordre à Mr. Dawson de faire construire es chaloupes ou bateaux d'une forme particulière, qui furent prètes à l’ouverture de la navigation et expédiées de suite à la Baie du Tonnerre.

Ces bateaux avaient de 25 à 30 pieds de long, sur 6 ou 7 de large. Par un ordra en Conseil passé le 11 mars, le gouvernement canadien prit les mesures nécessaires à l’achat des provisions, soin dont il chargea l’un de ses officiers, le lieut. col. Wily. Ce dernier, ( homme brisé aux affaires et familier avec les choses de noire pays, s'est admirablement acquitté de ses fonctions. Dès le 21, il faisait rapport que les wagons, le foin, l’avoine, les chevaux, les bœufs, les harnais étaient achetés, ou commandés, et que des arrangementsallaient être pris pour obtenir le lard et la farine nécessaires. Le 5 avril, tous les contrats étaient passés ou en voie d'exécution. En même temps, le ministre de la milice écrivait au lieut. général Lindsay que le lieut. col. Wily était à sa disposition, et le priait en

Ullest vrai qu'en 1816 lord Selkirk s'était rendu à la Rivière-Rouge par la Baie du Tonnerre, ayant avec lui, outre une escorte nombreuse, un lieutenant, deux sergents et douze hommes du régiment des Meurons qui lui avaient été adjoints par le gouvernement du Canada, pour sa sûreté personnelle, vu la rivalité à main armée qui existait entre les compagnies de la Baie d'Hudsor et du Nord- Ouest et qui rendait le voyage très hezardeux, mais la caravanc n'ayant pas de canon à porter, ne se servit que des embarcations usitées dans ie pays.

Cette année 1816 fut féconde en meurtres dans le Nord-Ouest, il y en eut vingtdeux, parmi lesquels celui de M. Semple, le gouverneur de la compagnie de la \ Baie d'Hudson.

2 En même temps, (printemps de 1870) la Compagnie s'efforçait de persuader aux gouvernements anglais et canadiens qu'il était urgent de placer une garnison à dans son fort d'York, situé à la Baie d'Hudson, au débouché d'une route de cannots qui communique au fort Garry.

3 On peut dire à la lettre que Mr. Dawson avait su tracer pas par pas l'itinéraire e devait suivre l'expédition et que c'est à lui que revient l'honneur d'avoir écouvert la route. k

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