‹ L'expérience humaine et la causalité physiqueChapitre 151 sur 263 · Vie et Correspondance, t. IV, 1907, p · texte numérisé non relu

Vie et Correspondance, t. IV, 1907, p

2. Dans l'ouvrage qu'il a consacré à Tait, M. Knott a publié une lettre de Maxwell, du 27 août 1864, qui raconte une séance de la Britisk Association : Herbert Spencer reproche aux savants qu'ils prennent le mot de force dans un sens trop limité et trop défini pour être utile dans une théorie de l'évolution : « Le mieux est d'en user tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, de façon à couvrir un large champ de pensée. » (Life and Scicntific œorks of Peter Guthrie Tait, Cambridge, 1911, p. 175). Ainsi, de L'aveu même de Spencer, se trouve justifiée la remarque suivante de M. Meyerson : « Herbert Spencer usait sans scrupule du concept de force, tout à fait à la manière des Naturphilosopheti allemands. » [Identité et Réalité, 2e édition, 1912, p. 81.)

.'!. (T. l'Orientation du Rationalisme, Revtéede Métaphysique, 1920, p. :«>•">

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moderne ; grâce a la méditation profonde de ses conditions d'-existenoe, il est parvenu à définir ce que nous avons appelé ta cànsdence intellectuelle du savoir. En revanche, les penseurs du xi\° siècle qui se sont détournés du kantisme, effrayés i l'avance par la tension spéculative que réclame l'attitude critique, n'ont guère fait que tirer, d'un contact superficiel nvc La sciem-oe, l'occasion de revenir aux généralités conceptuelles qui, d'Aristote à Bacon, formaient le seul contenu de La philosophie. De ce renoncement à la critique, nous empruntons un témoignage des plus significatifs à la Préface du Traité le chimie physique, de M. Perrin.

Dans cette Préface, qui est de 1903, l'auteur évoque des souvenirs qui n'avaient guère plus d'une dizaine d'années :

Nous nous rappelons comment on nous enseignait tour a bour, par un ironique rapprochement de difficultés du même rdre, Les démonstrations élémentaires de la mécanique et les 'êveries des métaphysiques. Certes, nous ne comprenions pas, mais, peu confiants encore en la 'force de notre intelligence , nous acceptions volontiers d'unir, dans un même sentiment d'admiration quelque peu ahurie, avec les théorèmes relatifs à « la force », la preuve ontologique de l'existence de Dieu (p. xi). » Or, à ce moment, il y avait déjà un siècle que la philosophie critique, achevant l'œuvre de Gaunilon et de Gassendi, avait mis en évidence le sophisme fondamental de la rhéologie rationnelle ; comme, d'autre part, l'effort de Y Analytique transe en dantale avait pour but de justifier l'introduction dans la mécanique des notions a priori de mouvement et le force, en les rapportant aux conditions de la connaissance intellectuelle, et sans avoir à invoquer ce réalisme dynamique dont les savants du xvin6 siècle avaient dénoncé le caractère ibstrait et illusoire.

Mais il est vrai qu'entre la mécanique déjà toute positive de Lazare Carnot et la métaphysique pour le moins incertaine de Maine de Biran, plus d'un savant avait choisi la seconde. De quoi on relève l'aveu dans une publication semi-officielle : YExposé de la situation de la mécanique appliquée, rédigé par Collignon (avec la collaboration de Combes et de Phi- Lipps), à l'occasion de Y Exposition de 1867 : « Les perfectionnements des méthodes d'enseignement, en partie dus à Carnot, n'ont pas justifié tous ses scrupules, et la force est restée lans la mécanique comme une notion claire, simple, irréductible, révélée à chacun de nous par la conscience même de nos efforts musculaires (p. 31). » Et, tout en se réservant de donner à cette définition une interprétation relativiste et phénoménale, Stallo, dans son ouvrage d'une critique si péné-

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