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Fédéral Réserve Bulletin, août

De 1900 à 1920 les banques de dépôts prirent rapidement une grande expansion. En vingt ans leur nombre avait doublé, atteignant 30.000. La hausse des prix des marchandises et l'augmentation de valeur des immeubles leur permirent d’éviter des pertes.

Après la guerre les difficultés de l’agriculture à la suite de la baïsse des prix et de la dépréciation de valeur des « fermes » obligèrent de nombreuses banques dans les États agricoles à suspendre leurs opérations. La crise immobilière qui sévit en Floride après 1926 fut aussi la cause de nombreuses faillites dans la région Sud-Atlantique. Puis la chute générale des prix, tant industriels qu’agricoles à partir de 1929 entraîna pour toutes les banques la diminution de la valeur de leurs investissements et des difficultés dans le remboursement de leurs prêts.

L'État Fédéral fut obligé de venir en aide aux banques défaillantes. Il créa la Reconstruction Finance Corporation qui leur consentit des avances ou acheta une partie de leur actif, puis il organisa la F. D. I. C. Le gouvernement profita de ces deux interventions, de la seconde surtout, pour donner plus d’extension à la surveillance qu’il exerçait déjà par l’intermédiaire du contrôleur de la circulation et du Federal Reserve System sur une partie du système bancaire.

Par le National Bank Act de 1863, les autorités fédérales avaient essayé, en remédiant aux abus qui provenaient de la liberté d’émission, d'établir leur contrôle sur les banques. Une taxe très élevée fut établie sur les émissions de billets par les banques d’État. Pratiquement cette taxe équivalait à une prohibition. Seules certaines banques, les banques nationales, soumises à des disposi-

tions spéciales furent autorisées à émettre des billets qui leur étaient remis par le contrôleur de la circulation. On pensait ainsi que les banques d’État se transformeraient en banques nationales et pourraient être surveillées par une organisation fédérale. Mais l’usage du chèque et le développement de la monnaie scripturale à la fin du xIxe siècle en diminuant l’importance des billets et du privilège d'émission avaient permis faux banques d’État de conserver leur indépendance.

En 1913, pour apporter plus d’élasticité à la circulation monétaire, des banques fédérales chargées d’escompter les effets de commerce furent créées. Le gouvernement avait espéré que pour profiter des facilités offertes par le réescompte, les banques d’État adhéreraient au Système de Réserve Fédérale. Quelques-unes d’entre elles le firent, les autres restèrent en dehors du « Système », soit qu’elles n'aient pu satisfaire aux conditions requises pour y entrer, soit surtout qu’elles aient préféré conserver leur autonomie.

Le peu d’extension que prit après la guerre le financement par effets de commerce leur permit de se passer des avantages que pouvait leur procurer les banques fédérales. Les deux réformes de 1863 et de 1913 n'avaient donc pas atteint complètement leur but. L’assainissement des banques après 1933 devait permettre d’arriver à un meilleur résultat.

L'aide apportée par le gouvernement au système bancaire était une occasion « splendide », selon la propre expression du Président Roosevelt : : « Il est reconnu, écrivait-il, que le gouvernement fédéral n’a aucun contrôle

1. Lettre à Jesse H. Jones, président de la Reconstruction Finance Corporation.

sur les « State Banks » non adhérentes. Nous allons avoir. notre premier contact officiel et général avec elles depuis le moratoire bancaire grâce à la nouvelle F. D. I. C. Nous désirons que ce contact profite aux banques et aux communautés qu’elles desservent; à cette occasion nous allons étudier avec elles la question de savoir si leurs capitaux respectifs sont suffisants. Nous voulons qu’elles soient à même de remplir leur tâche ; et si elles peuvent logiquement faire usage de capitaux supplémentaires, nous ferons tout ce qui est humainement possible pour qu’elles les obtiennent. En d’autres termes l’assurance des dépôts nous donnera une occasion non seulement de protéger les déposants, maïs aussi de rendre plus efficace notre système bancaire. »

Les capitaux furent fournis aux banques par la Reconstruction Finance Corporation qui imposa en même temps un contrôle technique et nomma des inspecteurs chargés d'examiner leur situation.

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