‹ L'Expérience religieuse de ChateaubriandChapitre 16 sur 126 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

La Conversion.

Une nappe d'eau longtemps comprimée n'attend parfois qu'un coup de sonde pour jaillir avec abondance. Il en était ainsi du sentiment religieux dans le cœur de Chateaubriand : « Dieu qui voyait ce cœur a bien su trouver l'endroit et le moment où il fallait le frapper », écrit-il lui-même à son ami Fontancs1.

Le iei" juillet 1798, une lettre de sa sœur, Madame de Farcy, annonçait à l'exilé de Londres, la mort de sa mère, en ajoutant : « Si tu savais combien de pleurs tes erreurs ont fait répandre à notre respectable mère, combien elles paraissent déplorables à tout ce qui pense et fait profession non seulement de piété, mais de raison; si lu le savais, peut-être cela contribuerait-il à t'ouvrir les yeux, à te faire renoncer à écrire » ; d'autre part, quand cette lettre arriva, Madame de Farcy elle-même n'existait plus ; elle était morte des suites de son emprisonnement : « Ces deux voix sorties du tombeau, cette mort qui servait d'interprète à la mort m'ont frappé, dit Chateaubriand, je suis devenu chrétien. Je n'ai point cédé, j'en conviens, à de grandes lumières surnaturelles ; ma conviction est sortie du cœur; j'ai pleuré, et j'ai cru -. »

Il se repentit alors d'avoir écrit l'Essai. Mais, s'il ouvrit les yeux, il ne renonça pas à écrire. Il forma au contraire le dessein de réparer sa faute par la plume. Il résolut de contribuer à la réédification du temple catholique en France, par une œuvre sortie de ses

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