Revue des Deux-Mondes, 1"' août, 1833, p
LES DIFFÉRENTES DIRECTIONS DE l'aTOMISME
occupe un volume considérable par rapport à celui occupé par la masse solide ou liquide. L'atmosphère, sensible aux agents extérieurs, est le siège de phénomènes perceptibles du dehors, mais la masse interne ne se manifeste d'une manière tangible qu'au moment d'un cataclysme ou d'une éruption volcanique 1. » 11 serait téméraire d'ailleurs de prédire la place réservée dans la science de demain à cette conception, qui n'est peut-être pas une conclusion définitive. Nous pouvons du moins en retenir la portée négative. Au moment même où les conceptions atomistiques engendrent dans les différents domaines de la nature les découvertes les plus inattendues et les plus fécondes, la science se sent aussi impuissante que jamais à saisir cette dernière raison des choses, dont la possession avait été l'espérance première de l'atomisme pur. Dans la conclusion d'une étude où il avait présenté les diverses tentatives pour reconstituer la structure de l'atome lumineux, M. Charles Fabry écrit : « Il reste cette impression que la notion d'atome perd de plus en plus son sens étymologique. Tout conduit à le considérer comme quelque chose de très compliqué, et la substance unique qui formerait le monde matériel doit être cherchée beaucoup plus loin -. » Et chaque fois que les merveilleux progrès du calcul théorique et de la technique expérimentale nous ouvrent des voies insoupçonnées vers l'analyse de la matière élémentaire, la même thèse s'impose à nous avec une autorité, avec une évidence nouvelles \
1. Deiwkknk. Sur les transformations radioactives, apud La Constitution de la Matière, p. 331. Voir la conférence de M. J.-J. Thomson sur la Structure de V atome, au Conseil de l'Institut International de Physique Solvay, du 27 octobre 1913, La structure de la Matière, 1921, p. 1 ; et Soddy, Le radium, trad. Lepape, 1919, p. 300, M. Soddy considère qu' « il nous est actuellement possible d'y [dans l'atome] distinguer trois régions concentriques, entre lesquelles il ne s'effectue probablement aucun échange de constituants.» '
2. Les atomes lumineux et leurs mouvements, Scientia, décembre 1915, p. 377. Cf. Edmond Bai er, La théorie de Bohr, la constitution de l'atome et la classification périodique des éléments, 1922, p. 44.
3. Voir sur la théorie des atomes isotopes l'étude de M. Maurice de Bfo> plie : Le tvpe, chimique et la substance des corps simples, Scientia, décembre