EXPLICATION DES FIGURES
FiG. i. En jetant un coup d'œil sur ces traits, on pourra comprendre, que, si j'ai donné de l'épaisseur et du corps, aux longuettes qui entourent le pied, c'est afin d'assujettir convenablement cette partie, et de fournir, au linge fanon, un for£ point d'appui. On voit, d'ailleurs, combien doivent avoir de force de résistance les deux chefs ab, ah, à raison de leur doublement sur eux mêmes ; et comment il est facile aussi de leur donner une épaiîsseur telle, qu'elle leur assure, mieux encore, cette solidité convenable et propre à contenir exactement les fragmens et leurs rapports entr'eux. Il faut, non seulement avoir égard à la finesse du linge pour augmenter le nombre de ses doubles, mais encore à l'état où peut être la toile , devenue trop claire ou trop peu consistante par l'effet de l'usure. Il n'est pas nécessaire que les petits rubans
iransversaiix fassent le tour complet du membre ; il suffit qu'ils soient collés et placés comme de petits ponts, d'un des chefs à l'autre.
L'espace dénudé c c c pourrait être plus large ou placé sur les côtés du membre et même derrière la jambe , sans diminuer en rien la puissance de contention de cette pièce gommée.
Je dois dire, enfin, que la suspension et ma gouttière ne sont pas absolument nécessaires ici ; elles ajoutent seulement au mieux être du fracturé et à la perfection de l'appareil. Des attelles ordinaires et, mieux encore, de petits cylindres ou bâtons peuvent suffire, pour soutenir le tout, jusqu'à sa dessication complète.
On aura, du reste, une idée nette et avantageuse de l'effet de mon moyen, en l'établissant, purement et simplement, sur un gros bâton (F. 2), qu'on aura rompu en deux, et en examinant, après la dessication, avec quelle force il contient et assujétit les deux fragmens qu'on aura mis en rapport, et malgré l'espace qui reste complètement à nu.
Ce que nous avons fait là , avec ce bâton , nous l'avons imité , maintes fois aussi , sur un bras ou une jambe en parfaite intégrité ; opération qu'on néglige trop , lorsqu'il s'agit d'appliquer ou d'essayer des appareils nouveaux, et qu'il ne convient guère de renvoyer, comme on a coutume de faire,.
jusqu'à ce qu'il se pressente un cas pathologique qui les réclame.
Il est facile de saisir comment on peut établir, à volonté , un semblable appareil sur les autres brisures des membres , et de proportionner leur force de résistance à celle qu'ils auront à vaincre. On comprend aussi que, pour l'avant bras, par exemple, les doublemens formeront, tout naturellement , ces compresses collatérales et graduées dont on croit encore avoir besoin ; mais qu'on aimera mieux remplacer par quelques boulettes de coton, placées vis à vis des fragmensj afin d'être iidcle aux plus simples données de la mécanique. (Chirurgie simplifiée vol. II pag. 270.)
On applaudira, d'ailleurs , à ce que , grâce à l'espace vide que laissent, entr'elles , les extrémités de la compresse fanon j le radius ne sera point comprimé ni, par conséquent, refoulé vers le cubitus.
FiG. 5. Il n'est aucune nouvelle réflexion à ajouter, en face de cet appareil. — On voit que, à part les traclions vers le pli de l'aîne , le membre gauche est parfaitement libre et qu'on peut transporter le malade hors du lit, sans qu'il cesse d'être sous Tinfluence des tractions inverses. Celui sur lequel on a pris ce dessin , s'est baigné , par exemple, pendant une quinzaine de jours dans l'eau froide , sans quitter le moyen des-
tiné à ramener ou à maintenir le pied droit au niveau du gauche. On voit donc que cet agent se distingue avantageusement, de tous ses analogues, par sa grande simplicité.
FiG. k. La tachytomiedu premier métacarpien se fait ici: 1" En attirant en dehors, avec les doigts , avec une pince à pansement ou à polype , les tégumens circonscrits par a 6 , et qui sont destinés à former le lambeau. 2* En plaçant, sur la ligne a 6 , un tachytome quelconque. Et 3°, en faisant agir ce dernier. On s'empresse ensuite de reporter l'instrument tranchant sur la ligne a c, après avoir attiré les tégumens du côté de l'index. La tachytomie se complète alors, par la section en bec de flûte de l'os et de tout son entourage , ce qui permet de réunir les deux lignes divergentes abc, en celle a c.
