‹ L'Expérience religieuse de ChateaubriandChapitre 27 sur 126 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Séguin, prêtre de Saint-Sulpice. Quand on a beaucoup de jours, on doit s'accuser de beaucoup de fautes1. » C'était en 1842, il avait alors soixante-quatorze ans.

Les huit dernières années de sa vie se passèrent dans la souffrance et la pauvreté. Sans ressources, encore une fois, perclus dégoutte, il ne pensait plus qu'à mourir : « La goutte et les années m'ont saisi les mains, fait-il écrire à la fin de 1841, à un de ses amis, M. Clauselde Coussergues, etjepuisà peine marcher... je ne m'occupe plus de rien, sinon de mourir bientôt. Le voyage a été très long et je suis las. Quant à la politique, je ne m'en occupe plus. Vous savez que je ne crois plus que dans la religion. Jésus-Christ est désormais mon unique et seul maître. »

Cependant, il mit encore sept ans à descendre dans l'éternité, pour me servir de sa propre expression ; il ne mourut qu'en 1848.

Le 2 juillet, il reçut les derniers sacrements. Le lendemain, il dicta à son neveu une formule de rétractation, concernant ce qu'il y avait de contraire à la Foi dans ses écrits : il se la fit répéter et chercha à la lire, lui-même, de ses yeux presque éteints.

Quelques heures après, il n'était plus.

M. Deguerry, le futur martyr de la Commune, alors curé de Saint-Eustache, raconta ainsi sa mort dans le Journal des Débats, du 4 juillet 1848.

« Monsieur,

« La France vient de perdre l'un de ses plus nobles « enfants.

« M. de Chateaubriand est mort ce matin à huit

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