Y VOIR DU TOUT I
Et que voudraient-ils voir, en elïet , dans le cas qui nous occupe? Si un couperet très-tranchant , une hache bien aiguisée , un glaive convenablement afilé , sont capables de couper de la peau , du tissu graisseux , des muscles , des tendons , des os? Ils n'ont donc jamais passé dans une boucherie ?
Ceux qui étaient si désireux de voir tout cela , par leurs propres yeux , savaient bien , à la vérité, que l'expérience a déjà prononcé , sur ce sujet, des millions et millions de fois ; « mais, c'est » égal, disaient- ils, on ne l'a pas consultée encore,
» précisément dans le cas que vous indiquez ; il » importe donc, et la sagesse ordonne de faire » parler cette expérience, de nouveau, ex-professo, » assez souvent surtout, et jusqu'à ce qu'il ne reste » plus aucun doute; le tout , bien entendu , avant » qu'on ose faire l'application du nouveau pro- » cédé sur le vivant. »
Cependant, ces mêmes cauteleux confrères, qui en appelaient si fermement au témoignage de leurs yeux, non-seulement ne faisaient rien pour se procurer ce facile et innocent spectacle; mais ils ne se sont pas même souciés d'y assister, quand je les y ai expressément conviés.
Tout ce qu'ils pourront vouloir, c'est apparemment, qu'on fasse force expériences, pour avoir, quoi? L'expériencesur la valeur de latachytomie, dans les amphithéâtres et sur le cadavre seulement. Il y a loin de là , cependant, à l'organisme "vivant et , par conséquent, aux exigences vitales et à ce que j'ai appelé la tolérance de la physiologie.
Des recherches , des essais et des expériences de
la part des physiologistes, sont, sans contredit, indispensables encore, pour éclairer mieux quelques-uns des points qui se rapportent à mon sujet ; mais les annales de la chirurgie nous fournissent déjà d'assez bons matériaux , propres à nous autoriser d'agir avec une entière confiance. En
les compulsant , on y trouvera une foule de faits , tout aussi significatifs que Test , dans son genre , celui cité par M. Lemarchand.
Il est curieux que je n'aie trouvé personne , aux bords du Rhin , en Hollande , en Belgique ni en France; contrées que je viens de parcourir; aucun chirurgien qui ait seulement eu l'idée de faire le moindre essai de mon procédé tachytomique ! Cependant , les os , les cadavres ne manquent pas ; et les haches et couperets , les maillets ou marteaux se trouvent partout et sont faciles à manier. Aussi , était-ce, partout, un spectacle nouveau et presque saisissant, chaque fois que j'appliquais mes moyens sur quelques débris de corps inanimés.
Cette incroyable incurie, en présence d'une opération d'une si haute importance, présentée et recommandée par un doyen d'âge des opérateurs, par un très-ancien chirurgien d'hôpilal , et par un homme qui, tout en provoquant maintes innovations techniques , n'a pas encore donné des signes trop évidens d'aliénation mentale; ce refus de concours, ce dédain afïecté, celte opposition systématique et violente, surtout de la part des Parisiens , pour la tachytomie ; comment donc les expliquer? Aurait-on cru , parhazard, que je voulusse faire, de ce mode expéditif, un objet de spéculation, une branche d'industrie? Et redoutait-
on, peut-être, de me voir, parcourant les villes et les bourgades, abattre, à droite et à gauche et escamotter les bras et les jambes des populations? On le dirait vraiment , à la méticuleuse sollicitude et aux soins ridicules des journalistes de Paris, tant ils semblent s'être donnés le mot pour prémunir les gens contre moi.
C'est, du reste, assez le propre des critiques, dans certain pays , de s'élever, avec une rare et subite suffisance, contre ce qu'ils ne connaissent pas; de chercher avec empressement à l'étouffer, à sa naissance et avant même qu'ils aient pu s'enquérir, s'il y a du bon ou du mauvais dans ce qu'ils signalent avec tant de présomption.