FiG. 5. La tachytomie donne ici le lambeau ab j ei fait ensuite tomber l'index et son métacarpien par la ligne oblique a c. —^ Les autres doigts de la main pourront être abattus de la même manière; c'est-à-dire, par une première section parallèle à l'os, et par une seconde qui tranche obliquement ce dernier. On aura soin d'écarter , autant que possible , les doigts dont on se propose de tachytomiser les métacarpiens et les métatarsiens , afm d'avoir assez d'espace pour placer convenablement l'instrument qui doit
trancher Tos obliquement. Si l'on devait, dans certains cas rares, couper Tos en travers, on serait obligé de recourir à l'un des ciseaux étroits du menuisier.
FiG. 6. La ligne parallèle à l'os a 6^ et l'oblique a c donnent la mesure de l'amputation, par la, tachytomie , du premier métatarsien. — Dans une tachytomie oblique et à travers les métatarsiens et une partie des os du tarse , comme l'indiquerait la ligne ce, il suffirait de tracer le lambeau c (/ e, de le disséquer et relever. Ou bien, s'il le faut, former ce dernier avec les tégumens de la plante du pied. — On pourrait , d'ailleurs , donner à la ligne c e toute espèce d'autres directions, suivant que l'exigerait la nature variée du mal qu'il faudrait amputer.
FiG. 7. Les lignes pleines a ha c d e ainsi queleurs lignes courbes respectives et pointillées, indiquent des tachytomies qui n'ont pas besoin d'explications ultérieures.
J'ai cru devoir m'abstenir aussi de tracer des sections tachytomiques, parfaitement semblables et dont la nécessité pourrait se faire sentir, soit à la main, soit vers le poignet ou au bas de l'avant bras.
FiG. 8. On voit ici, en position , un sécateur très fort, dont les deux poignées sont d'une longueur et d'une solidité considérables. Elles sont consti-
tuées de manière à pouvoir, au besoin, l'iine s'appuyer sur un billot et l'autre recevoir l'impulsion dynamique convenable. On n'a besoin d'autres préparations préliminaires, ici, que celles concernant le lambeau , puis de pratiquer une ouverture avec un bistouri et sous le maxillaire, afin d'avoir un passage libre , pour un des mors de la cisaille, jusque dans la cavité buccale. La section de toutes les parties molles qui environnent l'os s'effectue , alors et en même temps que celle de ce dernier ; de sorte qu'on n'a nul besoin de s'en préoccuper. Voyez, du reste, ce que j'ai dit des ciseaux (pag. 100) et de la facilité d'en établir d'assez vigoureux et capables de trancher net, même une grosse cuisse.
Faut-il dire qu'on devra arracher les dents, qui se trouveraient sous le tranchant du tachytome ? J'ai vu , néanmoins, dans quelques essais sur le cadavre d'un enfant, qu'une des dens avait été coupée, très nettement en long, en même temps que la totalité de la mâchoire. — C'était , à Bruxelles , au service du célèbre Seutin , dont chacun connait l'habileté et le zèle pour notre profession.
Le tachytome dont il est question dans cette Fig. 8 , peut aussi être utilisé pour une foule d'autres cas et, notamment, pour les résections articulaires, en poussant un des mors là où l'on
devrait faire pénétrer la scie, dans le procédé en usage aujourd'hui, pour ces opérations là.
La force musculaire, seule, peut n'être par toujours suffisante, elle secours d'un moyen plus énergique sera souvent de rigueur. — Alors , si l'on a de la répugnance pour la percusion , on pourra recourir , avec avantage, à un levier du second genre, de la puissante intervention duquel il me reste à dire un mot.
C'est une tige , assez forte et assez longue , dont une des extrémités est retenue, solidement et par un bout de chaîne ou de corde, ou par tel autre moyen propre à servir de point d'appui. L'autre extrémité est libre et disposée de manière à recevoir et à transmettre la brusque impulsion ou la puissance, sur le corps qui est destiné à être coupé. Pour cet effet, le tachytome, qui n'attend plus pour agir avec une instantanée vigueur, que d'être pressé vivement et fortement, présentera au levier , sa branche libre et , par elle aussi , le point de résistance. Or , chacun sait assez que celte dernière est d'aulant plus faible , qu'elle est plus rapprochée du point d'appui, et respectivement plus éloignée de la puissance motrice ; de sorte que celle-ci pourra être portée, à volonté, à un très haut degré d'intensité , sans cesser d'être instantanée.
