‹ L'expérience humaine et la causalité physiqueChapitre 134 sur 263 · Deuxième Analogie, B. I · texte numérisé non relu

Deuxième Analogie, B. I

médiatrice du temps : « Une détermination transcendantale du temps esl homogène à' la catégorie (qui en constitue l'unité)., tu banj qu'elle est universelle et qu'elle repose sur une règle a priori. Mais elle est, d'un autre côté, homogène au phénomène en ce sens que le temps est impliqué dans chacune des représentations empiriques de la diversité1. » Du moment (lue la synthèse est opérée entre chacune des douze catégories cl la forme a priori de l'intuition temporelle, il est assuré que les phénomènes de la nature seront soumis aux catégories de l'entendement, puisque c'est à travers le temps qu'ils sont reçus dans la conscience. Dans la mesure donc où la causalité sera susceptible d'une application au savoir positif et à l'expérience véritable (abstraction faite par conséquent de toute référence h une intuition intellectuelle qui est pour l'homme une chimère, ou à une foi pratique qui est d'origine morale el religieuse), la causalité sera inséparable de la succession : « La succession est donc en tout cas l'unique critérium empirique de l'effet, dans ses rapports avec la causalité de la cause qui le précède 2. »

Peu importe que l'intervalle entre l'apparition de la cause et l'apparition de l'effet se resserre au point de paraître imperceptible ; car c'est une question de qualité, non de quantité : « Il faut bien remarquer ici qu'il s'agit de V ordre du temps et non de son cours ; le rapport demeure, bien qu'il n'y ait pas eu de temps écoulé. Le temps entre la causalité de la cause et son effet immédiat peut s'évanouir (et par conséquent la cause et l'effet être simultanés), mais le rapport de l'un à l'autre reste toujours déterminable dans le temps. » (Ibid., p. 262.)

Par contre, la considération de l'ordre inhérent à la succession, ordre dont l'objectivité permet l'application réelle de la causalité, donne au temps, dans la seconde Analogie de VExpérience, un caractère et un rôle particulier, qui confèrent au principe de causalité une place exceptionnelle dans le système, en apparence rigide et homogène, de Y Analytique transcendantale . Pour les Axiomes de l'intuition et les Antici pa fions de la perception, qui ne concernent que les jugements d'ordre mathématique, pour le principe de la permanence, le temps est un schème abstrait, susceptible d'être représenté par une image spatiale. Mais le temps dont parle Kant dans la justification du principe de causalité, c'est tout autre chose qu'une forme médiatrice, qu'un instrument de représentation.

1. Schématisme de V Entendement pur, B. I, 200. Cf. La Modalité du. Jugement, 1897, p. 66.

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