Pourquoi ne pas laisser, aux novateurs, en chirurgie s'entend! la responsabilité de leurs propositions et de leurs actes? Croit-on, peut-être, que, s'ils sont détestables , ils ne manqueront pas de séduire et d'envahir, à l'instant même et à tout jamais , le monde des opérateurs, et d'y répandre aussitôt l'anarchie et la terreur? Vous assimilez donc les chirurgiens, à ces masses mobiles et impressionnables , que les gouvernemens , dans leur sagesse, croient devoir préserver des dangers de certaines doctrines? Et vous croyez devoir jouer, modestement , le rôle des monarques , vis-à-vis de vos nombreux et ineptes confrères? Merci ! Contentez-vous plutôt de citer d'abord^ loyalement et
consciencieusemeut , ce qui a été proposé et écrit; puis, émettez , consciencieusement et loyalement aussi, vos objections, vos doutes, vos reproches même, si vous les croyez fondés ; après, toutefois, que vous aurez suffisamment éclairé la matière , répété avec soin les épreuves déjà faites , et retourné les faits tels qu'ils ont été présentés. . Telle est votre mission! L'avez-vous remplie, oui ou non , à mon égard? Avez-vous au moins la douce satisfaction d'avoir, par votre pauvre suffrage , par vos sarcasmes rebattus et vos pitoyables lazzis, enrayé, pour toujours, la marche de mon procédé opératoire, s'il est çraiment bon? Et s'il est décidément mauvais , pensez-vous que votre grosse voix soit absolument nécessaire , pour lui interdire l'entrée du sanctuaire de la science? Et vous seriez- vous chargés, peut-être, de lui décocher bravement le fameux coup de pied ? Le rôle serait vraiment digne de vous.
Je préviens, du reste, mes lecteurs que, si les amputés, par la tachylomie, ne guérissent pas TOUS et sans aucun accident ^ on ne manquera pas, avec certains esprits, d'accuser le nouveau procédé et son auteur ; car on feindra , à coup sûr, d'oublier : que des nombreux opérés , par Dupuytren lui-même, avec toutes les régies de l'art actuel, et au moyen des meilleurs couteaux et des scies les plus parfaites, qui puissent sortir des beaux
atteliers de Gharrière ; les trois quarts au moins de ces malheureux furent voués à la mort.
Je ne finirais pas , si je citais tout ce qu'il m'a fallu entendre, en fait d'allégués aussi scientifiques que raisonnables. C'était , il faut le dire, de la part de confrères qui avouaient , très-candidement et très-e£Frontément , n'avoir ni pris , ni voulu prendre la peine de réfléchir sur une pareille absurdi té ; qui n'avaient, disaient-ils , pas eu le temps de s'en occuper, ni fait aucun essai quelconque, pas même sur un seul os.
Aussi, combien d'individus, qui s'opposent aujourd'hui, non paspar calcul, mais de la meilleure foi du monde, à l'admission de mes procédés, diront, demain peut-être, qu'ils étaient des détracteurs violens et injustes de la tachytomie ; uniquement , parce qu'ils ne la comprenaient pas !
C'est , du reste , assez la règle , dans certains lieux, pour toutes les innovations, et je n'avais aucun motif d'espérer, ni qu'on ferait exception en faveur de la mienne, ni qu'on me ménagerait en façon quelconque.
C'est à Paris, cela va sans dire, qu'on m'a fait la plupart des belles objections et lancé les accusations terribles que je viens de rapporter ; et c'est, de Paris encore, que sont parties, en style de charivari , les seules attaques scientifiques qu'on ait faites à mes doctrines, et dans la Gazette médicale
entr'aulres. Pour ne pas faillir à sa mission , celleci ne manquera pas, toutefois, d'affirmer et dans quelques jours sans doute : «qu'ici, comme en tant
d'autres choses , j'ai eu la gloire de découvrir
la méditerranée. »
Je me trompe, car, aujourd'hui même, i3 Octobre, je trouve cette réfutation complète et trèsscientifique de mon procédé, dans un journal, de Paris encore : « Le premier externe venu répon- » dra à M. Mayor : 1° Que la tachytomie ne sauve » pasaux malades laformation du lambeau cutané, j> qui est le temps le plus douloureux de toute » amputation ; 2° que l'amputation des autres » parties molles et de l'os est incomparablement » moins douloureuse que celle de la peau , si lente- » ment qu'elle s'opère. Et puis , qui a vu mourir » des malades par l'effet delà douleur, pendant l'am- » putation d'un membre? s> (Journal des connaissances, méd.-chir.. Octobre 1843).