Il est inutile que je multiplie d'avantage ces
figures et ces explications. Si elles ne sont pas suffisantes, pour démontrer la nëcessité d'admettre la tachytomie au rang de nos meilleurs procédés opératoires, certes, je ne ferais qu'embrouiller la question, en citant d'autres exemples d'amputations, par ce même moyen.
Mais, ainsi que je l'espère, si j'ai pu parvenir à produire une certaine impression sur mes lecteurs , en exposant ces quelques cas simples et faciles, nul doute alors : Que la carrière sera largement ouverte, et qu'on m'aidera à la parcourir, plus complètement , même dans ce qu'elle pourra présenter de très-ardu.
Le sujet vaut certainement la peine d'être examiné et approfondi; tout autant du moins, que de discuter, savamment et longuement : sur la prééminence à accorder, dans les fractures, à la dextrinc plutôt qu'à l'amidon et au blanc d'œuf ; à ces derniers plutôt qu'à la colle et au plâtre coulé ; au papier plutôt qu'au carton; à celui-ci plutôt qu'à de simples compresses , emmaillotées dans vingt à trente tours de bandes. Encore si , au milieu de ces élucubrations académiques , auxquelles le monde savant assiste avec dégoût , on s'appliquait à remontera un principe et à l'établir clairement. <r Mais bah ! s'écrie-t-on , disputons-nous toujours sur le moyen ! Le reste surgira quand il pourra ; l'expérience le prouve sans réplique. »
Eh ! quoi î toujours l'expérience ! Et voudraiton me forcer, par là , de faire amende honorable, pour ma diatribe contre celte bégueule ; soit ! Je dirai donc :
« Je connais, j'ai appris, je sais, je suis parfaitement instruit et plainement convaincu : par expérience * : qu'on ne lit guère ce que l'expérience à déclaré être de mon cru ; et ^expérience n'a malheureusement que trop constaté, qu'on a parfaitement raison. Mais , quoique mon expérience ne me laisse, hélas ! aucun doute à cet égard, j'aime à croire, toutefois, que l'expérience de mes honorables confrères, de ceux surtout qui sont mûris par elle, me viendra en aide aujourd'hui, et qu'ils voudront bien me communiquer, ce qu'ils pensent que je puis espérer ou craindre de mon traité sur Texpenence. J'aurai du moins, par là, la précieuse expérience de ce que leur longue expérience des hommes et des affaires leur aura ap-
* On peut voii' , clairement par celle locution, la nécessité de recourir au mot expérience ; C91' sans celle importante CHEVILLE, il me serait absolument impossible, dit on, de savoir , de connaître , d'apprendre, comment je sais , connais et j'ai appris , ce que j'avance ici. Il est vrai que j'aurais dû dire : par ma PROPRE expérience. — Mais que peut signifier celle d'un pauvre individu? et ne doit-il pas s'en rapporter, le plus souvent, à celle de la généralité et universalité de ses semblables? N'est elle pas, la source légitime de nos connaissances , de noire savoir, de notre manière d'apprendre, de releuip, d'èlre convaincus et certains, de sentir, apprécier, juger...? Mais en voilà assez el beauconp trop ; n'en parlons plus !
pris, au plus juste. Du reste, il est cV expérience que, lors qu'on a eu le malheur de calomnier ou seulement de médire, celui, quel qu'il soit que cela concerne, ne vous le pardonne jamais et vous garde une profonde rancune. Aussi, V expérience ^ contre laquelle je me suis si fort soulevé, m'aura, je le crains fort, fait complètement défaut, soit pour le fond, soit pour la forme de ce travail. Or, l'expérience de tous les temps et de tous les lieux est là pour attester : qu'on ne fait jamais rien de bon, en quoique ce soit, si l'on n'est ni expert,
ni EXPÉRIMENTÉ.
Vive donc L'EXPÉRIENCE !... Quand même!
Tout comme Gallilée , après sa solennelle rétractation , ne put retenir son exclamation ; EPURE CIRA ! (et pourtant elle tourne ! ) de même aussi et malgré ma palinodie , je ne puis m'empêcher d'adresser cette question h l'expérience : « Mon procédé lachytomique ne serait il pas admis, partout et immédiatement, s'il n'en existait pas une foule d'autres, que vous, expérience et voire cousine germaine la toute puissante routine, avez consacrés depuis des siècles ? Cependant , je l'affirme, ils sont loin de valoir ceux que je propose.