‹ L'expérience humaine et la causalité physiqueChapitre 159 sur 263 · Ve Leçon, t. I, 1830, p. 142. Note · texte numérisé non relu

Ve Leçon, t. I, 1830, p. 142. Note

LA PHYSIQUE POSITIVISTE

a donnée Lagrange, apparaît, aux yeux de Comte, « aussi fortement coordonnée qu'elle puisse jamais l'être1 ». D'autre part, une fois dissipés les nuages ontologiques qui entouraient les principes de la géométrie ou de la mécanique, l'interprétation des théories physiques s'offrira d'elle-même, exempte de toute incertitude et de toute obscurité. On ne sera plus tenté de leur demander autre chose que des relations générales, revêtues de toute la précision que comportent les méthodes de mesure et de calcul. L'idée vraie de la physique mathématique est celle de Fourier qui, « dédaignant la facile ressource de disserter algébriquement sur des fluides imaginaires, s'est admirablement imposé la condition sévère d'une parfaite positivité. » (28e Leçon, II, 460.)

Au contraire, l'école de Laplace a poursuivi ses travaux dans une région équivoque, située entre la science positive et la métaphysique pure. Intervertissant les rapports naturels de l'expérience et de la raison, elle abusait de la rigueur propre à l'instrument mathématique pour tenter d'ajouter aux formules expérimentales un genre de certitude et de clarté qui, n'étant pas emprunté aux faits, devait se révéler illusoire et décevant. « Les géomètres... le plus souvent, prenant le moyen pour le but, ont embarrassé la physique d'une foule de travaux analytiques fondés sur des hypothèses très hasardées, ou même sur des conceptions entièrement chimériques, et où, par conséquent, les bons esprits ne peuvent voir réellement que de simples exercices mathématiques, dont la valeur abstraite est quelquefois très éminente, sans que leur influence puisse nullement accélérer le progrès naturel de la physique 2. » Et, en effet, n'est-ce pas un abus de parler encore de physique, alors que l'on commence par perdre de vue toute application directe à la réalité des phénomènes ? « Le plus souvent, remarque Comte, ce n'est point proprement à la physique que l'analyse s'applique, mais à la géométrie ou à la mécanique. » (îbid., II, 408.) Tour à tour, la théorie de la capillarité, la photométrie, l'acoustique, lui donnent l'occasion de signaler et de combattre « l'influence inaperçue de la prédisposition trop commune à retrouver dans tous les phénomènes la formule mathématique de la gravitation, en vertu du préjugé métaphysique sur la loi absolue des irradiations quelconques3 ».

Etre newtonien suivant la conception qui s'inspirait de

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