Je suis honteux , pour l'auteur de cet article , de devoir rester muet ; mais l'externe, même le premier venu, rougirait bien davantage d'avoir avancé de pareilles inepties, dans un journal scientifique. Je recommande, cependant, la lecture de cet insolent factum , et je regrette beaucoup de ne pouvoir le reproduire en entier. Il eut, sans contredit, enchanté les nombreux amateurs du genre, de Paris et toujours de Paris, à ce qu'il paraît — Un pa-
reil langage n'est cependant guère celui d'un jeune homme qui cherche à s'instruire ; et je doute fort que les externes, même ceux de Paris, soient bien flattés qu'on puisse le leur prêter. Ce n'était du moins pas ainsi que l'entendait un étudiant d'Angers, M. de Momigny, lequel m'a communiqué et avec une rare modestie, sur les moyens d'exécuter la tachytomie, des idées et des dessins qui lui font honneur.
La section de médecine du Congrès d'Angers n'a pas jugé non plus, tout à fait de même [que les habiles de Paris ; elle a cru devoir, au contraire, recommander mon mémoire au comité de publication, afin qu'il soit inséré dans le compte rendu de ses séances. Mais j'oublie d'ajouter, que ce n'est là qu'une pauvre décision ! prise encore dans une simple petite cille de province !
Je suis loin de supposer, cependant, que la section ait voulu, par-là, donner un plein assentiment et son entière approbation à mon mémoire; mais, comme corps scientifique éclairé , elle a sans doute cru entrevoir, dans ce travail, quelques efforts louables et propres à ouvrir une nouvelle carrière, ou à retrouver, peut-être, les anciens fdons d'une mine précieuse et mal-à-propos abandonnée. Sa meilleure exploitation lui aura paru, en conséquence, de nature à être encouragée, par une société savante; tandis qu'une conduite opposée pouvait aisément passer pour une petitesse de
Vue, un défaut d'aperçu et d'intelligence ou, du moins , pour une impardonnable étourderie.
Je suis donc heureux que mes collègues n'aient pas craint de se compromettre, par cette flatteuse manifestation^; et je sens tout l'honneur qu'ils m'ont fait, en supposant qu'ils pouvaient se couvrir derrière ma propre responsabilité. Ou bien, faudrait-il envisager cette attention délicate, comme une fiche de consolation offerte à un vieillard, pour la peine qu'il s'est donnée, en quittant ses affaires et les rives lointaines du Léman , de venir offrir sa pite à de savans confrères, aux bords de la Maine et de la Loire?
Au milieu de tout cela, je n'ai pas manqué, non plus, d'avis officieux, de sages conseils, delà part de personnes très-éclairées, compétentes, qui me sont chères et qui m'ont donné, dans plus d'une occasion , des témoignages de véritable attachement. Leur touchante sollicitude s'est exprimée, plusieurs fois et à peu près en ces termes :
« Vous n'y avez donc pas songé , notre ami ! » Eh quoi! à votre âge ! Ternir une réputation si » chèrement acquise! Tomber si bas , après avoir » occupé une position si belle, si élevée ! Donner, » à vos nombreux détracteurs et envieux, au pre- » micr externe venu , des armes si terribles con- » tre vous! Ne voyez-vous donc pas que vous êtes » la risée de toutes les notabilités chirurgicales
n parisiennes? Elles s'y entendent pourtant et mieux » que partout ailleurs ; car il ne faut pas se le dissi- » muler : c'est Paris qui fait les plus belles rëpu- » tations , et qui défait celles qui semblent les » mieux établies. Vous avez trop négligé d'encen- » ser les princes de la science ; vous vous les êtes » mis à dos ; vous avez eu tort, en feignant d'igno- » rer qu'ils ont élu leur domicile à Paris; ils ne » vous le pardonneront jamais; ils proclameront » que votre temps est passé; ils mettront même en » question, s'il a jamais existé. Or, souvenez-vous, » (et c'est à juste titre,) que Paris peut dire : la
» France , l'Europe tout entière c'est moi!
