INTRODUCTION XXIX
La fin d'un Chrétien.
Attaché d'ambassade sous Napoléon Ier, ministre d'Etat sous Louis XVIII, ministre plénipotentiaire en Prusse en 1821, ambassadeur à Londres en 1822, ministre plénipotentiaire délégué au Congrès de Vérone en 1823, ministre des affaires étrangères en France, ambassadeur à Rome en 1827, Chateaubriand rentra pour toujours dans la vie privée, à la révolution de i83o. Retiré à l'infirmerie de Marie-Thérèse, que Madame de Chateaubriand avait fondée, rue d'Enfer, il mêla la religion à tous les détails de sa vie. Une petite chapelle était aménagée à côté de son alcôve ; matin et soir, il y allait prier. Il jeûnait aux jours prescrits par l'Eglise, « même à l'âge, dit Victor de Laprade, dans une lettre à M. Biré, où elle nous en dispense. Sa santé se trouvait fort mal de ces austérités ; il les pratiquait néanmoins avec son opiniâtreté bretonne, et il fallait toutes les supplications de sa femme pour le faire fléchir quelquefois. »
On l'accusait cependant d'une inconséquence, qui, hélas ! n'est pas rare. Ce grand catholique ne se confessait pas. Il eut bien un entretien avec le P. de Ravignan, à la fin de la station quadragésimale de i838, mais on ose dire qu'il soit allé jusqu'au bout. Les Mémoires d'Outre- Tombe, pourtant si riches en détails, gardent le silence sur ce point important.
Mais, un jour, il parla. On l'avait accusé publiquement de n'être point logique ; on semblait douter de sa sincérité. « On me pardonnera, j'espère, répondit-il avec une pointe d'ironie, à cause de mon grand âge, d'avoir un confesseur. C'est M. l'abbé