‹ L'Expérience RooseveltChapitre 25 sur 54 · Section 42 A. Fédéral Réserve Act modifiée en · texte numérisé non relu

Section 42 A. Fédéral Réserve Act modifiée en

engagements des banques affiliées, mais le but cherché était de maintenir une saine politique bancaire, incompatible avec un développement exagéré de ces engagaments. Ce contrôle correspondait en somme à l’obligation imposée au gouvernement fédéral par la Constitution de régler l'émission de monnaie, obligation qui avait fait adopter une certaine proportion entre les billets émis et l’or. L’identité fondamentale entre le billet de banque et le dépôt utilisable par chèque avait logiquement conduit à étendre cette réglementation aux établissements de crédit. Il n’y a pas de différence en effet, au point de vue économique, dans le rôle d’une banque de dépôt opérant par création de monnaie scripturale et celui d’une banque d’émission fournissant du crédit par la remise de ses billets.

En faisant au contraire varier les réserves obligatoires, le but poursuivi est essentiellement différent. « Les autorités responsables de la politique monétaire recherchent ainsi le contrôle de la quantité de crédit parce qu’elles formulent et mettent en exécution la politique financière et économique 1. »

Dans le maniement du taux des réserves il faut distinguer deux cas, selon qu’on l’abaisse ou qu’on l’élève.

Quand les réserves obligatoires diminuent, les banques acquièrent des possibilités nouvelles pour octroyer des avances et consentir des prêts. Si elles utilisent progressivement et d’une façon prolongée ces possibilités, les dépôts circulant sous forme de chèques et créant un nouveau pouvoir d'achat vont augmenter. Mais il n’y à pas obligation pour les banques d’agir ainsi. Elles peuvent étendre

1. Déclarations du Gouverneur M. Eccles, Président du Conseil des gouverneurs, devant la sous-commission des banques et du crédit du Sénat, discussion du projet de loi de 1935.

leurs prêts, elles n’y sont pas contraintes, elles demeurent juges de l’opportunité de telles mesures. Il n’est pas certain d’ailleurs qu’elles reçoivent des demandes de crédit. Une diminution du taux des réserves obligatoires peut ainsi n’avoir qu’une influence restreinte.

Dans le cas contraire lorsque les réserves sont augmentées, les effets sont plus rapides et plus décisifs. Il n’y à plus d’option possible de la part du banquier. Il doit diminuer ses avances, limiter ses engagements. La hausse du taux des réserves est un procédé obligatoire auquel il n’est pas possible d'échapper. Cette action toujours rigide, si elle a une efficacité certaine peut présenter des inconvénients, car elle ne tient pas compte de la situation particulière de chaque établissement de crédit. Certaines banques éprouveront de très grandes difficultés à porter leurs réserves au niveau requis, si leur actif n’est pas mobilisable immédiatement. Elles seront obligées de liquider une partie de leur portefeuille.

Pour atténuer ces difficultés, des achats sur le marché libre pourront être opérés, mettant ainsi des disponibilités suffisantes à la disposition des banques gênées pour s’acquitter de leurs obligations nouvelles à la suite de l’élévation des réserves obligatoires.

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