» Aussi , vous prévenons-nous que votre renom-
» mée Abjurez , abjurez ! une erreur fa-
» neste, qui nous plonge tous dans la plus profonde ï affliction; et rapportez-vous, pour ce grave suï jet , nous vous en conjurons en grâce ! à notre » longue expérience ! * »
Jusques là, je l'avoue, j'étais abasourdi et tout honteux de m'être autant aventuré, dans la carrière des innovations ; et j'allais sauter au cou de
* On m'écrit de Londres, qu'à la nouvelle qu'un Genevois s'était pris d'une si belle passion pour leur douce amie, les fous de Bedlam, naturellement très-jaloux, s'étaient mis furieusement en émoi. Il est de fait aussi, qu'il s'est manifesté, également et à la même époque, des symptômes d'une très-vive excitation , parmi les maniaques de Charenton et les aliénés de notre Cliampie-l'air. On n'a pu attribuer ces désordres qu'à un accès de pure jalousie.
celui qui venait , si charitablement , de me toucher, de m'éclairer et de me rendre ce que je croyais, moi-même, voir perdu; la saine raison. Mais le mot fatal expérience ! n'a pas été sitôt prononcé, que le rouge de mon front s'est, à rinstant, converti en celui de la plus vive indignation, et que je me décidai, illico, à persévérer avec opiniâtreté dans mon projet. Il n'en fallut pas davantage , en effet , pour me démontrer et me donner la ferme conviction, que j'étais dans la bonne voie.
On croira, peut-être, que j'écris un article de feuilleton , ou que je prends plaisir à broder ! Il n'en est rien ! C'est de l'historique le plus pur, et je pourrais, au besoin , citer mes interlocuteurs. Il est vrai que, le plus souvent, je les ai laissé parler, tout à leur aise, même mes amis, et que j'avais d'avance réduit mon rôle à celui de simple auditeur et observateur. Ils ont tous pu croire , en conséquence, qu'ils m'avaient, sinon convaincu, du moins terrassé et confondu.
J'ai donc redoublé de confiance , de zèle €t d'efforts, pour triompher de l'expérience , et j'ai souri à l'espoir de la difficulté vaincue. Je me suis donc empressé de me mettre complètement àdécouvert : au Congrès scientifique deLausanne, avec deux de mes opérés et en présence des chirurgiens en chef des principales villes de la Suisse ;
à Bruxelles et à Angers, au milieu d'opérateurs très-distingués; à l'hôpital du Val-de-grâce, à Paris , et à celui de Besançon , sous les yeux de quelques chirurgiens de premier ordre.
Je crois même avoir fait , partout , quelque sensation , et appelé l'attention sur le nouveau procédé opératoire; c'est tout ce que je désirais. Car mon intention n'est pas de faire de la propagande îii d'imposer mes convictions; il me suffit d'exposer ce que j'ai fait et ce qu'il sera permis de faire, J'ajouterai, toutefois, qu'un confrère du plus grand mérite, M. Ouvrard, d'Angers, m'a dit publiquement : « Que mon procédé opératoire avait un défaut très-grand et qui l'empêchera de faire fortune, pendant longtemps : celui d'être trojj simple. »
C'est là, je l'avoue, son plus beau titre; de sorte que, lorsqu'il sera mieux apprécié, il pourra paraître oiseux de demander à des confrères : « Si, par hazard, ils se trouvaient dans le cas fâcheux de devoir subir une amputation , ils ne préféreraient pas qu'on fit usage de procédés et de moyens tachytomiques, plutôt que de ceux qui sont encore employés de nos jours ? «
L'opération, par la tachytomie, se réduit constamment, en effet, aux trois points suivans : V à la formation préalable d'un lambeau tégumentaire normal ; c'est-à-dire , propre à recouvrir
la plaie; 2° au placement du tachytonie au niveau de cette pièce de peau ; et 5° à la mise en jeu de l'instrument, par une pression très-subite. Il y a, dans ces trois actes, une telle précision et rapidité, et ils sont accompagnés de si peu de soufîrances, qu'on ne pourra guère hésiter longtemps à avoir recours à un procédé opératoire , dont les élémens sont d'une simplicité si remarquable et si faciles à saisir. Ou bien voudrait-ton perdre de vue cet axiome : « que la simplicité est le gage de la perfection, et qu'on n'arrive jamais à l'un sans passer par l'autre. »
Les conséquences suivantes ressorlent de ce travail :
1*^ La tachytomie est si avantageuse à la science, à l'art et à l'humanité souffrante , qu'elle doit désormais être envisagée comme une nécessité chirurgicale.
