La Science et VHypothèéex p
3. Edmond Bauer, Les quantités élémentaires d'énergie et d'aetiôffl apud Les Idées modernes, etc., p. 116.
l'interprétation critique de l'atomistique
drait infinie pour les très petites longueurs d'ondes... Il faut donc admettre que l'énergie de chaque oscillation varie de façon discontinue. Pianck a supposé qu'elle varie par quanta égaux, en sorte que chaque oscillateur contient toujours un nombre entier d'atomes d'énergie, de grains d'énergie 1 ».
Assurément la conception des quanta marque le triomphe de l'atomisme sur l'énergétique, obligée de subir la loi du vainqueur jusqu'à laisser l'énergie entrer dans les cadres de la discontinuité. Mais triomphe embarrassant et qu'on serait tenté de dire trop complet. A l'atome d'énergie il manque jusqu'à ce résidu de réalité, jusqu'à ce fantôme d'apparence, qui appartenait encore aux points singuliers de l'éther et où pouvait à la rigueur se prendre l'obstination du rêve ontologique ; les quanta de Pianck sont incapables de trouver place dans l'architecture d'un monde dont l'armature et la cohérence reposaient sur le système des mathématiques classiques. Ce qui est en question avec les quanta, ce n'est plus seulement la possibilité de traduire en intuitions qui parlent à l'imagination les équations dont se compose le tissu de la théorie positive, c'est la forme elle-même de ces équations2. La portée capitale d'une telle question avait été mise en évidence par Henri Poincaré dans ses réflexions sur le calcul des probabilités : « Je veux déterminer une loi expérimentale ; cette loi, quand je la connaîtrai, pourra être représentée par une courbe ; je fais un certain nombre d'observations isolées ; chacune d'elles sera représentée par un point. Quand j'ai obtenu ces différents points, je fais passer une courbe entre ces points ' en m'efforçant de m'en écarter le moins possible et, cependant, de conserver à ma courbe une forme régulière, sans points anguleux, sans inflexions trop accentuées, sans variation brusque du rayon de courbure... Pourquoi donc est-ce que je cherche à tracer une courbe sans sinuosités ? C'est parce que je considère a priori une loi représentée par une fonction continue (ou par une fonction dont les dérivées d'ordre élevé sont petites), comme plus probable qu'une loi ne satisfaisant pas