‹ L'Expérience religieuse de ChateaubriandChapitre 19 sur 126 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

longue date par ses précédentes études : « Je connaissais les ouvrages des Pères, dit-il, mieux qu'on ne les connaît de nos jours ; je les avais étudiés même pour les combattre, et entré dans cette route à mauvaise intention, au lieu d'en être sorti vainqueur, j'en étais sorti vaincu1. »

Quant au contenu de ce Credo, l'abbé Bertrin qui a défendu consciencieusement la sincérité religieuse de l'illustre converti, le résume ainsi : « Il acceptait simplement, en chrétien docile, tous les renseignements de l'Eglise, non pas seulement ceux qui font partie du dogme, mais ceux mêmes qui touchent à des points secondaires. Les simples dévotions, en usage parmi les fidèles, avaient son respect ; il leur était sympathique. Entendant un jour, dans un village allemand, la cloche de l'église appeler les habitants et luimême, étranger, à la prière commune, il songeait, par contraste, aux systèmes des philosophes, impuissants et contradictoires, qui divisent au lieu de rapprocher, et il concluait : « Le chapelet du curé est plus sûr ; je m'y tiens 2. »

Les sentiments professés à l'égard du Souverain Pontife constituent une pierre de touche pour la foi catholique. Or, Chateaubriand — après sa conversion, ceci va de soi — ne parla et n'écrivit des Papes qu'avec déférence et soumission. Et cette manière est d'autant plus significative, que maintes fois, le côté humain de l'Eglise lui apparut en plein jour. Secrétaire d'ambassade près le Saint-Siège, avec la cardinal Fesch, pour maître, sous Napoléon Ier; ambassadeur, lui-même, en 1829, il eût à défendre les intérêts politiques de son

Mémoires, II, 180.

Bertrin, La Sincérité religieuse de Chateaubriand, p. 260.

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