2° Elle est applicable à tout ce qui fait saillie et peut cire bien isolé , circonscrit , exactement cerné ou parfaitement embrassé, par un sécateur quelconque.
5° Ici viennent se ranger, par conséquent : les extirpations du cancer du pénis , du sarcocèle , du nez, des lèvres; celle de certaines excroissances et végétations; de quelques dégénérescences des mamelles; les résections des extrémités articulaires ; l'enlèvement d'une portion de côte; la section
partielle de la mâchoire inférieure; enfin, Tarnputation des membres.
4° Les ciseaux ordinaires doivent êlre envisagés comme types, et sont, en efïet, le point principal de départ de tous les instrumens tachytomiques;
5° Tout consiste donc dans la force relative et matérielle de rinslrument, et dans la puissance dynamique du moteur, qui est chargé de le mettre en action.
6° Si la tachytomie n'a pas été désignée, jusqu'ici, comme méthode générale d'amputer, c'est qu'on ne connaissait pas le moyen de recouvrir convenablement la plaie, toujours très-étendue, qui résulte de toule amputation.
7° Le lambeau, simplement tégumenlairc et en demi-lune , pare à tout , suffît à toutes les exigences de cette plaie , et satisfait pleinement à tout ce que réclame l'élément radical, je veux dire çilal de chaque amputation.
8° Ainsi construit , il rend superflus Ions lesnombreux procédés qu'on a proposés et qu'on ne cesse d'imaginer encore, pour la formation de celle pièce essenliolle, quel que soit, d'ailleurs, le înode d'extirpation qu'on adopte.
9° Mon lambeau met le bout de l'os scié dans l'absolue et constante impossibilité de faire saillie et de former ce terrible manche de gigot , qui préoc-
cupe, si fort encore et à juste titre, les plus habiles opérateurs.
iO° L'ablation, parle procédé tachytomique, consiste donc: a) dansla formation, toujours exacte, facile et rapide du lambeau semi-lunaire normal; h) dans le placement du membre sous un sécateur et au niveau de ce lambeau ; et c) dans une impulsion vigoureuse du tachytome.
1 i** L'opération peut s'accomplir , de cette manière , en moins de dix secondes , même sur une volumineuse cuisse.
12° La formation du lambeau est la seule opéralion douloureuse, parce qu'elle est la seule aussi qui ait quelque rapport avec ce qui se passe, dans tous les procédés actuels.
15° Grâce à celte pièce et à son application précise sur l'extrémité du moignon, la guérison est POSSIBLE et assez ordinairement probable, sans aucune suppuration.
1^° Il suffit , pour se convaincre de cette importante vérité , de se rappeler ce qui se passe dans des opérations parfaitement semblables , les autoplasties.
i 5° La cicatrice, constamment linéaire, n'est pas sujette à s'irriter età se rouvrir, vu qu'elle se trouve aux bords du moignon et non pas au centre et visà-vis de l'os.
16° La peau peut donc prendre, sur ce dernier, à
peu près la consistance et Tinsensibililé de celle qui recouvre la rotule, le coude, les malléoles dans les pieds bots, la plante du ça nu-pieds et la paume des mains de certains hommes de peine; par l'effet de Taltrilion et de la compression réitérées des corps durs et rugueux , sur cet organe notiveau
17° Celui-ci permet, par conséquent , l'usage d'une bottine et d'un pied artificiel, après lesamputations de la jambe et, en particulier, après celles dites sus-malléolaires.
i8° Cet avantage , qui laisse en pleine liberté les mouvemens articulaires du genou, décidera donc les praticiens à placer, maintenant, le lieu d'élection, pour les ablations de la jambe, au bas plutôt qu'ait haut de ce membre.
19** Une nouvelle et immense carrière s'ouvre, dès ce moment , aux chirurgiens qui sont jaloux d'opérer avec facilité , rapidité , précision , et de ménager la sensibilité de leurs malades.
20** La tachytomie rappelle donc ou entretient fortement les sentimens d'humanité du chirurgien, puisque la diminution de la douleur est un des élémens constitutifs de ce mode opératoire.